Retraites 20 000 manifestants à Nîmes et Montpellier


20 000 personnes ont manifesté à Montpellier contre le projet de loi sur les retraites, la manifestation a d’ailleurs fait une boucle dans l’écusson. Photos et compte rendu ci-dessous
Voir aussi la Une de Midi Libre avec notre camarade Valia :Retraites Près de 20 000 personnes dans les rues de Montpellier
Lire ci-dessous les comptes rendus des manifestations en région

Paroles de manifestants (tiré de Midi Libre)

Françoise, 42 ans, commerciale chez Kiabi : « Ça bouge dans le privé ! Les politiques doivent arrêter de faire la sourde oreille. Ce sont les salariés qui créent la richesse du pays. Il faut un âge de la retraite et des salaires décents. On espérait une forte mobilisation, elle a eu lieu. » Armand, 26 ans, électromécanicien : « Cette réforme est inacceptable. Ils vont la faire passer en juillet, pendant les vacances. Ce sont des filous ! Je fais un métier usant… Je me vois mal continuer jusqu’à 67 ans. La réforme repose à 90 % sur les salariés. C’est trop ! On est prêt à faire des efforts mais il faut aussi taxer les actionnaires et les banques. Le gouvernement doit également diminuer son train de vie. » Chloé, 35 ans, fonctionnaire à l’Agglo : « Ils nous demandent de faire plus d’études mais repoussent l’âge de départ à la retraite. Arrêtons de faire payer les salariés ! Pendant ce temps, ils baissent les impôts des riches et maintiennent le bouclier fiscal. » Andéol, son fils de 7 ans : « Maman est jolie quand elle est en colère. » Pierre, 67 ans, retraité de l’enseignement : « Le capitalisme dans toute sa splendeur ! Je me bats pour les jeunes. Les droits acquis partent en fumée. Ils vont travailler jusqu’à épuisement. Notre pouvoir, c’est le nombre. La retraite à 60 ans, un point c’est tout ! » (Midi Libre du 25 juin 2010)

A Béziers, l’appel à la mobilisation a été entendu (ML)

Environ deux mille selon la police, plus de cinq mille si l’on en croit les syndicats, on retrouve l’écart habituel entre les estimations. La vérité se situe entre ces deux chiffres. Mais une chose est sûre : il y a longtemps qu’on n’avait plus vu une manifestation d’une telle ampleur à Béziers.

Le thème de la lutte contre la réforme des retraites s’est avéré mobilisateur hier. Cela augurait d’un cortège autrement plus important à Montpellier l’après-midi.
Au moment de la dispersion, au retour devant la bourse du travail, les syndicats espéraient un rassemblement de 40 000 personnes dans la capitale régionale.
Les six organisations qui ont lancé un appel commun à manifester étaient bien représentées. On mettra un bémol en ce qui concerne les lycéens et étudiants. Mais pour eux la période n’est pas favorable : ils sont pris par les examens.

De même, les élus socialistes et communistes étaient présents en nombre hier matin.
S’il s’est avéré mobilisateur, le thème du mouvement a également inspiré les créateurs de slogans : « La retraite avant la mort », « Pas de jeunes dans la galère, pas de vieux dans la misère », « Des réformes avec nous, pas contre nous », « Non au bouclier fiscal, oui au bouclier social »…, pouvait-on lire pêle-mêle. La manifestation s’est déroulée dans un esprit bon enfant hier matin. Malgré le nombre important de manifestants, ce sont bien les sonos accompagnant le cortège et surtout les pétards d’alerte apportés par les cheminots qui ont fait le plus de bruit.

A propos de bruit, certains ont relevé une étrange coïncidence dans la présence d’élagueurs travaillant à la tronçonneuse place David-d’Angers au moment de la prise de parole d’avant-cortège… Celle-ci a tout même permis de rappeler à tous pourquoi ils étaient là : « Dans le Biterrois, 16 % des actifs sont au chômage. La retraite à 60 ans, c’est possible par la redistribution des richesses créées par les salariés et l’arrêt des exonérations patronales. » Quant au fait de ne même plus s’arrêter à la sous-préfecture, « de toute façon, le sous-préfet ne veut jamais nous recevoir, on a toujours affaire à un sous-fifre… » (Midi Libre 25 juin 2010)

Beziers. « Nous sommes là pour nos enfants » (Midi Libre)

Parmi les manifestants se trouvaient des retraités hier, donc pas directement concernés par la réforme annoncée. « Nous sommes là pour nos enfants et petits-enfants », indiquait ce couple de Biterrois. « Et puis, il y a des choses qu’on ne peut pas laisser faire », ont-ils ajouté.

