Rencontre à Montpellier autour du rassemblement de la gauche anticapitaliste et antilibérale

Le NPA avait proposé une unité durable sur un programme de rupture avec le capitalisme avant les européennes, il poursuit cette démarche et avait invité différentes forces politiques (PCF, PG, LO, CUALs) à en discuter à Montpellier mercredi 01 juillet..
Analyse et communiqué de presse commun ci-dessous

Voir aussi ici
la déclaration commune NPA-PG après une première rencontre nationale
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Le communiqué commun des Alternatifs, des CUALs, du NPA et du PG, est en bas de page.
Ci-dessous, le compte rendu par le NPA d’une discussion qui a duré 3 heures.

A l’invitation du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) de l’Hérault, les organisations suivantes ( PG, NPA, CUALS, Verts, Alternatifs) se sont retrouvés mercredi 1er juillet à Montpellier pour discuter de la situation sociale et politique après les élections européennes ainsi que des mobilisations sociales à venir pour la rentrée de septembre.

Le PCF souhaitait être présent mais il y a eu un empèchement.
Le tour de table a permis egalement à chacun d’exposer son analyse sur la situation sociale et ses positions concernant les futures élections régionales.

Sur la question des luttes sociales, il y a accord sur la nécessité d’un mouvement social face à la politique du gouvernement, sur l’idée que ce n’est pas à la population, aux salariés de payer la crise. La question des licenciements (avec un plan de licenciement en vue à Sanofi) et celle de la retraite à 67 ans ont notamment été discutées.

Il y a accord sur l’impératif écologique. A part, pour les Verts qui ne se sont pas exprimé sur ce point, les autres organisations étaient d’accord pour dire que la réponse à l’urgence écologique nécessitait une rupture avec le capitalisme.

C’est sur la question des régionales que la discussion a été la plus longue, non que l’on veuille sauter d’une élection à une autre, mais parce que en Languedoc-Roussillon notamment, la discussion est largement entamée, avec notamment le cas Frèche.

Le PCF n’a pu être présent à la réunion mais est passé nous rencontrer brièvement à 18 h. JL Bousquet a notamment indiqué sur les européennes que le FdG a réussi son objectif
et que le NPA est une force qui compte. Pour les régionales il souhaite un travail sur le bilan et sur les contenus, il est critique sur Frêche mais solidaire du bilan des 4 premières années, il pense qu’il faut tout faire pour battre la droite et élargir le FdG à d’autres partenaires sans exclusive.
Les positions exprimées depuis dans la presse par plusieurs élus PC sont plus précises et quelque peu différentes.

Pour Gayssot (voir http://www.midilibre.com/articles/2009/07/02/Grand-sud-Gayssot-On-peut-travailler-avec-Freche-830443.php5), d’après Midi Libre :

« Je refuse d’être instrumentalisé, par les adeptes ou les adversaires du président. Mais le groupe communiste est-il pour quelque chose dans le bon bilan de la majorité ? Je dis oui, et j’affirme que l’on peut travailler avec Georges Frêche. » et dans la perspective des régionales, « si les socialistes désignaient Frêche, je ne vois pas comment justifier que nous ne pouvons pas travailler avec lui alors que nous le faisons depuis cinq ans ! Je suis pour que nous œuvrions à une démarche d’union et de contenu, pour poursuivre dans le cadre des engagements pris, et aller au-delà. Mais aussi en considérant l’expérience de notre gestion, y compris sur la gouvernance ». A propos de Jean-Luc Mélenchon, il « n’avait pas à dicter leur stratégie aux communistes, même s’il faut par ailleurs continuer avec lui au sein du Front de gauche ».

Pour Hervé Martin, conseiller municipal PC de Mtp, toujours selon Midi Libre (voir http://www.midilibre.com/articles/2009/07/03/MONTPELLIER-Le-PCF-prone-le-rassemblement-a-gauche-831078.php5)

“Hervé Martin refuse d’envisager des listes autonomes comme le veut le parti de Gauche Hervé Martin tient, au nom du parti communiste, à apporter une note dissonnante à la suite du passage, samedi dernier à Montpellier, de Jean-Luc Mélenchon. S’il était au côté du chef de file du parti de Gauche et dresse le même constat que lui sur le bon score du Front de gauche aux Européennes, il ne partage pas le même point de vue pour les Régionales à venir.
« Il a dit : “On partira avec des listes autonomes au premier tour”… “Le bilan de la Région est globalement bon. Je ne conteste pas qu’il puisse y avoir un problème de gouvernance ou de vertu.”

