10 mai : Journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions

Il y a 25 ans, le 10 mai 2001, Christiane Taubira faisait voter la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. Cette loi imposait aussi que leur histoire soit enseignée et figure dans les programmes scolaires. Elle prévoyait enfin qu’une requête en reconnaissance de ces crimes en tant que crimes contre l’humanité soit introduite auprès de différentes instances internationales, parmi lesquelles l’ONU, ce qui n’a jamais abouti 1.

Le 10 mai est depuis devenu la journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. En 2026, cette commémoration est plus que jamais importante. A l’heure où de nouvelles municipalités de droite (ex : Grabels) ou d’extrême-droite (ex : Vierzon) annulent ces commémorations dans leur ville, il y a un enjeu majeur à regarder en face cette histoire, à l’étudier et à permettre aux mémoires de se transmettre. Commémorer, c’est aussi lutter.

A l’appel du Collectif du 10 mai, une marche du souvenir a eu lieu aujourd’hui à Montpellier. Plusieurs centaines de participant·es ont marché, dansé et chanté entre la Place Albert 1er et la Maison des relations internationales au bout de l’esplanade du Corum. Un Kou tambou organisé par Ti Conodo, avec Couleur K’raib et Gwap Kako a mené la marche.

Yare Diagne, président du Collectif du 10 mai pour la mémoire de l’esclavage, a pris la parole en début de manifestation pour rappeler l’importance de cette journée, remercier toutes les associations participantes et saluer la mémoire d’acteurs majeurs de cette commémoration aujourd’hui décédés.

La marche a été ponctuée d’arrêts symboliques et de prises de paroles sur des thématiques différentes autour de la mémoire de la traite et de l’esclavage :

  • A proximité de l’école de Médecine et la cathédrale : contaminations et rôle de l’Eglise catholique (notamment Bulle papale de 1454)
  • Devant le palais de Justice : lecture des articles du Code noir
  • Devant la préfecture : récit de la traversée transatlantique à bord des négriers et rôle de l’Etat dans la traite
  • Rue de la Loge : 2 arrêts pour rendre hommage à deux résistant·es de la lutte contre l’esclavage : Solitude et Delgrès
  • Place de la Comédie : point historique sur le marronnage et lecture des articles de la Loi Taubira
  • Sur l’esplanade : récit de l’abolition de 1848 et des révoltes qui ont conduit les différents gouverneurs des Antilles à anticiper l’application des décrets, puis lecture d’un poème sur cette journée du 10 mai.

Une belle marche, pleine de sens. Qui rappelle, contre tous les réacs et les fachos de tous poils qui conspuent la « repentance » et voudraient minimiser les crimes commis par la France contre des millions d’hommes de femmes et d’enfants arrachés à leur terre, que cette mémoire est vivante, et qu’elle continue de se transmettre.

Pour aller plus loin et comprendre la portée de la loi Taubira : https://memoire-esclavage.org/pour-comprendre-la-loi-taubira-de-2001

  1. ↩︎

La France fait partie des 52 Etats qui se sont abstenus lors du vote de la résolution de ONU, le 25 mars 2026 qui stipule que « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains constituent les plus graves crimes contre l’humanité, en raison de la rupture décisive qu’ils ont provoquée dans l’histoire mondiale, de leur ampleur, de leur durée, de leur caractère systémique, de leur brutalité et de leurs conséquences durables, qui continuent d’influer sur la vie de tous les peuples à travers des systèmes racialisés de travail, de propriété et de capital« 

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