Cette dernière remarque venait en écho d’un slogan déployé sur une banderole : « Assez de cadeaux pour la France d’en haut, assez de coups bas pour la France d’en bas ! » A noter par ailleurs que, loin de provoquer des réactions hostiles sur son passage, la manifestation a plutôt reçu des témoignages de soutien, des applaudissements même par endroits.

Joan-Loís Escafit, secrétaire de l’Union locale CFDT , fait partie de ceux qui se sont réjouis de constater une telle mobilisation à Béziers
: « Il fallait bien ça, a-t-il déclaré. Ils sont en train de remettre en cause le système par répartition alors si on ne réagit pas là-dessus… » Le syndicaliste ne nie pas la nécessité de réformer le système « mais ce qu’ils proposent est injuste et en plus c’est un emplâtre sur une jambe de bois : ces mesures n’auraient d’effets qu’à courte échéance ».

Aimé Couquet, conseiller municipal communiste, a lui aussi apprécié l’importance de la manifestation. « Et il y avait plus de jeunes que d’habitude », a-t-il observé.
Il est de ceux qui pensent qu’une forte mobilisation peut faire bouger les choses « mais pour faire quoi après ? », interroge-t-il.

« Plus de 5 000 à Béziers, encore beaucoup plus cet après-midi à Montpellier… Il faudra bien que le gouvernement nous entende », déclarait un porte-parole de la CGT à l’issue du cortège.
Plus tôt dans la matinée, il avait rappelé que les élus sont « sur un siège éjectable ». Mais en ce qui concerne les présidentielles, l’échéance c’est encore dans plus de deux ans. D’ici là, la réforme pourrait avoir commencé à être mise en oeuvre. (Midi Libre 25 juin 2010)

Sete. Manif Ils n’ont pas battu en retraite (ML)

Deux à trois cents personnes ont manifesté hier matin à l’appel des organisations syndicales pour défendre les retraites et dénoncer le projet du gouvernement. Le cortège a défilé dans les rues de Sète avant de rejoindre la manifestation départementale à Montpellier qui a réuni entre 13 000 et 20 000 personnes (Midi Libre 25 juin 2010)

Uzès, Bagnols, Alès : forte mobilisation (ML)

A l’appel du comité unitaire de défense des retraites Uzège – Pont du Gard, plus de 400 personnes ont défilé dans les rues d’Uzès pour dénoncer la durée de cotisation et le report, à 62 ans, de l’âge de départ en retraite.

Pour Alès, hier matin, ils étaient 3 000 selon la police, 6 000 selon les organisateurs, dont certains ont même annoncé 10 000, au pic de la manifestation. « C’est un record, se réjouissait Fabrice Durand, de l’union locale CGT. En 2009 on croyait avoir fait fort, mais là c’est encore mieux. » A Bagnols aussi, forte mobilisation. Les organisateurs ont compté 1 200, voire 1 500 personnes dans les rues quand la police n’en recensait que 600. (Midi Libre 15 juin 2010)

Nimes. Plus de 12 000 manifestants (ML)

La police est plus qu’affirmative : la manifestation d’hier n’a pas rassemblé plus de 4 500 personnes à Nîmes.

Un chiffre qui ne manquera pas d’ulcérer nombre de manifestants, sachant que le parcours initial a été accru au dernier moment pour la bonne raison que la tête du cortège avait dépassé La Coupole, sur le Gambetta, quand les derniers rangs se mettaient à peine en mouvement, au départ de Feuchères.

Les syndicats annonçant de leur côté plus de 20 000 personnes, la vérité pourrait être de l’ordre de 12 000 ou 13 000 manifestants, ce qui permet de dire que la mobilisation annoncée par les syndicats a eu lieu, mais qu’elle a été handicapée par l’absence de Force Ouvrière, bien implantée dans la fonction publique.

« C’est un succès incontestable et la mobilisation
ne fait que commencer », explique la CGT. « On sent que ça bouge et ça montre que cette réforme ne passera pas », pour FSU. « C’est une très forte mobilisation. Il y a même des salariés de l’Urssaf qui n’ont jamais fait grève, ni manifesté », dit l’Unsa. « C’est normal que les salariés soient excédés. On leur demande de travailler plus longtemps, mais aujourd’hui ils ne sont pas au travail, ils sont au chômage », note la CFDT.

