Abattoir de Pézénas : Stop à la souffrance animale

 

L’association L214 révèle dans des vidéos, des sévices insoutenables dans deux établissements dont l’abattoir de Pézénas.

Torture et souffrances infligées à des êtres vivants sensibles, ça suffit !

C’est une liste qui n’en finit pas de s’allonger. Pour la quatrième fois en huit mois, l’association L214 dévoile de nouveaux cas de maltraitance animale dans des abattoirs français. Pézenas est concerné. Filmées en caméra cachée (1) entre novembre  2015 et fin mai, des vidéos insoutenables montrent des sévices graves perpétrés sur des bovins, des moutons, des cochons et des chevaux, lors d’abattages conventionnels et rituels. L214 a déposé plainte, mercredi 29  juin devant le tribunal de grande instance de Béziers pour maltraitance et actes de cruauté.

(1) L’abattoir, qui a découvert les caméras cachées, a déposé plainte à la gendarmerie. Bravo le déni de responsabilité !

 

Voir ici  la vidéo

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Ces images proviennent des abattoirs de Pézenas (34) et du Mercantour (06).

A Pézenas, des chevaux sont tirés par un treuil jusque dans le box d’abattage, un mouton reçoit un coup de couteau dans l’œil avant d’être égorgé, des cochons sont poussés à coups d’aiguillons électriques, et des bovins saignés sans étourdissement sont égorgés par cisaillement, avant que le sacrificateur ne revienne découper dans la gorge des animaux encore vivants.

Comme sur les images tournées à Alès, au Vigan (Gard) et à -Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), qui avaient suscité l’indignation, on voit de nombreux animaux mal étourdis reprendre conscience lors de la saignée ou de la suspension à la chaîne.

 

 

Mais  que font les vétérinaires qui doivent en principe contrôler et faire appliquer le règlement européen de 2009  ” toutes douleur, détresse ou souffrance évitables sont épargnées aux animaux lors de la mise à mort “. C’est le minimum à respecter ! Les abattages conventionnels prévoient un étourdissement des bêtes – à l’aide d’une pince à électronarcose, d’un pistolet d’abattage ou de CO2 – et une deuxième tentative si la première a échoué, afin de leur éviter d’être conscientes au moment de leur mort.

Des dérogations sont prévues pour l’abattage rituel, halal et casher, lors duquel des sacrificateurs égorgent – d’un seul geste  en principe – les bêtes en pleine conscience. Pourquoi  faudrait-il accepter ce type d’abattage ? Une croyance  peut-elle devenir un droit qui s’oppose à un autre droit fondamental celui de ne pas infliger de souffrances à un être vivant sensible et intelligent ?

 

L’enfer des abattoirs

Les abattoirs sont souvent des lieux où les conditions de travail à la chaîne sont inacceptables. L’abattoir municipal de Pézenas, qui emploie une vingtaine de salariés, traite 2 000 à 2 200 tonnes de viande par an.  Les scandales se suivent et se ressemblent. Il est illusoire de penser que l’on peut tuer trois millions d’animaux par jour en respectant la réglementation, dénonce L214 . ” On a envie de croire que le problème, ce sont les cadences. Mais les petits abattoirs à l’approvisionnement local ne garantissent pas une meilleure protection des animaux, comparés à l’abattage industriel. Il n’y a pas de viande heureuse. “

L214 propose une pétition : Signez la pétition ici

 

   

C’est quoi L214 ?

L’association L214 a été fondée en 2008 par une poignée de militants, dont Sébastien Arsac et Brigitte Gothière, les porte-parole. Son nom fait référence à l’article L214-1 du code rural, qui reconnaît pour la première fois, en 1976, que les animaux sont ” des êtres sensibles “.

Son credo est radical : l’ONG souhaite l’abolition de toute exploitation animale, donc des élevages et des abattoirs, industriels comme familiaux. Elle s’est fait connaître par ses actions en ligne : vidéos chocs tournées en caméra cachée – qui seront ensuite vues des millions de fois – et pétitions.

 Au-delà des abattoirs, L214 dénonce également les actes de maltraitance dans le broyage des poussins mâles lors de la production de foie gras, l’élevage en cage des poules pondeuses ou celui des lapins. L’association compte aujourd’hui 17 salariés et est financée par ses 17. 000 adhérents.

