PETIT BARD : UN LOGEMENT DECENT SANS ATTENDRE

Le NPA apporte tout son soutien aux familles et à leur mobilisation. Il est urgent de faire des quartiers populaires de Montpellier une véritable priorité. La situation catastrophique du Petit Bard n’est pas unique, les Cévennes se dirigent tout droit vers le même scénario. Plutôt que de continuer à financer l’étalement urbain, il est temps de se donner les moyens financiers et politiques de rendre ces quartiers à l’image de tous les autres quartiers de la ville.


”MOTIVE(E)S” a rencontré Khalid et Kader de l’association « Justice pour le Petit Bard » afin de faire le point sur la lutte en cours pour des relogements suite au nouvel incendie de la rue des Trolles.

Motivés : « En 2004, les habitants se sont soulevés suite à un incendie. Tout le monde se souvient de cette forte mobilisation avec par exemple une manifestation d’un millier d’habitants se rendant à la Mairie. A l’époque la Mairie prend des engagements, nous sommes 6 ans plus tard et peu de choses ont changé. Un nouvel incendie vient même de relancer la mobilisation. Comment expliquer cette situation ? »

Khalid : « La responsabilité est du côté des pouvoirs publics. Depuis 2004, nous demandons une table ronde sur le sujet. C’est mal parti dès le départ vu qu’il n’y a jamais eu de réelle concertation et de prise en compte de l’expression des habitants.Les habitants du Petit Bard et notre association n’ont jamais eu entre les mains les documents officiels, en conséquence ils n’ont jamais pu contrôler le projet. Il s’agit pourtant d’une somme autour de 113 millions d’euros gérée au départ par le GIE Sud Habitat (de la Région) et aujourd’hui par la SERM. Il y a eu un jeu de renvoi de balle entre la Mairie et la Préfecture, depuis 2005. La Mairie renvoie sur l’Agglomération pour les relogements. De 2005 à 2009, 2 cages d’escaliers ont été détruites, la Maison pour Tous a été construite ainsi qu’un bâtiment Arthur Young pouvant loger 42 familles et géré par ACM. Ce bâtiment était prévu pour héberger 21 familles du Petit Bard. Suite à une mobilisation pendant les municipales, il est occupé à 100% par des habitants du Petit Bard. »

Motivés: « La population du Petit Bard se bat depuis des années. L’association « Justice pour le Petit Bard » développe une forte activité à la fois sur le plan juridique et sur le plan organisationnel. Ils viennent d’occuper la Maison pour Tous pour faire pression sur la Mairie et les bailleurs sociaux. Peut-on parler d’autoorganisation et de tradition de lutte ? »

Khalid: « Suite à l’incendie de 3h du matin, les gens ne sont pas rentrés chez eux. Ils ont décidé d’occuper le local de la SERM et en fin de journée ils ont commencé à organiser une occupation longue à la Maison pour Tous. Cette décision positive a été prise par les habitants. Bien entendu, Justice pour le Petit Bard a soutenu et accompagné. Ils sont restés dans la Maison pour Tous durant un mois et demi, s’autogérant de A à Z pour les enfants, l’école, les repas, le travail… Les discussions avec les élus de la Mairie se sont toujours faites avec notre association et des habitants en toute transparence dans la Maison pour Tous et non pas à la Mairie comme le souhaitaient les élus. »

Motivés: « Comment jugez vous l’action de la Mairie ? »

Khalid: « Une action extrêmement lente et sans aucune transparence. Il semble pour le moment qu’il y ait une autre volonté. Peut être que les tensions Mandroux – Frêche n’y sont pas pour rien. Le fait que la municipalité ait traîné, les retards pris cela pose des questions pour l’avenir sur l’engagement financier de l’ANRU (agence nationale de rénovation urbaine). Le projet doit être terminé en 2013. De leur côté, les bailleurs sociaux n’ont pas pris en compte l’urgence de la situation et ont mal traité le positionnement des familles sur les logements proposés pour le relogement. Des propositions ne correspondaient ni au nombre de personnes, ni aux attentes de la famille. Cette situation a créé des refus de la part de familles du Petit Bard alors que d’autres familles auraient accepté un tel logement.

Motivés: « Quels sont aujourd’hui les questions majeures pour les habitants et les objectifs de votre association ? »

Khalid: « Nous continuons à suivre le dossier général. La baisse des charges avait été promise, elle ne s’est jamais réalisée. Les habitants continuent à payer bien plus cher qu’ailleurs. Nous accompagnons les familles pour leur relogement . Il reste 24 familles à reloger, nous espérons que les prochaines commissions vont apporter des solutions mais nous notons la quasi absence de logements T5 ou T6. Nous défendons les petits propriétaires occupants, il en reste moins de 50.

Propos recueillis par Francis Viguié

Pour joindre l’association : http://justice-petitbard.over-blog.org/

ARTICLE PARU SUR LE SITE DE MONTPELLIER JOURNAL (25 avril)….EXTRAITS

Petit Bard : la mairie et ACM viennent de se souvenir qu’il y a urgence à reloger

…. « Deux conférences de presse en huit jours. Christian Bouillé, l’adjoint au maire en charge de la rénovation urbaine, ne ménage pas sa peine pour convaincre la presse – et donc les citoyens – que la mairie de Montpellier et les bailleurs sociaux (ACM et l’Hérault habitat essentiellement) font leur maximum pour reloger les familles du Petit Bard qui occupe la Maison pour tous François Villon depuis un début de feu, au pied de leur immeuble le 18 mars. Et alors que les habitants vivent depuis de nombreuses années dans des conditions déplorables et que les relogements avançaient lentement, Christian Bouillé trouve aujourd’hui que ça ne va pas assez vite.

……Pression des habitants :

Mais il y a un chiffre que Christian Bouillé n’a pas mis en avant….c’est le nombre de familles qui n’avaient reçu aucune proposition avant le 18 mars….Il s’élève à 25 et montre bien que les bailleurs sociaux n’ont pas déployé les mêmes efforts pendant les mois qui ont précédé le feu que ceux qu’ils semblent mettre en œuvre aujourd’hui sous la pression des habitants. Ainsi seulement 8 jours après le début de l’occupation, Hélène Mandroux, lors d’une conférence de presse, parvenait à sortir de son chapeau 61 propositions de relogements (42 pour ACM et 19 pour Hérault habitat). Et le maire d’annoncer qu’elles seraient faites aux habitants d’ici fin juin puisqu’étalées sur trois commissions d’attribution (1).

Et avant le 18 mars, combien de propositions ont été réellement faites pour reloger les 154 familles du bâtiment A ? Khalid El Hout de Justice pour Petit Bard évoque 3-4 propositions par mois alors que tout le monde s’accorde pour dire qu’il en aurait fallu une petite quinzaine (le planning initial prévoyait la fin de la démolition du bâtiment A au 1er trimestre 2010)…. »

(1) Il reste 3 commissions prévues : le 9 juin, le 7 juillet et le 28 juillet (note Motivé-es)

Lire l’intégralité de l’article de Jacques-Olivier Teyssier sur http://www.montpellier-journal.fr/

Merci à Montpellier Journal de nous avoir permis de publier ces extraits. Sur le site on pourra retrouver d’autres articles sur Petit Bard et plein d’autres informations et même soutenir son activité en faisant un don.

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