Dans le cortège, où les participants d’un certain âge ont tenu une place importante, on marchait sans se presser et le plus souvent sans drapeau ni banderole. Mais les jeunes de l’Unsa ont sorti les déambulateurs, tandis que d’autres brandissaient des dessins de dentiers dans des verres à dent. Sur le trajet, les sans-papiers se sont joints au défilé qui a bouclé le tour des boulevards dans une ambiance plus détendue que portée par les slogans.

Parmi les écrits, on notera cependant « On veut pas mourir au boulot », « Politique de casse, politique de classe », « Les privilégiés, c’est pas les retraités, c’est le Medef et l’Elysée », « On veut pas d’une retraite sur des roulettes »… Un goût d’été (lunettes de soleil, bermudas et couvre-chefs étaient de sortie), un tour de chauffe avant la rentrée, où tout se jouera. (Midi Libre 25 juin 2010)

Nimes. TÉMOIGNAGES Danièle, 66 ans (ML)

« C’est la première fois que je manifeste. J’ai commencé à travailler à l’âge de 14 ans. Auxiliaire de crèche, je me suis arrêtée parce que je faisais des lombalgies à répétition. J’ai 700 € de retraite. Pendant ce temps, il en y a qui s’en mettent plein les poches. Il faut revoir le financement des retraites. » « Je suis syndiquée au Snalc. Je ne suis pas forcément là pour m’opposer à la retraite à 62 ans mais surtout parce qu’il est révoltant d’obliger les gens ayant commencé jeunes, à 16 ans, à travailler aussi longtemps. Je suis également là car il est anormal qu’on ne se préoccupe pas du sort de ceux qui ont fait des métiers pénibles, physiquement ou psychiquement, qu’à l’âge de 60 ans. »
« J’ai 620 € de retraite par mois et mon mari 980 €. J’étais assistante maternelle
et il était mécanicien. C’est la première fois que je manifeste de toute ma vie et peut-être pas la dernière, si j’y arrive. Je le fais pour mes enfants et petits-enfants. Arrêter de travailler à 62 ans est injuste pour ceux qui font des métiers pénibles », explique Paule, 78 ans, venue tout exprès d’Uchaud avec son mari, Alexandre, 80 ans. Lequel explique : « Je me suis arrêté de distribuer des prospectus il y a trois mois. Je l’ai fait pendant sept ans pour améliorer ce qu’on nous donne. En fait, on m’a licencié en me disant que j’étais trop vieux pour continuer. » (Midi Libre 25 juin 2010)

Nimes. TÉMOIGNAGES Monique, 62 ans (ML)

« Quand on arrive à mon âge, on est usé. Plus souvent chez le médecin qu’au Club Med. Notre génération a commencé à travailler très jeune. Les gens qui sont arrivés au bout doivent pouvoir partir normalement. Au Sénat, on leur permet d’aller jusqu’à 90 ans ? Ils ont le cul sur une chaise ! » « Il y a beaucoup de cadres dans cette manif, mais cette réforme est particulièrement injuste pour les ouvriers. On nous en demande de plus en plus. C’est le sens des nouvelles gouvernances. C’est comme à l’hôpital, où l’on s’achemine peu à peu vers une gestion privatisée. » « Je suis solidaire avec les catégories professionnelles qui subissent la pénibilité. Je ne suis pas d’accord avec l’augmentation de cotisations imposée aux fonctionnaires sans augmentation de salaire. Je suis jeune, je veux des enfants
mais je suis déjà inquiète pour leur avenir. » « Educatrice spécialisée, je me vois mal courir après les jeunes en fauteuil roulant. Notre profession est l’une des rares à pénétrer chez les gens, à être confrontée à la misère humaine… Moi je devrais travailler jusqu’à 63 ans, avec le stress dû à mon métier, j’en aurais 68 ! » (Midi Libre 25 juin 2010)

Ales. Record de mobilisation pour défendre les retraites (ML)

Une foule telle que les mémoires alésiennes n’en ont sûrement jamais vue. Hier matin, ils étaient 3 000 selon la police et 6 000 selon les organisateurs, qui ont même avancé le chiffre de 10 000 au pic du rassemblement. « C’est un record, se réjouit Fabrice Durand, de l’Union locale CGT. En mars 2009, on croyait avoir fait fort, mais là c’est encore mieux. » Réuni devant le magasin Fabio Lucci (en 2006, ses salariés en colère ont occupé les lieux des jours entiers), le cortège s’est élancé dès 10 h 30, bien décidé à peser dans le débat national contre la réforme du système des retraites. C’est à travers la zone commerciale de la rocade Sud que, pour la première fois, la manifestation s’est déroulée. Un parcours d’un symbolisme frappant puisque jonché d’enseignes et, donc, d’employés.