 

Humanité et animalité ( point de vue)  

 

Au delà des abattoirs, est posée la relation des humains au monde animal.

L’animal a longtemps été considéré par la loi comme ” un meuble” héritage de la  conception cartésienne de ” l’animal- machine” , donc sans sensibilité . Ce n’est que récemment que la loi française a reconnu en l’animal un ” être vivant doté de sensibilité”.

Mais on considère toujours qu’il y a une rupture fondamentale dans la chaîne du vivant entre l’animal et l’humain faisant de ce dernier un être à part qui peut donc s’arroger tous les droits.

 

Y aurait-il une spécificité humaine ?

 

La thèse selon laquelle les êtres humains auraient des  facultés mentales et une sensibilité  propres, absentes chez les animaux  est incompatible avec la théorie darwinienne de l’évolution, laquelle repose sur le principe même d’une chaîne continue du vivant. Les différences sont de degré, pas de nature.

Ces dernières années,  la spécificité humaine a été battue en brèche .Prenons quelques exemples issus d’expériences scientifiques reconnues.

 

C’est quoi le propre de l’homme ?

 

* La capacité à éprouver des émotions , à ressentir de l’empathie ?

L’empathie, définie comme l’aptitude à percevoir, ressentir, les états émotionnels d’autrui, est un trait courant chez les animaux.
Les chercheurs de l’institut Brabaham ont montré que le fonctionnement cérébral des moutons présente d’importantes similitudes avec celui des humains, avec une grande proximité au niveau émotionnel : sentiment amoureux entre une brebis et un bélier, chagrin lorsque d’autres moutons meurent ou sont emmenés à l’abattoir…

Le professeur Webster (Université de Bristol) a mis en évidence, à l’intérieur d’un troupeau de vaches, l’existence de petits groupes établis par affinités, en fonction de l’amitié. A l’inverse, elles peuvent se détester et garder rancune durant des mois !

La compassion chez les éléphants, tant à l’égard de leurs proches qu’à celui d’individus inconnus, montre pareillement que ce sentiment n’est pas réservé aux humains.

 

* faire preuve altruisme ?

Darwin signalait déjà, entre autres, le cas de vieilles corneilles devenues aveugles et incapables de se nourrir, qui étaient ravitaillées par leurs compagnes.

Frans de Waal évoque ces rats qui, lors d’expériences en laboratoire refusèrent de s’alimenter dès lors qu’ils se rendaient compte qu’en actionnant le levier leur permettant d’avoir accès à la nourriture, des chocs électriques étaient simultanément administrés à leur voisin. ( à l’inverse de l’expérience de Milgram avec des humains)

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On a vu plusieurs fois des dauphins et des chiens sauver des humains de la noyade. Dans un zoo britannique, relate Frans de Waal, on a vu un singe bonobo recueillir un étourneau assommé suite à un choc contre une vitre.

Récemment, c’est un dauphin, Moko, qui a sauvé deux baleines échouées en les guidant vers les eaux profondes .

Les innombrables cas d’adoptions recensés, au sein de la même espèce ou d’une espèce à l’autre témoignent de cette propension des animaux à l’altruisme.

 

 

 

* La mémoire ?

 Les animaux ont la capacité à se représenter mentalement l’espace, de manière souvent spectaculaire, à l’exemple du casse-noix d’Amérique, qui stocke des graines dans des centaines de caches à l’automne et les retrouve plusieurs mois plus tard,

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En étudiant les moutons, Keith Kendrick, professeur de neurobiologie à l’Institut Babraham (Cambridge), a constaté que ces animaux peuvent se souvenir d’au moins 50 faciès ainsi que le « profil » de chacun d’eux, et ce même après une année de séparation. En Australie, l’éthologiste Caroline Lee a construit un labyrinthe spécial pour les moutons et a testé la capacité de 60 d’entre eux à trouver la sortie. Résultats : ils s’y retrouvent et améliorent leur performance… et se souviennent du parcours au moins 6 mois plus tard.

De la même façon, les poissons arc-en-ciel, entraînés à trouver un trou dans un filet pour s’en échapper, apprennent en 5 essais et réussissent encore l’exercice du premier coup 11 mois plus tard !

 

 

* Les outils ?