Les Verts

Pour eux, l’accord technique avec NPA (en fait liste LCR-CUALs) pour les municipales de Montpellier a été positif pour les Verts, on a appris à se connaître. Ils ont le sentiment d’un nouveau mouvement fédérateur écolo qui a fait 20% aux européennes, donc il faut favoriser à compter d’aujourd’hui le rassemblement des écologistes. En 2004, ils avaient fait une liste avec Frêche, ils sont passés dans l’opposition en 2006 (en fait deux élus Verts, les autres exclus des Verts sont restés avec Frèche). Frêche n’est pas “écolo compatible” (exemple des investissements ferroviares ) Pour les régionales : ils veulent une liste autonome au 1er tour du rassemblement des écologistes. Le LR est une terre d’exception : “pas d’accord avec Frêche ni au premier ni au second tour !” mais ils sont prêts à tout accord politique ou technique pour faire gagner la gauche sans Frêche !
Le représentant des Verts étant parti avant la fin de la réunion en raison d’un impératif, la discussion avec eux ne s’est pas prolongé, notamment pour savoir s’ils s’inscrivaient tant soit peu dans une démarche de rupture avec le capitalisme, surtout après l’alliance avec Cohn Bendit.

Lors de la discussion, c’est entre le NPA, le PG, les Alternatifs et les CUALs (Fédération) que d’importants points de convergence sont apparus

– Sur la nécessité d’une riposte sociale, unitaire et déterminée, à la politique du gouvernement
– Sur une attitude commune lors les prochaines élections régionales.
Un communiqué commun est en cours de rédaction et ces organisations ont prévu de se revoir en septembre.

Le NPA, a fait des propositions pour les régionales qui s’inscrivent dans la continuité de la proposition d’unité durable faites avant les européennes, (propositions que nous n’avions ni su ni pu médiatiser au delà des cercles militants).
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A l’échelle nationale, nous proposons à toutes les forces politiques de la gauche anti-libérale ou anti-capitaliste (Alternatifs, Cuals, LO, PCF, PG,…) des listes communes au premier tour sur un programme incluant des mesures de rupture avec le capitalisme, une critique de la gestion des régions par le PS et des propositions alternatives à cette gestion sur les questions sociales, écologiques et démocratiques.

Ces listes doivent être à nos yeux indépendante du PS. Ce qui implique une présentation autonome au premier tour et le refus de cogérer ces régions sous la domination du PS, parti qui accepte le capitalisme.

Afin de battre la droite et d’assurer une représentation de ces listes, nous pouvons envisager une fusion de second tour avec la ou les autres listes de gauche (ayant fait plus de 10 %, seuil pour se maintenir) donc sans le Modem. La condition étant que les élus de la liste restent indépendants, c’est-à-dire libres de voter pour ou contre les mesures proposées. À l’inverse un accord de gestion oblige les élus à voter pour des mesures qu’ils désapprouvent sous prétexte de solidarité majoritaire.

En Languedoc-Roussillon, un problème va cependant se poser au second tour si le PS choisit à nouveau Frèche comme représentant, exclu de ce parti pour ses propos racistes. Comment considérer comme de gauche une liste dirigée par Frèche?

Une partie du débat a tourné au tour de cette question des exécutifs et de la solidarité de gestion.
(le cas Frèche étant évacué du débat pour ne pas le polluer)

Le PG a expliqué la nécessité d’une autonomie des listes au premier tour et l’impossibilité d’avoir un accord programmatique avec le PS, mais il n’a pas vraiment, nous semble-t-il, donné de réponse précise sur l’indépendance des élus après le second tour. Il a expliqué qu’il pouvait y avoir un PS de gauche, qu’il pouvait y avoir des cas particuliers, que l’on pouvait arriver en tête.
Pour le NPA, il faut être clair sur notre indépendance, il n’y a pas un bon et un mauvais PS. Il y a le PS qui est un parti d accompagnement du capitalisme ( l’exemple du “mur” au collège de Las Cazes a été rappelé au cas où il y ait des illusions sur certains opposants PS à Frèche) .
Les CUALs ont insisté sur le contrôle démocratique des élus, le NPA partage ce point de vue et a précisé que ce contrôle était contradictoire avec la solidarité de gestion avec le PS (car là c’est lui qui contrôle), l’ exigence de démocratie necessite indépendance et liberté de vote.

