AGREXCO À SÈTE : PAS D’ARGENT PUBLIC CONTRE LE PEUPLE PALESTINIEN, Manif le jeudi 25 juin 18h devant le conseil régional

NON A L’IMPLANTATION DE L’ENTREPRISE ISRAELIENNE AGREXCO A SETE !
OUI A LA CREATION D’EMPLOIS RESPECTANT LES DROITS DES PALESTINIENS ET PROTEGEANT LES PAYSANS LANGUEDOCIENS
Le Conseil Régional Languedoc-Roussillon a décidé de favoriser l’implantation à Sète de l’entreprise israélienne d’import/export AGREXCO (fruits et légumes et fleurs). Une campagne unitaire se met en place contre ce projet. Un appel unitaire est sorti et une conférence de presse a été donnée le 04 juin.
Lire ici le tract du NPA

Lire ici l’article de Midi Libre sur le sujet.

Lire ici l’article de Montpellier journal sur le sujet. Le journaliste y souligne à la fin de son article les contradictions entre les élus PCF et Verts qui ne se souviennent pas de leur vote sur le sujet et celles du PCF et des Verts qui ont pris position contre le projet.

Une journée régionale de mobilisation est prévue le jeudi 25 juin ( date du prochain Conseil Régional ) Manifestation à 18 h RDV devant le conseil régional. (Un premier rassemblement est prévu à partir de 9 h)

La coalition contre l’implantation de l’entreprise Agrexco (fruits, légumes et fleurs) à Sète a tenu sa première conférence de presse.
Son appel est dès à présent signé par plus de 35 organisations (associations, syndicats, partis) dont plusieurs signatures régionales ou nationales. L’arrivée d’Agrexco à Sète est devenu une question politique centrale. La décision de G. Frêche et de la majorité régionale de vouloir faire “d’Israël un partenaire commercial” est aujourd’hui refusé par une large coalition regroupant les associations de soutien à la Palestine mais aussi la Confédération Paysanne,la CIMADE, le CMF, les Verts, le PG, le PC,les Alternatifs, des CUALs et bien entendu le NPA.
Ces organisations reprennent à leur compte les multiples condamnations d’Israël au nom du droit international, veulent défendre l’emploi paysan et une agriculture de proximité, entendent utiliser les 200 millions d’argent public investi par le Conseil régional pour développer le port de Sète en créant des emplois sur le port, en développant le ferroutage et le mer-routage, en installant des paysans dans notre région.
La coalition a décidé d’une journée régionale de mobilisation le 25 juin, date du prochain Conseil Régional. D’ici là, un courrier sera envoyé aux différents groupes et élus du Conseil Régional (hors FN) afin de leur demander une entrevue et leur position sur le dossier. Il est demandé au groupe du PC et aux élus Verts de mettre ce point à l’ordre du jour du 25 juin.

Un premier rassemblement se tiendra à partir de 9h à l’entrée de Conseil régional. Une manifestation régionale partira du Conseil régional à 18h pour se rendre à la Comédie.

Une Marche partira de Nimes, les marcheurs dormiront à Lunel et rejoindront la manifestation du 25.

L’APPEL

NON A L’IMPLANTATION DE L’ENTREPRISE ISRAELIENNE AGREXCO A SETE !
PAS UN EURO D’ARGENT PUBLIC CONTRE LE PEUPLE PALESTINIEN !
OUI A LA CREATION D’EMPLOIS RESPECTANT LES DROITS DES PALESTINIENS ET PROTEGEANT LES PAYSANS LANGUEDOCIENS
En pleine guerre contre la population de Gaza en janvier dernier, le président de la région Languedoc-Roussillon, engageant tout le conseil régional, annonçait à grand renfort de promesses d’emplois et de subventions régionales l’implantation dans le port de Sète de l’entreprise israélienne AGREXCO. Incluant cette opération dans un plan d’investissement de 200M d’€ sur 10 ans, il promettait – sur fond d’élections régionales prochaines – la création de 200 emplois et 500 000 t de trafic supplémentaire. Même si l’opération médiatique est certaine, il n’en demeure pas moins que l’opérateur portuaire italien GF Group a remporté l’appel d’offres pour l’exploitation d’un terminal fruitier et d’un terminal conteneur pour « Port Sud de France » (nouveau nom selon Frêche du port de Sète) et qu’AGREXCO a remporté l’appel d’offres d’exportation des fruits et légumes et signé convention avec la Région. Si l’on ajoute les divers déplacements –largement médiatisés – en France des responsables de ces deux groupes et ceux du président de la Région en Israël, tout indique que le processus est engagé et qu’une « politique de l’autruche » serait lourde de conséquences.

