Succès de la réunion publique de Ganges sur “Exode urbain, exil rural … des pauvres relégués à la campagne”

Lu dans Midi Libre : Ganges « La pauvreté dans la campagne est taboue » (voir lien en fin d’article)

La salle des mariages de Ganges n’était pas assez grande samedi soir pour accueillir les 120 personnes venues débattre avec Gatien Elie, Allan Popelard, et Paul Vannier, de retour dans la région à l’invitation du NPA, du PC et du PG, avec la participation du Secours populaire.


Leur article « Exode urbain, exil rural » paru dans le Monde Diplomatique d’août 2010 [voir en bas de page], avait fait grand bruit dans le Gangeois, et provoqué, bien involontairement une certaine polémique sur « l’image de Ganges ».

C’est pourquoi, en introduction, les trois géographes ont insisté sur leur choix de départ d’illustrer un phénomène national de paupérisation des campagnes par l’exemple de Ganges et non de stigmatiser une région. Il s’agissait pour eux de rendre visible la question sociale de la pauvreté souvent réduite à la pauvreté urbaine.

Ils ont déploré les reportages qui ont suivi cet article, réalisés par d’autres médias, révélateurs du caractère « moutonnier » des journalistes.

Un court exposé à trois voix a resitué les données nationales de cet « exil rural » forcé des classes populaires, de cette éviction des ouvriers et employés à la grande périphérie des villes, soulignant que l’on ne réglait pas des problèmes économiques et sociaux en changeant de lieux : en forçant le trait on pourrait parfois parler de « ghetto rural » tant le phénomène de relégation est ressenti.

Les intervenants ont ensuite laissé place au débat. Celui-ci fut riche et créatif.

Nathalie, responsable du Secours populaire de Ganges, a alerté l’assistance sur l’augmentation du nombre de personnes qui font appel aux associations caritatives, non seulement allocataires de minimas sociaux, mais aussi salariés précaires et retraités (au total pour Ganges 9,7% de la population).

On est parti de l’analyse de la mise en concurrence des territoires dans le système capitaliste, et de la politique de concentration et de prestige menée par Georges Frèche en faveur de la métropole montpelliéraine, (1000 habitants supplémentaires par mois dans l’Hérault), et de la relégation des précaires toujours plus loin de la ville.

On a parlé, mobilité, transports, habitat, spécialisation de la main d’œuvre, relocalisation de l’économie, protectionnisme et échanges, prévention, culture et initiatives locales.

On a débattu aussi de l’intérêt de l’engagement politique et du rôle des partis, ainsi que du cadre possible d’actions. Certaines personnes présentes ont décidé de créer un collectif qui va poursuivre la réflexion en vue d’actions concrètes locales, comme la relocalisation de la restauration scolaire, le problème du logement ou les projets des jeunes.

Un généreux buffet, préparé par le Secours Populaire, a permis ensuite de poursuivre la discussion de façon plus informelle.

Le dynamisme de cette soirée met en lumière la résistance des habitants d’une région vis-à-vis de la politique actuelle et leur résolution à s’organiser pour changer le cours des choses. Exemple à suivre…

L’article du Diplo : Exode urbain, exil rural

Lu dans Midi Libre : Ganges « La pauvreté dans la campagne est taboue »


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