« Allons les chercher ! », incite une manifestante dans son micro. Call Expert, Merlin Gérin ou encore l’Amadopah, qui éprouvent actuellement des difficultés, n’ont pas manqué de rejoindre l’appel unitaire des syndicats. « On est là pour les retraites, mais aussi pour nos emplois », indique Stéphanie Mallia, déléguée syndicale de Call Expert. L’Internationale, Motivés et Comandante Che Guevara sont de la partie.
Blocage de la circulation, distribution de tracts, pancartes mordantes, slogans acérés, les milliers de mécontents ne sont pas passés inaperçus. A ceux qui se sont placés en haut du rond-point de la deux fois deux voies, la vue sur le pont du Gardon a paru impressionnante. « Sur le pont du Gardon, on défile, on défile », grésillait le micro sur l’air d’Avignon.

Point d’arrivée : Cora. Si les salariés de Fabio Lucci, Conforama et Monoprix se sont déplacés en masse (90 % de Monoprix selon la CGT), ceux de Cora auraient été priés par leur direction de ne pas bouger. « Ils ont peur de la répression syndicale », assure Olivier Bireaud, cégétiste. L’entrée de Cora est légèrement forcée mais les vigiles résistent. Les manifestants n’iront pas plus loin. Retour à la case départ pour un cortège dispersé mais satisfait. De ci, de là, on promet de continuer la lutte jusqu’en septembre, date de présentation du projet de loi à l’assemblée nationale. (Midi Libre 25 juin 2010)

Alès Paroles de manifestants

Enseignante, bientôt à la retraite. « On est là pour tout le monde, le public et le privé. Il faut défendre le droit des générations futures à avoir une bonne retraite. Je suis persuadée qu’il y a de l’argent mais qu’il est mal réparti. Comme d’habitude, c’est la logique de profit qui gagne. J’espérais voir beaucoup de monde et je ne suis pas déçue ! Même plutôt ravie de voir qu’Alès se mobilise de cette façon. Ça augure de belles choses pour la manifestation de cet après-midi (hier NDLR) à Nîmes. Il faut que ça continue, qu’il y ait d’autres rassemblements afin de faire reculer le gouvernement. Je ne serais pas là si je n’y croyais pas. En tant qu’enseignante, je défends les maternelles, qui sont en danger sans que cela se sache vraiment. Il ne faut pas que la Coupe du monde occulte tout le
reste de l’actualité ! »
Costumière à la retraite. « Je suis d’abord là pour soutenir ma fille, qui travaille à l’Amadopah (association pour le maintien des personnes âgées à domicile, NDLR). Son emploi et celui de ses collègues sont menacés car les conditions de travail s’aggravent de jour en jour. Le problème, c’est que c’est aussi le cas de nombreux Français. Il ne faut pas laisser faire, c’est une priorité. En tout cas c’est la nôtre, à défaut de celle du gouvernement.

Je suis de tous les mouvements sociaux, même si je ne travaille plus depuis 5 ans. Je n’aurais pas aimé qu’on me dise que je devais travailler plus longtemps, j’en ai assez fait pour payer les études de mes enfants. Ça suffisait. Il faut que l’on soit nombreux. Je suis impressionnée par la foule de ce matin, c’est la première fois que je vois
autant de monde. »
Fonctionnaire. « C’était très important pour moi d’être ici car j’ai quatre enfants. C’est à eux que je pense, à leur avenir. D’ailleurs on est venu en famille, avec ma mère, ma soeur et les enfants, pour montrer à quel point ça nous tient à coeur, de défendre l’emploi et l’âge de départ à la retraite. C’est symbolique. Il faut qu’on vienne en masse car on est là pour tout le monde, pas seulement pour nous.