LA POLITIQUE DES DROITS DE L’HOMME DE L’ÉTAT D’ISRAËL CONDAMNÉE PAR LE PARLEMENT EUROPÉEN
En 2002, le parlement européen s’est prononcé pour la suspension des « accords d’association » avec Israël en raison du non respect par Israël des droits de l’Homme (en Palestine mais aussi en Israël à l’égard des arabes israéliens).
Le 4 décembre 2008, soulignant ainsi la permanence du problème, la plupart de nos élus au même parlement européen ont voté contre « le rehaussement des accords de suspension » avec Israël.

LA POLITIQUE COLONIALISTE DE L’ÉTAT D’ISRAËL CONDAMNÉE PAR LES INSTANCES INTERNATIONALES
En juillet 2004 la Cour Internationale de Justice de la Haye (CIJ) condamnait la construction du MUR en territoire palestinien et demandait sa démolition.
En décembre 2008, le président de l’assemblée générale de l’ONU, Miguel d’Escoto Brockmann demandait à l’ONU d’utiliser le terme d’apartheid pour qualifier la politique de l’état d’Israël et lançait un appel à soutenir la campagne non violente de boycott, désinvestissement et sanctions d’Israël.

GAZA : LA POLITIQUE CRIMINELLE D’ISRAËL CONDAMNÉE PAR LES PEUPLES DE LA PLANETE
1315 tués, 433 enfants 6000 blessés en 22 jours dont une écrasante majorité de civils et la destruction des habitations et infrastructures de santé d’enseignement etc. Des millions de personnes ont manifesté pour dénoncer les crimes de guerre commis par l’armée israélienne. Richard Falk, rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme dans les territoires occupés depuis 1967 déclarait à l’issue de la guerre qu’en raison des armes utilisées et des attaques contre les civils : « L’approche militaire visant à « punir » Gaza était intrinsèquement criminelle ; elle violait les lois de la guerre et avait abouti à des crimes contre l’humanité ».

AGREXCO INSTRUMENT DIRECT DE LA COLONISATION AGRICOLE
Au nom du respect des droits humains, de la morale et de la justice et des décisions des instances internationales, les raisons ci-dessus seraient largement suffisantes pour refuser l’implantation d’une entreprise israélienne de quelque secteur que ce soit à Sète ou ailleurs, car toutes les entreprises israéliennes, tirent directement ou indirectement, profit d’une colonisation condamnée depuis des décennies par les instances internationales !
Mais le choix d’AGREXCO (fruits, légumes et fleurs) est caricatural car elle est l’instrument N°1 de la colonisation dans l’agriculture. D’abord parce que l’entreprise est directement liée au ministère de l’agriculture israélien qui la contrôle à 50% et dont elle applique la politique, mais aussi parce que les 70% de ses exportations proviennent des colonies (reconnu en 2006 par le directeur d’agrexco lors d’un procès en Grande Bretagne). Notamment des colonies de la vallée du Jourdain où 7000 colons se sont appropriés 95% des terres et contrôlent 98% de l’eau ! Réduisant à la misère ou à l’exil les paysans palestiniens des zones où sévit cette entreprise.

LE CHOIX D’AGREXCO EST CONTRAIRE A L’ETHIQUE ET AUX VALEURS DES DROITS HUMAINS
Aurait-on dans les années 70, en plein apartheid sud africain, – au nom de la seule création d’ emplois – accepté l’implantation de l’entreprise « Outspan » pour en faire la porte d’entrée européenne des oranges « Outspan » symbole d’un apartheid boycotté par le monde entier ? C’est en ces termes qu’il faut raisonner ! C’est la raison pour laquelle nous répondons à « l’Appel BDS » lancé par 171 organisations palestiniennes en juillet 2005 et refusons cette implantation.

