A Béziers, près de 200 personnes contre le colloque d’extrême-droite de Ménard

Samedi 04 mars, alors que se tenait le colloque sur « l’islamisation de l’Europe », une manifestation antifasciste rassemblait près de 200 personnes pour dénoncer la stigmatisation à répétition d’une partie de la population – cette fois encore les musulmans mais aussi  les migrants, les homosexuels, les pauvres, l’attaque contre les opposants – avec comme objectif d’alimenter encore la peur, la haine et la division. L’enjeu était de mobiliser afin de montrer l’opposition à l’extrême-droite qui gère la ville et à ses idées nauséabondes ici et ailleurs.

 

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Prises de paroles…

 

A tour de rôle, représentant-e-s de partis, syndicats, associations, du culte musulman aussi, et tout simplement citoyen-ne-s, ont pu s’exprimer.

 

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Aymé Couquet du PCF a ainsi dénoncé « l’instrumentalisation de l’islam » à laquelle s’adonne Ménard en vue de diviser la population. Une instrumentalisation qui nourrit fantasmes et amalgames alors que la majorité des musulman-e-s n’aspire qu’à vivre en paix entant que citoyen-n-es jouissant des mêmes droits et devoirs comme l’a rappelé le recteur de la mosquée d’Agde.

 

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Le problème est aussi à resituer à un niveau global, comme l’ont souligné certaines interventions, faisant le parallèle avec la Présidence Trump, la montée en puissance de cette mouvance à l’échelle européenne, et bien-sûr Marine Le Pen aux portes du pouvoir.

Des mouvements ascendants profitant de la misère et de la désespérance sociales (particulièrement fortes à Béziers) pour désigner des bouc-émissaires et apparaître comme des recours.

Yvan Vialette délégué des agents territoriaux à la CGT est intervenu sur l’orientation économique et sociale du FN

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et de Ménard, pro-capitaliste et austéritaire. Derrière un faux nez social c’est une politique contre les travailleurs et les pauvres qui est appliquée (voir par exemple les votes du groupe FN au CR d’Occitanie dont nous rendons compte ici). A Béziers, où chômage, pauvreté et inégalités n’ont cessé d’augmenter, cette réalité peut se mesurer à l’aune du conflit qui oppose les agents municipaux au Maire suite à la décision de celui-ci de supprimer la prime de départ en retraite (voir EVAB), ou à travers la baisse des subventions au CCAS par exemple.

Mathilde Vidal de l’union syndicale Solidaire est revenue sur la « bataille des idées » que mène le Maire depuis son laboratoire biterrois. Contrairement à ce que certain-es auraient pu croire, ce dernier « ne recherche pas seulement le buzz, mais veut aller plus loin que le buzz en inscrivant celui-ci dans une stratégie de construction et propagande idéologiques ».

 

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Marie-Paule Cabrol d’Ensemble, nous a justement appelé à résister en dénonçant cette « banalisation des idées d’extrême-droite » qui se propage au sein de la droite, dans la société ou encore dans la police.

Un citoyen a aussi pu témoigner de son histoire personnelle qui a croisé celle de l’OAS à laquelle l’édile rend si souvent hommage. Il a ainsi évoqué l’immeuble plastiqué par cette organisation, et sa famille habitant au-dessus de la « cible » (un médecin progressiste biterrois). Tous ayant réchappé de justesse à l’explosion. Et nous rappeler que la normalisation de l’extrême-droite tend à nous faire oublier qu’elle se caractérise fondamentalement par la violence et la terreur.

Linda de l’association « Cultures solidaires » a souligné l’importance de la visibilité du combat antifasciste. Montrer en effet que dans la plus grande ville gérée par l’extrême-droite, il y a aussi une opposition et une résistance et « qu’il vaut mieux être peu à résister que beaucoup à ne rien faire ».

Et manif devant le colloque des fachos

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Après ces prises de paroles, le rassemblement s’est mué en défilé jusqu’au Palais des Congrès où se déroulait le colloque, « sécurisé » par une rangée de gardes mobiles. De là nous avons réaffirmé notre opposition à celui-ci en scandant slogans et brandissant pancartes antiracistes et antifascistes avant dissolution.

Une manifestation pluraliste et diverse

Bien qu’ayant rassemblé trop peu de personnes, la manifestation est intéressante à deux titres.

Tout d’abord au regard de la diversité des participants : différentes générations, origines…

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Ensuite elle était pluraliste et unitaire. La convergence des organisations politiques (vraiment) de gauche, des syndicats, des associations, y compris cultuelles au regard des objectifs (et sur un contenu « progressiste »), est stratégiquement pertinente pour la construction d’un mouvement antifasciste.

Bien-sûr l’arc de forces était incomplet (nous déplorons notamment l’invisibilité de France Insoumise malgré la présence de 2 membres du comité biterrois de FI venu à titre individuel alors même que la candidature à la Présidentielle de Jean-Luc Mélenchon participe du combat contre l’extrême-droite). Par ailleurs des divergences persistent au sein du milieu militant biterrois sur l’intérêt de mener la bataille (aussi) de manière « frontale », par des actions visibles qui ciblent directement l’extrême-droite. Nous disons franchement que la crainte de faire de la publicité à notre ennemi est largement surpassée par la nécessité de lutter contre la banalisation de ses idées. Et que cela passe par des actions multiformes dont la manifestation antifasciste de rue.

Sans doute est-il particulièrement difficile de mobiliser à Béziers, comme l’a montré la manifestation. Raison de plus pour ne négliger aucun moyen pour parvenir à cette fin : modes de communication, arc de forces et travail unitaire, diversité des formes d’actions, anticipation et préparation des mobilisations… L’enjeu est d’importance.

Romain F et Gaël S, Ensemble Béziers

 

Voir aussi l’article du journal La Marseillaise : http://m.lamarseillaise.fr/herault/politique/58091-beziers-ontre-l-extreme-droite-ils-resistent

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