Après les législatives de juin 2007 : bilan national et local pour la LCR et la gauche de la gauche

Article paru dans Motivé-e-s, mensuel de la LCR 34, après les élections législatives de juin 2007. Il traîte du bilan local et national des élections pour les forces politiques situées à gauche de la gauche

Nous abordions le premier tour des législatives déterminés mais sans guère d’illusion. L’inversion du calendrier électoral avec le quinquennat a tendance à faire de celles-ci un scrutin de confirmation de la présidentielle sans véritable enjeu, ce d’autant plus que le renforcement du pouvoir du président a affaibli encore le rôle des députés. De fait, l’abstention a été massive notamment dans l’électorat jeune et populaire. L’absence de proportionnelle en a rajouté dans la démobilisation de l’électorat potentiel des petites formations.

Dans ce contexte difficile, les résultats de la LCR ne sont pas trop mauvais.

À l’echelle nationale, il y a eu 495 candidatures affiliées à la LCR réunissant 553711 voix soit un score en hausse de 66% par rapport à 2002, avec une moyenne autour de 2,5%.

Dans l’Hérault, la LCR progresse dans plusieurs circonscriptions (1, 2, 6) et se maintient ailleurs (3,5,7). Elle fait entre 2,01 et 3,28 % sauf sur la 7° circonscription où le vote utile pour François Liberti a beaucoup joué.

LO a subi un lourd échec confirmant celui des présidentielles, elle ne dépasse ici les 1 % que dans la 4° circonscription. L’absence de renouvellement, les déclarations catastrophiques après le 21 avril 2002, la non-participation de LO à plusieurs rendez-vous importants comme la campagne du Non de gauche, expliquent ce résultat.

Le PC a dans la région comme à l’échelle nationale des résultats très contrastés. Le score de François Liberti (24,38%) est sans rapport aucun avec les 2 à 2,5 % du PC sur les trois circonscriptions englobant Montpellier. Entre ces deux cas extrèmes, le PC garde une certaine influence sur le biterrois et les hauts cantons. Reste que le PC n’apparaît plus comme une force nationale et est plus que jamais dépendant des élus qu’il conserve.

Il y a eu à l’echelle nationale une quarantaine de candidatures unitaires soutenues par la LCR. La plupart réalisent des scores entre 1 et 3%. Quelques unes sortent du lot quand l’arc de force rassemblé englobait un PC encore implanté. C’est le cas dans la 4° circonscription de l’Hérault où Yvan Garcia et Sylvie Toureille réalisent un scrore de 6,49%.
Plus que par son résultat qui correspond à peu près à l’addition des voix LCR et PCF sur la circonscription, cette candidature a été intéressante car elle a permis une dynamique militante et de nombreux échanges. Elle a été possible parce que le texte de base était clair sur le programme et sur l’indépendance totale à avoir vis à vis du PS, mais aussi parce que la LCR a accepté de se placer derrière un militant certes investi par les Cuals mais néanmoins membre de la direction départementale du PCF. À l’inverse le PCF a refusé d’envisager la réciprocité, décidant de se présenter partout et affirmant lorsque nous les avons rencontré que l’alliance avec le PS était pour eux incontournable. Ceci explique que le cas de la 4° circonscription n’a pu être qu’une exception.

On ne saurait se satisfaire de l’état actuel de la gauche de la gauche, au regard des défis de la situation. L’echec de la démarche unitaire pour les présidentielles et les légilslatives montre que l’on ne peut aboutir si on refuse de traiter frontalement les questions qui fachent et divisent, en espérant que la seule « dynamique unitaire» les régle.
En même temps, la nécessité de rassembler toutes celles et ceux qui refusent le capitalisme et veulent lutter pour une autre société devient une impérieuse nécessité.

C’est pourquoi, consciente des responsabilités que lui a donné son score aux présidentielles, la LCR lance à un appel pour que se constitue une nouvelle force politique.
Cette nouvelle force, nous proposons qu’elle soit clairement anti-capitaliste, ancrée dans les luttes, indépendante du PS, qu’elle lutte pour une société socialiste démocratique, qu’elle soit féministe, écologiste et internationaliste.

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Gauche écosocialiste 34
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