Régionales : les communistes et les… « communistes » qui s’alignent sur Frêche !

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Beaucoup de journalistes ont souligné l’ironie de l’histoire qui a réuni, le 18 février, au siège montpelliérain d’AGM !, Alain Krivine venu apporter le soutien national du NPA et Roland Leroy, paisible retraité de Clermont-l’Hérault, venu aussi soutenir AGM !, mais surtout ancien directeur du quotidien communiste L’Humanité et l’un des artisans de l’exclusion de …Krivine du PC dans les années 60 !

Mais la roue tristement ironique de l’histoire c’est aussi le déraillement politique du camarade cheminot Gayssot qui, après avoir œuvré, au gouvernement superprivatiseur de Jospin, à l’embardée du projet d’émancipation, s’enlise aujourd’hui dans un soutien sans faille à Georges Frêche. A ce social-libéral-autoritaire-sarkocompatible, fossoyeur de ce que la gauche gestionnaire pouvait garder encore d’apparence de gauche.

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Ces deux itinéraires comparés, celui de Leroy et celui de Gayssot, sont cruels pour le second et signent une dérive irrémédiable, partagée avec 3 autres vice-présidents communistes de la Région, que nombre de communistes (une écrasante majorité) du Languedoc-Roussillon désapprouvent, comme le montre l’article du jour de Midi Libre [1].

Le NPA, sans s’immiscer dans les débats internes du PCF, est très attentif à ce qui se joue dans cette affaire car elle pèse et pèsera sur la capacité de la gauche d’alternative à se construire de façon crédible. C’est l’occasion de dire ici que nous sommes très heureux de pouvoir travailler dans ce sens, celui de l’alternative, dans le cadre unitaire d’AGM ! et nous souhaitons que cette démarche se prolonge au-delà des Régionales.

Il n’en reste pas moins qu’il convient d’éviter de faire de l’ « antigayssotisme » comme nous évitons de faire en ce moment de l’antifrêchisme. Car ces deux arbres politiques issus des deux branches les plus importantes de la gauche ne sauraient masquer la forêt des compromissions avec le désordre établi : hier, dans le gouvernement Jospin, Gayssot n’était pas le seul à accompagner (précéder ?) la dérive gestionnaire des socialistes. Aujourd’hui encore ce n’est pas Gayssot qui vote, avec Mandroux, à la municipalité de Montpellier les crédits à l’enseignement privé ! [2] Notre politique unitaire ne peut pas biaiser avec les électeurs que nous sollicitons et les cartes politiques doivent donc être, fraternellement mais ouvertement, mises sur la table

Gayssot comme Frêche ne sont que les deux emblèmes d’une politique de renoncement à défendre les intérêts des salariés et de tous ceux qui souffrent du capitalisme. Mais celui-ci tire trop son efficacité des bilans mal menés, des non-dits qui éclatent au grand jour certains mauvais jours où des décisions de rupture sont à l’ordre du…jour mais restent ajournées !

source : http://www.politis.fr/Le-PCF-s-eclate,9341.html


Alors, une fois Gayssot renvoyé à sa désastreuse signifiance/insignifiance politique, continuons à ouvrir la voie qui déblaye le terrain vers une alternative qui se pose en candidate crédible au pouvoir. Réfléchissons ensemble à ce qui, autour des trois urgences qui nous unissent dans cette campagne (urgences sociale, écologique et démocratique), doit nous amener à rompre ENSEMBLE avec la gauche qui, via Frêche ou via Mandroux, s’accommode, chacune à sa façon, du sarkocapitalisme! Question cruciale qui se posera dès le soir du premier tour dans la façon que nous aurons d’aborder, quels que soient les résultats, les alliances au second tour !

