LE JOUR OU LES DIGUES ONT CÉDÉ…

Le politologue et directeur de recherche au CNRS, Emmanuel Négrier, et le chercheur Julien Audemard ont étudié les reports de voix lors du 2ème tour de l’élection législative sur la 5ème circonscription de l’Hérault. (voir lien vers leur article en bas de ce post)

Cela m’intéresse d’autant plus que j’ai été candidat à cette élection pour la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) 😊. J’ai été battu par la candidate Rassemblement National par 54,24% contre 45,76% ☹

Selon lui, les principaux enseignements sont :

  • Les électeurs du candidat En Marche au 1er tour se sont reportés à près de 50% sur la candidate du RN
  • Les électeurs de candidat PS dissident se sont reportés à environ 40% sur moi et 20% sur la candidate du RN
  • Les électeurs restants ont principalement voté blanc ou nul, d’où le niveau très élevé de plus de 12% des votants

Par ailleurs, le RN a bénéficié du report de Reconquête et d’une bonne partie des Républicains.

On peut donc dire que les digues ont cédé et que l’union des droites s’est faite dans les urnes… contre la NUPES !

Tout cela est dû à ceux qui ont renvoyé dos-à-dos les soi-disant « extrêmes ». En sous-entendant que la NUPES n’était pas une gauche républicaine, cela a affaibli le barrage républicain et rendu le RN fréquentable, notamment pour les électeurs de la droite « traditionnelle »….Puisque le RN et la droite partagent le même programme économique et social.

Et donc, en ce dimanche 19 juin 2022, les digues ont cédé dans bon nombre de départements et notamment dans l’ex région Languedoc-Roussillon où 14 députés RN ont été élus (sur 22 circonscriptions). Et cela présage d’une implantation locale du RN de plus en plus forte.

En particulier dans l’Hérault, quand on regarde sur une carte les votes par commune, on s’aperçoit sur les circonscriptions où la NUPES était face au RN (4ème, 5ème, 6ème, 7ème et 8ème) que le RN est très largement majoritaire (55% à 70 %) dans quasiment toutes les communes de plus de 1000 habitants (hors Montpellier).

Il y en a quelques-unes qui tiennent encore à gauche :

  • Sète (mais à quelques voix près)
  • Lodève
  • Pézenas
  • Clermont-l’Hérault
  • Gignac
  • Grabels
  • Bédarieux
  • Capestang (un village gaulois dans le biterrois !)
  • Saint-Pons de Thomières

Ces bastions (et Montpellier pour la 8ème, ainsi que les villages ruraux pour la 4ème) ont permis l’élection de deux députés de la NUPES. Au total, nous avons 3 députés de la NUPES dans l’Hérault, ce qui est un très beau résultat, mais cela demeure fragile…

Car toute la fraction du péri-urbain, la France dite « périphérique » est désormais acquise au RN… grâce à l’union des droites qui s’est réalisée à ces élections. On pouvait en voir les prémices avec la carte des scores de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle.

Désormais l’enjeu pour la NUPES, dans l’Hérault et dans beaucoup de départements, est d’aller à la conquête de la France périphérique. Mais on ne convaincra pas ceux qui votent RN, ou en tout cas ce sera très compliqué. En revanche, nous devons chercher à mobiliser les 50% d’abstentionnistes.

Car si on ne fait pas ce travail de façon structurée et méthodique, à la prochaine dissolution de l’Assemblée (qui semble inéluctable), ce ne sera pas 90 députés RN mais 150 ou 200 !

Et pensons aussi aux prochaines municipales, départementales, régionales… qui pourraient voir l’apparition de majorités locales RN dans nos villes, départements et régions…

Lien vers l’article d’Emmanuel Négrier et Julien Audemard : https://theconversation.com/le-rn-de-lenracinement-a-letablissement-lexemple-languedocien-185660

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Pierre Polard

candidat aux élections législatives 2022 pour la NUPES et maire de Capstang.

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