Précarité dans l’éducation nationale.

L’Education Nationale embauche depuis des années des personnels en contrats précaires de droit privé.
Le point sur la situation dans l’Hérault avec une représentante du collectif des précaires (article paru dans Motivé-e-s, mensuel de la LCR 34, en mai 2008).

L’Education Nationale embauche depuis des années des personnels en contrats précaires de droit privé
: il y a eu les CES, les CEC, et depuis 2005 des contrats d’accompagnement à l’emploi (CAE).
A la rentrée 2006, elle a recruté massivement des personnes en contrat d’avenir (CAV) pour une durée de 10 mois.
Elles occupent diverses fonctions dans les établissements scolaires du premier et du second degré : accompagnement des enfants à handicap, aide administrative, vie scolaire, fonctions pédagogiques….

Les CAE ont une durée maximale de 24 mois. Les CAV concluent pour une durée initiale de 10 mois ont été renouvelés pour 12 mois, jusqu’au 30 juin 2008, leur durée légale pouvant aller jusqu’à 36 mois.
Un salarié en CAE perçoit 600 euros pour 20 heures de travail hebdomadaire; en CAV il perçoit 780 euros pour 26 heures de travail par semaine.
Ces salariés précaires sont environ 1400 dans l’Hérault.

A l’automne 2006, le collectif a vu le jour. Il s’agissait de rompre l’isolement et de se mobiliser sur trois points :
* la perception des différentes primes car la signature de ces contrats n’ouvre pas droit à l’ensemble des aides dévolues aux contrats précaires
* l’accès à la formation car, bien qu’étant un droit, aucun financement n’est prévu
* la pérennisation des postes car ces salariés ayant été recrutés pour répondre aux besoins des établissements, et ayant investi leurs compétences, il semble en conséquence légitime qu’un emploi stable suive.

Le soutien des syndicats de l’Education a été sollicité et à ce jour le collectif travaille avec le soutien de la CNT et de Sud Education.
Différentes actions ont été menées : pétitions, rassemblements et audiences à la Direction Départementale du Travail et au Rectorat.
Ces audiences n’ont permis l’aboutissement d’aucune de ces revendications.
Lors de la dernière en date, le 2 avril, au Rectorat, une fois de plus une probable reconduction a été annoncée pour 6 mois seulement jusqu’au 31 décembre 2008. Elle ne concerne que les CAE/CAV du premier degré dans la limite de la durée légale de leur contrat et, pour le second degré, uniquement les CAE/CAV accompagnant les enfants à handicap.
Ceci évidemment n’est satisfaisant ni pour les établissements pour qui les besoins existent, ni pour les enfants auprès desquels ces personnels travaillent.
Et pour ces personnels précaires investis depuis deux ans et intégrés professionnellement, cela signifie une nouvelle sortie du champ économique et la non reconnaissance de leurs compétences… Après avoir servi entre autre à faire baisser les chiffres du chômage en période préélectorale!

Malheureusement il est difficile de mobiliser ces personnels de façon massive de par leurs conditions d’emplois même : difficultés du quotidien à gérer, situations personnelles (beaucoup de ces personnels sont des femmes seules avec des enfants), peur de ne pas accéder à un éventuel renouvellement….
Il est aussi difficile d’obtenir de la part des enseignants et des personnels titulaires des établissements scolaires ainsi que des parents d’élèves un soutien « actif ».

Nicole

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Gauche écosocialiste 34
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