Sodol Colombini, ancien conseiller général (1973/1985) et maire d’Aigues-Mortes (1977/1989), délégué CGT, pendant les grèves de 1968, et délégué syndical central CGT aux Salins du Midi de 1991 à 2000, pose avec beaucoup de clarté, dans le texte que nous publions ci-dessous, bien des choses utiles pour que l’unité perdure [3]. Un autre communiste, le biterrois Jacques Cros, a publié un texte qui mérite aussi notre attention [4]. Voilà des prises de position qui, contrairement aux hypocrites clameurs de Gayssot and Co dénonçant la division qu’induirait toute campagne indépendante de Frêche, favorisent l’unité. La seule qui vaille en ces temps de crise, l’unité anticapitaliste et antilibérale contre l’unité prosystème d’une gauche qui est capable de ratisser du côté du Modem (Mandroux à la mairie), des chasseurs fréquentant ou ayant fréquenté De Villiers (Frêche), une jeune patronne réglant des comptes personnels-professionnels avec Couderc (Frêche), des catalanistes de droite (Mandroux), etc. C’est bien cette unité mettant le cap sur la droite qui est une promesse de division, d’affaiblissement et de démoralisation des salariés. AGM !, par le protocole d’accord et le programme qui la fondent, est une alternative à cette gauche de droite. L’alternative de gauche !

Antoine (NPA 34)

[1] Régionales Les divisions des communistes (Midi Libre, 1er mars 2010)

Après le PS et l’UMP, c’est au tour du PCF d’afficher ses divisions ! Les quatre vice-présidents communistes alliés de Frêche se sont affranchis du PCF – sans en être exclus – et de sa ligne officielle. Car le PCF a scellé une alliance avec le NPA et le Front de gauche engagés avec la liste Revol.

C’est pourquoi, aujourd’hui, ils éprouvent le besoin de « justifier » leur engagement auprès du président de région. Jean-Claude Gayssot, Josianne Collerais, Jean-Paul Boré et Henry Garino se sont fendus d’une lettre aux militants communistes de la région. Dans cette missive, ils défendent le bilan de la majorité régionale « qui porte sans ambiguïté l’empreinte des communistes » ; le projet et surtout la promesse de Didier Codorniou et de Frêche d’engager « une politique vraiment sociale et démocratique ». Avant de confier leurs états d’âmes : « Oui, l’union est un combat. C’est un combat pour le progrès. C’est un combat contre les diviseurs qui font le jeu de la droite et du capital (…) La division actuelle et le refus de tout rassemblement des autres listes de gauche au deuxième tour avec Georges Frêche fait courir au peuple de gauche un grand danger », disent-ils. Appelant leurs « camarades » à voter Frêche.

Certains militants saluent le « courage » de ces vice-présidents, à l’instar de Françoise Prunier, adjointe à Montpellier, mais d’autres fustigent la démarche. A l’image de la tête de la liste A gauche maintenant ! (Parti de gauche, PCF, NPA). René Revol se félicite, en revanche, du soutien de « personnalités historiques du PCF régional ». En effet, en réaction à la lettre aux militants de « la bande des quatre », des personnalités, jadis membres du comité central du PCF, ont écrit elles aussi aux militants. « Comment peut-on se prétendre “communiste” et adopter une posture de complète complicité avec Frêche ? », écrivent Myriam Barbera, Bernard Deschamps et Marie-Thérèse Goutmann, ex-députés, Henri Costa, Roland Leroy, membre honoraire du parlement ou encore Claude Mazauric. Ils pointent les défauts de Georges Frêche qui « flatte le vieux fonds colonialiste et xénophobe » ; qui « accompagne ou précède les réformes sarkozystes »…

Olivier SCHLAMA

[2] Voici ce qu’écrit notre élu NPA-CUAL à la municipalité à ce sujet dans son compte rendu du conseil municipal du 8 février dernier :

« J’ai voté contre la délibération 41. Il s’agit du financement des écoles privées.

René Revol, tête de liste A Gauche Maintenant pour les élections régionales, avait indiqué lors d’une conférence de presse que les élus PC et NPA allaient demander le retrait de cette délibération. Ma surprise a été de courte durée vu que les élus PC étaient en désaccord complet avec cette proposition et ont voté, comme d’habitude, le financement des écoles privées. Reconnaissons à Revol le souci de la cohérence, vu que, pour les élections régionales notre liste a fait du refus du financement des écoles privées un point fort de son programme.
La Mairie de Montpellier finance les écoles maternelles alors quelle n’a aucune obligation légale de le faire. Concernant l’école élémentaire, le PS se refuse à combattre les lois anti-laïques et paye au prix fort. Au total, il s’agit de 515 euros par enfant, le total d’enfant concerné est de 3 549. Nous avons là un bon exemple du refus du PS de s’affronter au gouvernement et de faire en sorte que les fonds publics aillent à l’école publique. Quand ils sont au gouvernement, ils ne changent pas les lois. Dans l’opposition, ils vont même au-delà de ce que leur demande la loi.