J’y crois. Si on bouge tous, j’y crois. Mais il faut y aller, se réunir, faire poids. Il n’y aura que comme ça que le gouvernement reculera. Je manifeste depuis que je suis dans le berceau, c’est en moi et je ne vais pas m’arrêter là. Le boulot, c’est important. Je me suis syndiquée pour le défendre et je serai de toutes les manifestations, du moins tant que mon boulot me le permet.
»
Maçon. « La retraite à 60 ans, c’est un droit, un acquis social ! Je suis maçon, mon métier est pénible, je ne me vois pas travailler jusqu’à 65 ans, c’est inconcevable. Je ne pensais pas qu’on en arriverait là, c’est pour ça que je suis venu, pour ça aussi que je ferai toutes les autres manifestations qui seront organisées pour combattre ce projet de loi. Cet après-midi, j’enchaîne d’ailleurs avec Nîmes (hier). À mon avis il y aura beaucoup de monde, et dans la France entière pareil, c’est ce qu’il faut.

Ici à Alès, il y a du monde, mais j’en espérais encore plus. Pour moi, ce n’est jamais assez. Il faut qu’on fasse comme en 95, qu’on bloque tout : les transports, les écoles, le commerce. Il n’y a que comme ça que ça marche, que comme ça qu’on arrive à quelque chose. Il faut faire pression.
» (Midi Libre 25 juin 2010)

Carcassonne. ils étaient près de 4 000 dans la rue (ML)

On avait rarement vu pareille mobilisation dans les rues de Carcassonne, pour protester contre le président Sarkozy et les réformes du gouvernement.
Salaires, protection sociale, emplois, service public, retraites… Ils étaient près de 4 000 – 2 900 selon la police -, à battre le pavé, hier matin, autour des boulevards de la préfecture audoise. Un appel à manifester lancé par six syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, Unsa), qui a rassemblé une très large population, qu’elle soit issue du secteur public ou du secteur privé.

Un a un, les représentants syndicaux ont dénoncé le rejet, par les salariés, « d’une politique injuste sur le plan social et inefficace sur le plan économique ». Fredi Forato, pour la CGT, a qualifié le projet du gouvernement « d’inacceptable »,
avant d’appeler les manifestants « à rester mobilisés, car la bagarre ne fait que commencer… » Tout au long du cortège, auquel certains élus de gauche s’étaient greffés, les salariés et les retraités ont martelé qu’ils souhaitaient une meilleure répartition des richesses et une réduction des inégalités. Avec notamment une retraite pour tous à partir de 60 ans et non à 62 ans. « La réforme sévit, la retraite se vit ». Tel a été le maître mot de ce grand rassemblement, qui est apparu comme une répétition générale, en vue d’élaborer une unité d’action pour la rentrée de septembre. (Midi Libre 25 juin 2010)

Narbonne. La mobilisation enfle pour l’emploi et les retraites (ML)

Ils n’atteignaient pas le millier le 1 er mai, et dépassaient les 2 000, le 27 mai dernier

Depuis la présentation, le 16 juin, du projet gouvernemental de réforme des retraites, la mobilisation syndicale s’est clairement durcie. Ils étaient ainsi près de 4 500 dans les rues de la ville, hier, à l’appel de l’intersyndicale dont seule FO s’était exclue.

Leitmotiv. Devant la Médiathèque, les responsables syndicaux se succédaient au micro. Pour des discours dans lequel un mot revenait en leitmotiv, « injuste » . Décliné autour d’arguments divers. Extraits : « C’est un projet inacceptable, brutal, un recul social » , selon l’Unsa ; « Un projet qui ne garantit rien pour l’avenir » , selon la CFDT ; « Il faudra travailler plus longtemps pour gagner moins ; femmes et jeunes vont être particulièrement pénalisés » , pour la FSU ; « L’argent des retraites, c’est le nôtre, le fruit de notre
travail, il doit nous revenir ; mobilisons, organisons la riposte » , concluait la CGT.

Déterminés, mais avec humour. A Christophe Garreta, de la CGT, le plus bel effet. En conclusion de son intervention, il évoquait « l’élimination de l’équipe de France de foot, affaire entendue… (sifflets multiples) mais la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, elle, ne fait que commencer » . Sur les banderoles ou autres panneaux étalés dans le cortège – depuis la Médiathèque jusqu’à la grillade devant la sous-préfecture – on a pu lire : “Merci patron, pour une misère égalitaire”, “Travailler deux ans de plus pour payer les cigares”. Entre autres.

