À propos de radicalité, de social-démocratie, de réformisme et de révolution… : « Manger BIEN pour RIEN »
« Manger BIEN pour RIEN »
Une expérimentation de la planification écologique démocratique, un premier pas vers la bifurcation écologique plus que nécessaire.
Jean-Pascal Zadi, dans sa série En Place (https://www.youtube.com/watch?v=Fvl2DGjZbho), aborde une proposition révolutionnaire au cœur du scénario : « Manger BIEN pour RIEN ». Au-delà de la comédie et du contexte politique de la série, cette idée touche directement à une transformation radicale de notre société, un bouleversement qui pourrait changer la manière dont nous concevons l’accès à la nourriture et le rôle de la solidarité dans notre quotidien. Cette idée s’incarne aujourd’hui dans des initiatives concrètes comme celle du collectif qui travaille à la mise en place de la Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA, https://securite-sociale-alimentation.org/). A Montpellier, par exemple, un collectif d’habitant.e.s expérimente ainsi une « Caisse commune de l’alimentation » (https://reporterre.net/A-Montpellier-on-teste-une-caisse-alimentaire-facon-Secu).
L’accès pour toutes et tous à une alimentation de qualité
La série de Jean-Pascal Zadi illustre, d’une certaine manière, une vision sociale inclusive où chaque individu, quelle que soit sa condition, pourrait accéder à une alimentation de qualité sans barrière économique. « Manger bien pour rien » signifie permettre à chaque citoyen.ne de bénéficier d’une nourriture saine, en quantité suffisante, respectueuse des cultures de chacun.e. Ce projet se concrétiserait par la création d’une carte « Sécurité Sociale de l’Alimentation », ouvrant les portes d’un réseau de distribution réparti sur tout le territoire. Grâce à cette carte, tout le monde pourrait se nourrir avec des aliments biologiques, bruts ou transformés, produits dans le respect de l’environnement et de la dignité des travailleurs. Ce système repose sur la cotisation, où chacun.e contribue selon ses moyens, garantissant un accès universel à la nourriture nécessaire.
Un contrat social et écologique entre paysannerie et population
La Sécurité Sociale de l’Alimentation serait un contrat entre la paysannerie et la population, notamment les habitant.e.s des zones urbaines. Ce contrat assure un revenu stable, juste aux productrices et producteurs (répondre à la crise paysanne) tout en favorisant la transition vers une agriculture respectueuse de l’environnement (répondre sur le plan agricole aux crises écologiques). En assurant un revenu juste aux paysan.ne.s, la SSA contribue à des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement : réduction des intrants chimiques, préservation des ressources en eau, protection de la biodiversité (comme la réintroduction de haies) et diminution des émissions de carbone. C’est un véritable pacte écologique et social qui engage toute la société dans une nouvelle voie, celle de la bifurcation écologique.
Un enjeu de santé publique
La carte « Sécurité Sociale de l’Alimentation » va bien au-delà d’une simple question d’accès à la nourriture. Elle s’inscrit dans une logique de santé publique, à l’image de la carte Vitale. Bien se nourrir, c’est prévenir les maladies. En favorisant une alimentation saine, la SSA permettrait de réduire les risques de maladies liées à la malbouffe, comme l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires, allégeant ainsi le système de santé à long terme. Manger bien devient ainsi une priorité de santé, inscrite dans les droits sociaux, les droits fondamentaux.
Un levier pour rompre avec l’agrobusiness
Le principe de cotisation sociale offre un puissant levier aux citoyen.ne.s pour imposer une autre logique économique et agricole. En finançant la SSA, les cotisants peuvent collectivement protéger les terres agricoles, les sortir de la spéculation foncière et les préserver de l’urbanisation. Ces terres seront ainsi réservées à l’installation de paysan.ne.s pour une agriculture biologique, dans un modèle coopératif inspiré d’expériences réussies comme « La Société Civile des Terres du Larzac » ou la coopérative conchylicole des 5 ports de Sète, arrachée par les pêcheurs en mai 68. Ce système permettrait aussi de protéger les bassins versants, de préserver l’eau potable, de préserver les ressources en eau pour les écosystèmes et de mettre en place une agriculture compatible avec les ressources disponibles. Avec 30 millions de cotisants contribuant en moyenne à hauteur de 150 euros par mois, cela représenterait 54 milliards d’euros par an – un puissant levier pour transformer profondément le système alimentaire en France (la PAC en France a un budget de 10 milliards par an). Ce modèle écosocialiste pourrait bien devenir un îlot d’écosocialisme dans un océan capitaliste, comme l’installation de la Sécurité Sociale d’Ambroise Croizat au sortir de la Seconde Guerre mondiale fut un îlot de socialisme dans un monde capitaliste.
Rompre avec la logique productiviste
Pour amorcer une véritable bifurcation écologique, il est essentiel de rompre avec la logique productiviste et ultralibérale qui impose une concurrence féroce entre territoires, producteurs et productrices. La Sécurité Sociale de l’Alimentation se veut un outil pour permettre aux paysans de vivre dignement de leur travail, tout en rendant possible une transition agricole respectueuse de l’environnement. Elle répond également à l’urgence sociale en garantissant à toutes et tous une nourriture en quantité et en qualité suffisante. Cette proposition radicale, capable d’unir des personnes de tous horizons, des quartiers populaires aux villages, dessine un avenir commun et solidaire.
« On n’arrête pas une idée dont le temps est venu. »
Cette idée a déjà fait son chemin dans la culture populaire, grâce à des œuvres comme En Place, et l’heure est venue de la concrétiser. L’idée semble lancée et bien lancée, travaillons pour que ce soit vraiment le cas, hasta la realización !
Une proposition pour l’union de la gauche et des écologistes en 2027 ou avant ?
Porter cette idée pourrait devenir un marqueur politique fort pour la gauche et les écologistes en vue des élections de 2027. Elle fédère largement, offrant un horizon commun et répondant aux préoccupations immédiates des gens : pour changer nos vies ici et maintenant.
Matthieu Brabant (GéS 34 Juvignac)
Boris Chenaud (GéS 34 Montpellier)
Julien Landais (GéS 34 Juvignac)
Delphine Petit (GéS 34 Juvignac)