Cuals, Alternatifs et PG ont aussi évoqué le cas ou notre liste commune serait en tête, le NPA refuserait-il de gérer dans ce cas ?
Nous avons répondu qu’il fallait envisager toutes les hypothèses et d’abord la plus probable, celle où le PS serait majoritaire, d’où notre volonté de faire préciser cette question d’indépendance afin d’éviter la “gueule de bois post électorale”.
Mais nous avons aussi répondu sur le cas où une liste unitaire anticapitaliste serait majoritaire (ce qui pourrait plus facilement arriver dans une commune qu’à la région). Note objectif serait alors de mettre en oeuvre des mesures de rupture (ex transport gratuit pour les TER, exiger des entreprises qui licencient le remboursement des subventions..) de faire participer la population aux grandes décisions, (l’exemple de Porto Allegre a été rappelé) pas de gérer en se soumettant au carcan du système ! Il faudrait mener des batailles politiques car la seule présence à la tête d’une institution ne suffit pas.

Communiqué de presse (La Fédération 34, les Alternatifs, le Parti de Gauche, le NPA de l’Hérault. )

A l’invitation du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) de l’Hérault, les organisations suivantes (PG, NPA, Fédération 34, Verts, Alternatifs) se sont retrouvées ce mercredi 1er juillet à Montpellier pour discuter de la situation sociale et politique après les élections européennes ainsi que des mobilisations sociales à venir pour la rentrée de septembre. Le PCF souhaitait être présent mais a eu un empêchement. Il s’associe néanmoins à la démarche unitaire et répondra favorablement aux futures invitations de réunions unitaires. Le tour de table a permis également à chacun d’exposer son analyse et ses positions concernant les futures élections régionales.

A l’issue de la discussion, d’importants points de convergence sont apparus entre les organisations présentes. :
– sur la nécessité d’une riposte sociale, unitaire et déterminée, à la politique du gouvernement
– sur une attitude commune lors les prochaines élections régionales.
Sur ce point, tous sont d’ accord pour :
– faire une critique radicale de la politique du gouvernement, proposer des mesures d’urgence sociale et écologique, ainsi qu’une alternative politique au capitalisme et au productivisme,
– faire un bilan critique de la politique régionale engagée depuis 2004,
– proposer un autre projet régional sur une politique résolument en rupture avec la logique capitaliste, un programme écologique et solidaire

– réaffirmer la nécessité d’un fonctionnement démocratique de l’institution, intégrant le contrôle des élus et la participation de la population aux grandes décisions.

Nos organisations souhaitent que des listes indépendantes et unitaires de la gauche anti-libérale et anti-capitaliste soient présentes au premier tour des régionales, pour proposer une autre politique régionale résolument de gauche et en rupture avec l’ère Frêche.
Nos organisations ont débattu également de l’attitude au second tour et du rôle de nos élus. Nos organisations veulent empêcher, à l’échelle nationale, toute victoire de la droite aux prochaines régionales. Pour cela, vu le système électoral, elles sont prêtes à d’éventuelles fusions de second tour entre les listes de gauche (donc sans le Modem).
Nos organisations s’accordent cependant pour dire que les prises de positions du président actuel de la région brouillent sérieusement le clivage gauche/droite en Languedoc-Roussillon. Il sera bien difficile de considérer une liste dominée par Frèche comme une liste de gauche.

Pour le NPA, ces fusions éventuelles ne peuvent se faire que si l’indépendance et la liberté de vote de nos élus est garantie. Il ne peut y avoir d’accord impliquant une solidarité de gestion sous la domination d’un PS qui adhère au système capitaliste.

Pour les autres organisations (Parti de Gauche, Fédération 34 et les Alternatifs) l’objectif reste de battre la droite au second tour. Elles n’excluent aucune possibilité de fusion ou d’alliance avec les autres listes de gauche, dans le respect de l’indépendance politique des unes et des autres.

Le Parti de Gauche précise que son action se poursuit dans le cadre du Front de gauche qui s’est constitué à l’occasion des élections européennes et les responsables nationaux des partis et organisations qui le composent (PCF, PG, GU) ont manifesté leur volonté de poursuivre leur action commune. La démarche du Front de gauche étant de réaliser l’union de toute la gauche de transformation sociale pour qu’elle devienne majoritaire dans la gauche afin de battre la droite, il est normal que nous participions pleinement à la démarche unitaire engagée ici.

Une démarche unitaire que nous souhaitons voir s’élargir à l’ensemble de la gauche anti-libérale et anti-capitaliste doit se mettre en place pour l’élaboration de ce projet politique régional. Nous nous y attèlerons tous ensemble dès la rentrée de septembre où nous avons dors et déjà prévu de nous revoir, avec la volonté de mettre en avant nos convergences pour faire face à la casse sociale. »

La Fédération 34, les Alternatifs, le Parti de Gauche, le NPA de l’Hérault. .

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