Remarqués. Les postiers ont pris la tête du cortège, derrière la banderole intersyndicale et devant les représentants du privé. Parmi lesquels une forte délégation des salariés des Genêts, qui avait rejoint la manifestation après une courte marche isolée. BTP, Inra, Comurhex, Veolia étaient présents. Entre une cloche des alpages et une fourche paysanne, la chorale Chiffon Rouge entonnait ses chants.
Côté grève. Le service minimum d’accueil a été mis en place hier. Avec difficultés puisque les agents territoriaux, eux aussi, suivaient le mouvement. Quelque 27 enfants ont été accueillis. Alors que, dans le secondaire, la fin des cours rendait ardues les statistiques, les services municipaux étaient informés, à 9 h de la fermeture de 19 classes maternelles et 8 élémentaires, sur la ville. En gare de Narbonne 75 à 80 % de cheminots avaient débrayé.

Rendez-vous. L’intersyndicale donnait rendez-vous pour une nouvelle mobilisation, le 13 juillet, jour d’étude du projet en conseil des Ministres. (Midi Libre 25 juin 2010)

Perpignan. Lu sur les banderoles (ML)

“Sarko entends-tu l’appel du 24 juin ?” “Ne vous laissez pas endormir par n’importe qui !” “Futurs retraités, tous au régime !” “Le monde du travail sous une chape de plomb” “Arrêtez de nous raconter des salades” “Papi Bernat défend ta retraite” Entendu dans la rue “On est devant la CCI, le deuxième “partenaire” qu’on voulait visiter aujourd’hui ! Faites du bruit !” “Non aux travaux forcés !” “Et dire qu’en ce moment Sarkozy reçoit Thierry Henry ! Il n’a pas mieux à faire ?” “Zooooooooooooooooo” (le son d’une vuvuzela entendu boulevard Clemenceau) (Midi Libre 25 juin 2010)

Perpignan. Vu dans le cortège (ML)

Vu dans le cortège La même colère et les mêmes revendications ont réuni sur le pavé des professions très différentes. Hier matin, les employés de chez Peugeot manifestaient à côté de ceux de Carrefour ou Leroy Merlin. La justice avait aussi rejoint le mouvement, tout comme les dockers et les douaniers de Port-Vendres, les anesthésistes ou les enseignants. Sans oublier les aides à domicile de l’ADMR, le personnel de l’hôpital de Perpignan et la fédération des transports. En tête de cortège, le collectif Pas de bébés à la consigne n’a pas manqué de rappeler son engagement pour améliorer les modes d’accueil des jeunes enfants, suivi de près par l’IUFM et les employés du Crédit Agricole…

De la même manière, la manifestation a aussi rassemblé quelques politiques locaux dont Nicolas Garcia,
Jean Vila, Robert Garrabé, Jacqueline Amiel-Donat, Clotilde Ripoull, Christian Bourquin, Jacques Pumareda…
Tandis que les élus nationaux manquaient à l’appel. L’intersyndicale, reçue en préfecture, déplorait l’absence des parlementaires catalans qu’ils avaient invités : “Ils n’ont pas pris la peine de nous signaler leur absence, nous laissons donc les gens tirer les conséquences qui s’imposent” . (ML 25 juin 2010)

Mende. 2 000 personnes ont défilé dans la rue (ML)

« Libérez les salaires, enfermez Sarkozy dans le car des Bleus. » Cette manifestation du 24 juin a aussi connu l’effet coupe du Monde. Mais contrairement à l’équipe de France, les Lozériens ont massivement répondu à l’appel lancé par les syndicats. Le défilé a emprunté le tour des boulevards pour protester notamment contre la réforme des retraites engagée par le gouvernement. Quelque 2 000 personnes, selon les organisateurs, 1 200, pour la police, ont défilé dans les rues de la préfecture lozérienne, hier en fin d’après-midi. « C’est une mobilisation importante, lançait Joël Illes, le responsable de la fédération syndicale unitaire (FSU), et il y en aura d’autres. » Les syndicats prévoient plusieurs opérations durant l’été pour préparer au mieux la
rentrée de septembre. (ML 25 juin 2010)

Une boucle : Lorsque la tête de manif est revenue au point de départ (Peyrou), les derniers manifestants le quittaient





























INFOS DE MIDI LIBRE

« Une mobilisation exceptionnelle » selon les syndicats, pour manifester leur refus de voir le projet du gouvernement sur les retraites appliqué dans sa configuration actuelle. « Près de 2 millions de Français dans la rue» selon les organisateurs, 797 000 pour le ministère de l’intérieur. Les principaux syndicats s’opposent au relèvement de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ en retraite, levier principal choisi par le gouvernement pour juguler les déficits croissants des régimes de retraite. « Pour l’instant, ce printemps tout est calme, mais on peut craindre des actions incontrôlées à la rentrée si rien ne devait avancer sur ce dossier » estime une responsable syndicale de la CFDT.