On sait par exemple que bien des animaux utilisent des outils comme les vautours percnoptères cassant des œufs avec un caillou ou les pinsons des Galapagos extrayant des chenilles avec une épine.

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Les corbeaux du Japon (observés par les spécialistes David Attenborough et Miles Barton),  posent des noix sur les passages piétons, puis attendent que les voitures passent dessus pour récupérer les noix cassées quand le feu est au rouge.

Alex Taylor de l’Université d’Auckland (Nouvelle-Zélande) a observé l’utilisation d’un métaoutil chez un corbeau qui s’est emparé d’un court bâton pour atteindre un second, plus long, afin d’attraper une nourriture hors d’atteinte du bâton le plus court. Une corneille de Nouvelle-Calédonie, observée à l’Université d’Oxford, est devenue célèbre pour s’être fabriqué un outil sans l’avoir appris de ses semblables ni des chercheurs en tordant une tige de fer pour fabriquer un hameçon (Kacelnik, 2002).

 

 

 

 

* La représentation de l’espace ?

Des mulots sylvestres confectionnent leurs propres panneaux indicateurs grâce à des branches et des cailloux qui leur servent à marquer les endroits qui regorgent de nourriture… et prennent des raccourcis pour gagner leur trou !

* Anticiper ? penser le futur ?

On citera le coq qui émet des appels particuliers pour indiquer une source de nourriture aux poules, et utilise parfois ces mêmes signaux en l’absence de nourriture, pour les attirer et ainsi les courtiser (Marler, 1986).

 

* Compter ?

Des chercheurs de l’Université de Padoue en Italie, ont montré que les poissons (Gambusia affinis) sont eux aussi capables d’opérations arithmétiques rudimentaires. Ils peuvent compter directement jusqu’à 4, et estimer un plus grand nombre.

Intelligence animale
 

Comme les poissons, les éléphants doivent en effet dénombrer leurs effectifs, les premiers pour rejoindre un banc important, ce qui offre une protection contre les prédateurs, les seconds « pour ne pas perdre en route des membres du groupe » d’après Mya Thompson, Université de Cornell.

Des oiseaux peuvent comprendre la notion de zéro une fois apprise (Pepperberg, 2005), montrant ainsi une bien meilleure compréhension de la notion de quantité que la moyenne des enfants âgés de trois ans.

 

 

 

 

 

 

* le sens esthétique ?

En ce qui concerne l’art, peut-on considérer qu’un oiseau-jardinier qui peint en bleu sa chambre nuptiale en branchages avec des baies nous dévoile les sources du sentiment esthétique?

 

* La politique ?

Frans de WAAL a consacré un ouvrage à démontrer que ses chimpanzés sont aussi des animaux politiques capables pour obtenir le pouvoir de mettre en œuvre les ruses et les coalitions que nos hommes politiques pratiquent, il est vrai, avec plus de brio et de dissimulation

 

* Apprendre ? l’acquisition de connaissances ? La culture ?

 

Au nord de l’Angleterre, des troupeaux de moutons évoluent au milieu des ravins, sans berger ni chien de troupeau. Ils ne tombent jamais, de même qu’ils ne se perdent pas, et savent où s’abriter en cas de pluie, à quel endroit traverser la rivière, etc. Ceci n’est pas le fait de leur instinct : cette connaissance des lieux est enseignée de génération en génération par voie parentale, des brebis aux agneaux. On suppose que ces animaux ont hérité du savoir des bergers qui les ont instruits à une époque lointaine où ils restaient à toute heure avec leur troupeau.

Les animaux réussissent également à obtenir ce qu’ils veulent par imitation : dans les années 1950, certaines mésanges ont trouvé le moyen d’ouvrir les bouteilles de lait livrées sur le pas de la porte des habitants. Quelques semaines plus tard, elles avaient été imitées par un nombre si important de congénères qu’on a dû changer le procédé d’ouverture des bouteilles.

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En 1952, sur l’île de Koshima, des scientifiques jetaient sur le sable des patates douces en destination des singes qu’ils étudiaient. Les singes, qui appréciaient ces patates mais trouvaient leur saleté déplaisante, ont appris à les laver en imitant Imo, une petite femelle qui la première eut l’idée d’aller laver sa patate dans l’eau. Cette innovation, sera transmise ensuite de génération .