Pour autant et parce que la question de l’emploi est au centre de nos préoccupations, notre intérêt pour les emplois sur le port et les activités du port nous amènent aussi à nous préoccuper des emplois dans l’agriculture. Quelles conséquences auraient les importations massives de fruits et légumes largement subventionnés en Israël sur l’économie paysanne de la région ? Et par voie de conséquence quels risques de pénurie alimentaire et de destruction de savoirs-faire encourons nous ? Va t-on, au prétexte de la création d’emplois de manutentionnaires précarisés sur le port, participer à la liquidation d’emplois agricoles paysans réels ? Pire encore, cela se ferait avec l’argent public ? C’est inacceptable et nous le refusons.

Et puisque le président de Région a annoncé un plan d’investissement de 200 millions d’euros sur 10 ans, il ne fait aucun doute qu’il soit possible de mettre en place d’autres projets alternatifs, réellement créateurs d’emplois pour le port de Sète, en synergie avec un autre type de développement régional, tant au plan agricole qu’en terme d’infrastructures et qui seraient conformes à l’éthique et aux valeurs des droits humains.

Nous appelons toutes les organisations, partis, syndicats et associations à rejoindre cette coalition « Pour des emplois conforme à l’éthique et avec l’agriculture régionale, contre l’implantation d’AGREXCO à Sète »

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Signalez-vous auprès des signataires qui transmettront.

Conférence de presse 4 juin 10h Espace martin Luther King
Rassemblement/ Manifestation Montpellier 25 juin (heure et lieu à préciser)

Les signataires :
AFPS (30, 34) Association France Palestine Solidarité
Alternatifs (30,34),
ATTAC (Sète Bassin de Thau)
CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien),
CIMADE,
CMF (Collectif des Musulmans de France – Sud),
Comité BDS Montpellier (Comité Boycott, Désinvestissement, Sanctions)
Collectif Palestine Narbonne,
Confédération Paysanne Languedoc-Roussillon,
CUAL (Comités Unitaires pour une Alternative au Libéralisme : Mtp Centre, Mèze, Paillade)
Les américains pour la Paix et la Justice
Les Verts (Languedoc-Roussillon, Sète),
NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste)
PARASOL (Palestine, Résistance, Action Solidarité),
UJFP (Union Juive Française pour la Paix – Languedoc-Roussillon)

Explications

L’implantation devrait être effectif en septembre 2010.
Elle mobilise un financement public de 200 millions d’euros.
Pour que les chiffres ronds impressionnent le citoyen lambda déstabilisé par la crise, on promet que 200 emplois s’en trouveront créés sur 10 ans Un million d’aide = un emploi créé, voilà une équation économico-sociale à vous redorer un blason passablement attaqué par les reniements du social-libéralisme ainsi que par les pratiques du coup de gueule permanent (harki sous-homme, fouteux noirs en trop, chant des Africains chanté en cœur avec le FN, etc.) chers au Conducatore des bords du Lez. Les régionales ne sont pas loin et il faut amener « ces cons d’électeurs » (sic) à retrouver le bon geste dans l’isoloir !

Les conditions dans lesquelles le projet a été adopté ne sont, c’est le moins qu’on puisse dire, pas claires (pas de vote, contenu de l’appel d’offre, décision prise en commission, type de produits importés, etc.). Nous sommes toujours dans l’opacité des prises de décision caractéristiques de notre bon vieux socialisme local.