Le point ville par ville

ALES :

De 10 h à 12 h, les manifestants étaient entre 3 000 et 6 000 à Alès. « Un record » selon les observateurs. Le cortège a défilé cette fois-ci à partir de la rocade sud, puis est remonté vers les commerces.

AVIGNON :

Plus de 20 000 manifestants ont défilé dans les rues d’Avignon cet après-midi. « Une mobilisation exceptionnelle, de jamais vu depuis le CPE », affirment les syndicats. Le parcours du défilé a dû être modifié à la dernière minute pour absorber la foule des manifestants.

BEZIERS :

Entre 3 000 et 5 000 personnes étaient dans les rues de Béziers ce matin. Le défilé unitaire, où manquait Force Ouvrière, s’est étiré lentement en ville sans incident.

CARCASSONNE :

2 900 manifestants selon les forces de l’ordre, 4 000 pour les syndicats. Les manifestants ont fait le tour des boulevards. Les observateurs pouvaient entendre : « Salaires, protection sociale, emploi, services publics, retraites… tous ensemble dans l’arène pour réussir »

MILLAU :

800 personnes étaient dans la rue ce matin à Millau. Il exigeaient, entre autres slogans : « Du travail pour les jeunes, la retraites pour les vieux »

MONTPELLIER :

Il y en avait des vieux et des presque retraités, mais il y avait aussi des mères de famille, des fonctionnaires, des salariés du privé, des étudiants, des sportifs… Et tous syndicats confondus. En une heure, coudes à coudes, ces 15 à 20 000 manifestants ont fait une petite boucle dans l’Ecusson (où pour cause de travaux il est impossible de circuler et même à pieds) en scandant des slogans contre la politique sociale du gouvernement : « Travailler plus pour qu’ils en profitent plus » à titre d’exemple. Un « round de chauffe avant les manifestations qui se préparent pour septembre », avertissent les responsables syndicaux.

NARBONNE :

La ville comptait ce matin entre 4 000 et 5 500 manifestants, défilant de boulevard en boulevard. Un slogan affichait : « Travailler deux ans de plus… pour payer les cigares ! » (en référence aux 12 000 euros de cigares consommés par le secrétaire d’Etat Christian Blanc, et payés par les deniers publics, ndlr.)

NIMES :

Les organisateurs de la manifestation nîmoise, dont le tracé a été prolongé à la dernière minute du fait de la taille du cortège, sont satisfaits : pour eux, c’est un succès qui promet une rentrée sociale musclée si le gouvernement maintient sa réforme des retraites. Ils annoncent plus de 20 000 manifestants venus de tout le département, plus de deux fois plus qu’il n’y en avait le 27 mai. De son côté, la police assure que le cortège ne dépassait pas 4 500 personnes, un chiffre qui ne devrait pas manquer de surprendre les manifestants.

PERPIGNAN :

Du centre-ville du Castillet aux quais, en passant par la place de Catalogne, pas moins de 10 000 manifestants exprimaient leur refus de la réforme des retraites.

RODEZ :

Venus de tout l’Aveyron et notamment du Bassin de Decazeville, plus de 5 000 manifestants (3 700 selon la police, plus de 6 000 selon les organisateurs) ont défilé sous un soleil de plomb, cet après-midi à Rodez. Après avoir organisé un barrage filtrant de la circulation au giratoire de Calcomier, le cortège s’est ébranlé de Bourran pour rejoindre, via le Foirail et l’avenue Victor-Hugo, la place d’Armes. Là, les leaders syndicaux David Gistau (CGT), Nadine Bonal (CFDT), Ingrid Trémouilles (Unsa), Martine Hantz (Solidaires) et Jean-Luc Tornero ont stigmatisé et vertement repoussé la réforme présentée par le gouvernement. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la Préfecture où une délégation a été reçue par Danièle Polvé-Montmasson, la représentante de l’Etat.

LES AUTRES VILLES AU FIL DE L’APRES-MIDI…

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