Au zoo Hellabrunn de Munich, une pieuvre a dévissé elle-même un bocal pour y trouver sa nourriture, en imitant le personnel animalier ! On a de même établi cette faculté chez diverses espèces de poissons, qui peuvent apprendre à éviter le filet de pêche en s’observant les uns les autres.

Ces capacités d’imitation et d’apprentissage  sont telles qu’il est désormais convenu de parler de culture, bien que ce terme ait été réservé au seul humain, à tort.

 

 

* le raisonnement, la déduction ?

Le chien Ricco,  possède un vocabulaire de plus de 250 mots  : lors d’expériences où lui était proposée une foule d’objets dont il connaissait le nom, sauf pour l’un d’entre eux, il s’est illustré par sa faculté d’associer, au mot qu’il ne connaissait pas, l’objet qu’il ne connaissait pas.

Logan Grosenick de l’Université de Stanford a prouvé que les poissons Astatotilapia burtoni du lac Tanganyika (Tanzanie) utilisent ce type de raisonnement déductif pour déterminer le rang social de leurs adversaires : en cas de conflit de territoire, l’individu qui aura eu l’occasion d’observer un affrontement entre deux congénères, choisira d’affronter le perdant, pour augmenter ses chances de l’emporter.

En présence d’une ressource alimentaire inconnue, un rat noir s’appuie sur l’odeur de l’haleine de ses voisins ayant goûté l’aliment pour éviter les risques d’empoisonnement : s’ils sont en bonne santé, il décide de le consommer, sinon il s’abstient (Galef, B., 1990, Galef & Whiskin, 2001).

Aaron P. Blaisdell et son équipe (département de psychologie de l’Université de Californie) ont par ailleurs prouvé que les rats étaient capables de raisonnement causal, (distinguer les causes des effets), ce qu’on croyait jusque-là être « le propre de l’homme ».

Par ailleurs, les rats nous ont démontré que savoir qu’on ne sait pas, c’est aussi possible chez les animaux non humains. Allison Foote et Jonathon Crystal de l’Université de Géorgie aux Etats-Unis ont proposé à des rats de classer des sons en deux catégories, « sons courts » et « sons longs », avec la possibilité de ne pas répondre quand ils ne savaient pas. Mais ils recevaient dans ce dernier cas moitié moins de friandises que lorsqu’ils réussissaient à les classer. Les rats ont néanmoins choisi d’utiliser ce joker, et ceci uniquement lorsque les sons n’étaient pas faciles à classer, étant à peine trop longs ou trop courts. Après les singes, les rats ont ainsi démontré que la métacognition n’est pas non plus le « propre de l’homme ».

 

* Les concepts ?

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On a démontré que les pigeons reconnaissent les êtres humains sur une photo, appuyant correctement avec leur bec sur une touche quand un visage humain apparaît lors d’une projection de photos portant sur différents thèmes (objets, plantes, animaux…). Ce qui implique qu’ils aient généralisé le concept d’être humain (Herrnstein, Loveland, 1964).

L’éthologiste américaine Irène Pepperberg a entraîné un perroquet, le célèbre Alex, à nommer les caractéristiques des objets qu’elle lui présentait, avec 80 % de succès : il dit « la couleur » quand la chercheuse lui demande de citer la différence entre deux triangles en bois de couleurs différentes, « bois » quand elle lui demande de dire ce qui est identique, « matière et couleur » lorsque l’un des triangles est remplacé par un triangle en plastique de couleur différente.

 

 

 

 

* Le langage ?

La plus grande originalité de l’homme par sa complexité, son symbolisme et sa souplesse liée à son caractère acquis.

Les animaux qui verbalisent le mieux sont curieusement des oiseaux, en particulier le Mainate des Indes et le Perroquet gris du Gabon. Ils ne se contentent pas de répéter des mots mais ils les émettent dans le contexte approprié. Evidemment si la fonction de communication est réelle, le vocabulaire de ces oiseaux parleurs reste limité à quelques dizaines de mots et leur capacité d’assembler les mots en phrases est embryonnaire.

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On citera aussi le coq qui émet des appels particuliers pour indiquer une source de nourriture aux poules, et utilise parfois ces mêmes signaux en l’absence de nourriture, pour les attirer et ainsi les courtiser (Marler, 1986).