Nous nous sommes retrouvés 2 à voter contre ( N. Medeiros des Verts et moi-même), tous les autres élus votant pour. »

https://www.resistons.net/index.php/2010/02/09/556-montpellier-conseil-municipal-du-8-fevrier-2010

[3] Sodol Colombini répond aux 4 vice-présidents communistes

Non ! Le bilan de la région Languedoc-Roussillon n’est pas à la hauteur de la situation

Vous dites : « qu’entre votre bilan et celui de l’équipe précédente il n’y avait pas photo »… Avec le doublement des impôts, il n’aurait plus manqué que vous ne fassiez pas mieux que la Droite…

Mais il n’y a pas de quoi pavoiser.

Il y a plus urgent aujourd’hui que de reconduire, en l’état, une gauche dominée par le social-libéralisme qui, dans notre région, au-delà des comportements insupportables, et d’un autre âge, de votre Président, prend carrément des allures d’accompagnement de la mondialisation.
Sur Canal+, votre président est allé jusqu’à se féliciter que la mondialisation apporte des emplois aux ouvriers chinois. Emplois que, selon notre Empereur de Septimanie, nous ne pourrions conserver… Et qu’il voulait en Languedoc favoriser les pôles d’excellences…

Pôles d’excellences ? Pourquoi pas ! Mais dit ainsi, et avec l’exemple des huîtres sud de France, huîtres importées, qui ne passent que quelques jours dans l’étang de l’or, on sait très bien que pour votre président, comme pour tous les tenants de la mondialisation, il faudrait que les agriculteurs, les ostréiculteurs, les pêcheurs, les saliniers, bref tous ceux qui représentent l’économie locale soient réduits au minimum pour faire place nette à la spéculation immobilière et au tourisme de luxe.

On voit ce qu’une telle politique donne en Espagne.

Et combien d’argent dépensé (et souvent en pure perte) pour vendre notre région ?
On avait, à juste raison, critiqué Blanc pour sa maison du Languedoc à Barcelone. Frêche a fermé Barcelone… Mais pour ouvrir des maisons à Shanghai, à New York. Certes, ça a servi à 40 «obligés» pour aller, au frais de la région, serrer la main au président du FMI . (DSK qui, lorsqu’il était ministre des finances, exonéra de fiscalité les stock-options).

« Soutien des services publics » dites-vous. Quel soutien ? Dans les 5 lycées construits (sur les 12 promis) vous avez privatisé l’entretien et la restauration. Est-ce un hasard si un Nicollin (qui s’est gavé avec l’argent des collectivités) est un grand supporteur de notre petit timonier ?
Vous déclarez : « un bilan qui porte sans ambiguïté l’empreinte des communistes »…

Quel crédit aurez-vous, auprès des salariés qui luttent contre l’externalisation de leur travail, quand ils sauront qu’à la Région (et dans les collectivités) vous retardez toujours la reconquête des services publics cédés au privé ?

Et la gestion de l’eau ? Et la formation professionnelle ? Partenariat public/privé ou véritable service public ?

Et Agrexco ? Un fauteuil de vice-président vaut-il plus que notre solidarité envers le peuple palestinien chassé de ses terres depuis plus de 60 ans ? Sans compter que les produits importés des colonies d’Israël (dont la production prive d’eau les Palestiniens) vont concurrencer nos agriculteurs.

« Ne pas donner de chance à la droite ». Certes, mais la droite ce n’est pas seulement au plan électoral qu’il faut la battre, c’est d’abord et surtout au plan des idées…Et le premier tour d’une élection doit permettre à chacun de pouvoir exprimer un choix réel et non par défaut.
Votre choix, qui consiste à vouloir effacer le premier tour, sous prétexte de vote utile, conduit à renoncer à changer la donne à gauche.