La question de l’impact de ce point d’entrée de produits agricoles par Sète sur l’économie paysanne régionale ne semble pas avoir été placée au cœur de la démarche de validation.
Pour 200 emplois créés, avec des fonds publics, autour de cette activité d’import, combien d’emplois paysans risquent de disparaître ?
C’est en fait la question d’un développement portuaire équilibré facteur de créations d’emplois mais aussi écologiquement compatible qui devrait être mise en discussion avec les représentants syndicaux ouvriers et paysans ainsi qu’associatifs de la zone concernée. Ces 200 millions d’argent public nous donnent un droit de regard et de décision. Si le Conseil Régional est prêt à mettre cet argent pour aménager le port et développer l’emploi, alors discutons en sérieusement.
Nous sommes pour développer l’agriculture de proximité, nous sommes pour le ferroutage et le « mer routage ». Comment oser tenir un discours sur le développement durable et en même temps proposer à des fruits, des légumes ou encore mieux des fleurs ( !) de traverser la Méditerranée ?

Si Agrexco veut venir à Sète, c’est parce qu’il y a de l’argent public à prendre.
Agrexco compte sur ces aides publiques et le dumping social pour réussir une plate- forme européenne concurrentielle. Dell vient de nous démontrer l’utilisation faite de l’argent public en licenciant plus de 130 salariés.

Autant dire que nous avons là l’opportunité d’ouvrir un débat sur ce que peut être une véritable démocratie locale fondée sur un échange constructif et permanent avec fort pouvoir de décision en amont des délibérations des élus

Mais l’arrivée d’Agrexco à Sète n’est pas réductible à ces seules questions liées au développement régional et à la démocratie participative.

Agrexco est en effet une société qui appartient pour 50% à l’état israélien et traite 70% des exportations israéliennes.

Nous nous permettons ici de citer nos amis du CCIPPP 34 :
« Ce qui fait la spécificité d’Agrexco c’est qu’elle emballe, exporte et vend tous les produits en provenance de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, c’est à dire en Palestine où elle applique directement la politique coloniale. La vallée du Jourdain, située à l’est de la Cisjordanie, c’est environ 24000 km2 soit presque ¼ de la Cisjordanie. En 1967 il y avait 350 000 palestiniens dans la vallée du Jourdain. Il n’en reste plus que 52 000 en 2007, soit moins de 15% de la population de 1967. Par contre il y a 7000 colons qui contrôlent 95% des terres et 98% de l’eau pompée dans de nouveaux forages à plus de 400m de profondeur. L’eau du Jourdain a été rendue inaccessible aux palestiniens par la construction d’une barrière métallique électrifiée dont la construction a permis la confiscation supplémentaire de 500 Km2 de terres palestiniennes. » [Nous renvoyons à la totalité de l’article : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article7398]

Autrement dit, ce qui se joue avec Agrexco à Sète c’est ni plus ni moins l’approfondissement de l’appui revendiqué haut et fort par G Frêche à la politique israëlienne d’asservissement et d’agression du peuple palestinien
Souvenons nous du tristement célèbre « Montpellier est le poste avancé de Tsahal ».
Il est donc, pour nous comme pour bien d’autres associations ou partis, hors de question qu’une création d’emplois, par ailleurs fort problématique comme nous venons de le voir, se paie d’un lâchage d’un peuple, celui de Palestine, qui souffre un calvaire monstrueux dont l’attaque de Gaza a été récemment un épisode particulièrement sanglant.

Le NPA 34 a participé avec des représentants nationaux et régionaux de la Confédération Paysanne, les AFPS, CCIPPP, UJFP, CMF, Faucheurs Volontaires, ATTAC Sète, les Verts de Sète, le Collectif Palestine de Narbonne, les Verts de la région, les Alternatifs de Nîmes et le CUAL de Montpellier Centre à une première réunion exploratoire sur les conditions d’installation d’Agrexco à Sète (la CIMADE et le CUAL Paillade absents étaient excusés). Il se félicite de sa tenue et en reprend les conclusions Nous nous inscrivons dans la campagne commune engagée autour de cette coalition. Nous signerons l’appel issu de cette réunion, nous serons présents à la Conférence de Presse du 4 Juin 09, nous ferons tout pour que la manifestation du Jeudi 25 Juin devant le Conseil régional soit un succès.

La Palestine est une des pierres de touche de toute démarche authentiquement internationaliste et anticapitaliste.
Le NPA fait sien l’appel émanant de 171 organisations, associations, partis et syndicats palestiniens formulé dans les termes suivants : « Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. (…) Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs pour qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. »

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Gauche écosocialiste 34
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