Les chimpanzés sont malgré leurs faibles capacités phonatoires très doués pour l’abstraction et pour la communication. Allen et Beatrice GARDNER, ont pu leur apprendre une centaine de signes en trois ans en utilisant le langage gestuel des sourds-muets. Surtout les singes parvenaient à les associer en phrases simples parfois totalement improvisées. David PREMACK est parvenu à la même conclusion en utilisant un système de pièces en matière plastique de forme et couleur variées qui correspondaient à des mots.

 

Les espèces qui possèdent les répertoires de signaux acoustiques, optiques et olfactifs les plus riches sont les vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères) et les insectes les plus sociaux, ce qui est compréhensible puisque ces signaux ont pour fonction de coordonner leurs activités

* La conscience de soi ?    de la mort ?

Chimpanzes, bonobos, orang-outan, gorilles, macaques (?), elephants, dauphins, orques, lions de mer, corbeaux, pies, perroquets savent se reconnaitre dans le test du miroir..

L’une des aptitudes cognitives couramment exigées par ceux qui refusent qu’on reconnaisse des droits aux animaux est la conscience de la mort. Celle-ci en effet, en l’état actuel des connaissances, n’est établie que pour quelques  primates, ainsi que l’éléphant, même si l’on peut douter que les autres animaux n’aient aucune idée de la mort.

 

Peut-on alors tuer ?

 Aujourd’hui, la sensibilité des animaux est largement confirmée scientifiquement, et leurs capacités intellectuelles et cognitives nous apparaissent à mesure que progressent nos connaissances. On découvre que les animaux ont bien une vie mentale : ressentir des émotions comme la souffrance, le plaisir, la peine, l’affection, éprouver de la compassion et agir de manière altruiste, être pourvus d’intentionnalité, et même d’abstraction…

La conscience des animaux,  est aujourd’hui établie scientifiquement, entre autres grâce aux progrès de l’éthologie cognitive. Il a été démontré d’une part que les animaux développent des stratagèmes, souvent complexes, pour arriver à leurs fins, et d’autre part que leur comportement est flexible, ce qui implique que les animaux s’adaptent aux problèmes qu’ils rencontrent, en choisissant la solution qu’ils estiment être la meilleure. Ceci signifie qu’ils recherchent de manière intentionnelle  ce qu’il y a de mieux pour eux, et non qu’ils obéissent aveuglément à un instinct comme certains le  croient encore. Ce préjugé perdure et sert à rabaisser les animaux au rang d’automates commandés par leurs instincts, ce qui est censé justifier qu’on puisse les emprisonner ou les tuer. Par exemple, la proche parenté entre les humains et les chimpanzés est irréfutable. Leur ADN est pour 98,5 % semblable au nôtre et ils ont un comportement mental et culturel comparable à celui de l’être humain.  Pourtant, nous continuons d’emprisonner les chimpanzés dans les zoos et de les utiliser comme cobayes dans des expériences biomédicales.

Quel degré de ressemblance avec l’homme exige-t-on d’un non-humain pour lui reconnaître des droits, un respect, une valeur morale ?

On n’exige pas des humains qu’ils réalisent de grandes choses pour mériter de vivre. Se nourrir, se loger, procréer, avoir des relations sociales sont des préoccupations communes aux animaux et aux hommes. De quel droit un chasseur met-il fin au voyage d’un oiseau migrateur ? De quel droit enferme-t-on un lion dans une cage ? De quel droit retire-t-on un veau à sa mère ? C’est un abus de notre position dominante que d’agir sur leur existence en les emprisonnant ou en les tuant.

Bien sûr dans la nature, les animaux se dévorent les uns les autres pour survivre, il ne me parait pas immoral ou illogique que les humains mangent de l’animal pour leur propre vie . Encore  Mais nous avons poussé la productivité des élevages industriels à un tel point que l’animal est maltraité et en souffrance. Et il est certainement possible de vivre sans manger de protéines animales.

Il faut donc au minimum exiger des droits pour les mammifères ( non souffrance, conditions décentes d’élevage) notamment pour  les millions de vaches, cochons, poulets et canards que nous tuons chaque année.

 

Jean-Claude Carcenac   ( synthèse d’articles divers  ” Le Monde” , Monde diplo…  )

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