Si on veut durablement changer le sort du monde du travail, il faut, sans attendre, changer la donne à Gauche.

Depuis le virage libéral de 1983 (1), que les maigres succès du gouvernement de la Gauche plurielle (1997/2002) n’a pas remis en cause, bien au contraire, avec la poursuite des privatisations, dont certaines ont été patronnées par le camarade-ministre Gayssot, ce qui presse, c’est que toutes les forces qui luttent pour sortir de la logique capitaliste s’unissent et renversent la domination social-libérale sur la Gauche.

Face à la crise généralisée du capitalisme, il est urgent, au plan local, comme au plan national, en passant par nos régions et nos départements, de résister et de s’opposer aux politiques d’un monde financiarisé et aux directives libérales de Bruxelles.

Et cela ne peut se faire sans se dégager d’une gauche dominée par le social-libéralisme qui de plus, dans notre région, est marquée par une gouaillerie affligeante. (2)

Changer la donne à gauche, cela ne peut se faire qu’en votant pour la liste « A Gauche maintenant » !

Sodol Colombini, Conseiller Général (1973/1985) Maire d’Aigues-Mortes (1977/1989)

(1) Depuis 1983, la part des revenus du travail dans les richesses produites a dégringolé de 10%. Soit, une perte de 180 Milliards d’€ par an au profit des revenus du capital.

(2) Quel Aigues-Mortais, aurait accepté que, dans l’exercice de ma fonction de Maire, j’ai, au cours d’une cérémonie traité deux responsables (quels que soient les responsables) d’association (quelle que soit l’association) de sous-hommes ? Après de tels propos, seule la démission s’impose… Nous avons eu droit à la pantalonnade Gayssot.

Aigues-Mortes, 1er mars 2010

[4] Ni cet excès d’honneur ni cette indignité (Jacques Cros)

Un ancien élu communiste, aujourd’hui candidat contre son parti sur la liste de Georges Frèche, Jean-Claude Gayssot pour ne pas le nommer, a fait état au cours d’une réunion publique qui s’est tenue le 18 février dans nos murs (cf. l’édition du vendredi 19 février de Midi Libre) de l’évolution démographique respective de Béziers et de Montpellier.
Selon lui il y a une cinquantaine d’années la capitale du vin faisait, question population, jeu égal avec la préfecture de l’Hérault. Cinquante ans, c’est un peu court, mais en remontant un demi-siècle plus tôt ce ne doit pas être faux.
Depuis ? On connaît tous la suite : Béziers à fortement décliné. Haro donc sur Couderc qui… Mais enfin voyons, nous avons connu d’autres municipalités qui n’ont pas plus enrayé la dégradation des choses au plan économique, social, démographique… que l’actuel maire de la ville !
Le problème dépasse largement la responsabilité d’un conseil municipal. La crise viticole qui conditionne largement la situation de Béziers et du Biterrois n’est pas étrangère à une certaine conception de l’Europe et aux conséquences d’une mondialisation au service du capital.
Montpellier ? Oui, c’est la ville d’Europe qui a connu l’expansion démographique la plus importante. Le devons-nous à la personne qui a occupé ici le fauteuil de maire pendant presque trente ans où à la conjoncture ? Et par ailleurs, la vie est-elle idyllique pour les Montpelliérains ? Pour ceux de La Paillade plus particulièrement ?
Monsieur Gayssot s’égare et, comme c’est écrit dans la lettre que j’ai reçue et qu’il a cosignée avec les trois autres renégats, je refus de « transformer les élections régionales en un champ de manœuvres et d’ambitions personnelles ».
Pour être plus clair je me refuse à cautionner des gens qui subordonnent leur orientation politique à leurs intérêts de carrière. Et là c’est précisément le cas, c’est patent pour celui qui accepte d’analyser les choses avec un minium d’honnêteté !
Gayssot ne représente pas grand-chose à Béziers. En tout cas il ne représente en rien le parti communiste.

Jacques Cros

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