Assemblée constitutive d’Ensemble !



Une dizaine de délégué-es
de l’Hérault ont participé à l’assemblée générale constitutive de Ensemble !
les 31 janvier et 01 février 2015. Un an après la fondation, l’assemblée de ce
week end marque une nouvelle étape dans la construction du mouvement.



reunionE.jpgUne dizaine de
délégué-es de l’Hérault ont participé à l’assemblée générale constitutive de
Ensemble ! les 31 janvier et 01 février 2015. Un an après la fondation, l’assemblée
de ce week end marque une nouvelle étape dans la construction du mouvement.

reunionE.Laverune.jpg Des
réunions de comité ainsi qu’une assemblée générale du 34 avaient eu lieu au
cours du mois de janvier. Cette dernière avait réuni 70 personnes sur la
centaine d’adhérent-e-s à jour de cotisation dans l’Hérault.

L’appel à construire
Ensemble ! a quant à lui franchi le cap des 350 signataires dans
l’Hérault.  Voir et signer ici

Tououse15nov14n14.jpgNous vous invitons à
renforcer Ensemble ! pour que notre mouvement puisse pleinement jouer son
rôle dans la construction, avec d’autres, d’une alternative de gauche au
capitalisme et au libéralisme. Oui, la situation reste difficile et lourde de
danger en France. Cependant l’espoir peut renaitre à gauche en Europe, avec
notamment l’accès au pouvoir de Syriza en Grèce et la démonstration de force de
Podémos à Madrid le 31 janvier.

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Bilan de la réunion nationale

Les militantEs qui
s’étaient regroupés fin novembre 2013 pour fonder « Ensemble! » ont
confirmé et approfondi leur choix lors de l’Assemblée constitutive qui s’est
tenue à Bobigny les 31 janvier et 1er février.

Les cinq organisations et
les militants, comme les militantEs ne s’y référant pas, ont donc tiré un bilan
positif de cette année probatoire et ont décidé de poursuivre la construction
de ce nouveau mouvement politique, membre du Front de gauche, et qui entend
bien prendre toute sa place dans la renaissance d’un espoir à gauche.

Dès le 30 janvier, un
chaleureux meeting internationaliste avait regroupé des représentantes de la
gauche radicale en Europe et notamment de Syriza et de Podemos, mais aussi du
Bloco au Portugal et du Front populaire en Tunisie.

Les quelques 350 déléguéEs
ont confirmé leur rejet des actuelles politiques d’austérité, conduites en
France par F. Hollande et M. Valls, leur solidarité totale avec Syriza qui a
formé le nouveau gouvernement grec et l’objectif de travailler à la
construction d’une alternative sociale, démocratique et écologique.

Ce sera la tâche des
« Chantiers de l’espoir » qui rassemble déjà des organisations et des
personnalités au-delà du Front de gauche. Les premières réunions sont prévues à
Paris (le 7 février) et à Montpellier.

Plusieurs contributions
ont été débattues et adoptés : une déclaration politique, une résolution pour
« Un nouvel espoir » qui définit les orientations dans les mois à
venir, un appel à « Se mobiliser pour la justice climatique »
notamment dans la perspective de la fin 2015 à Paris, un texte sur le
fonctionnement du mouvement.

Le document
« Refonder un projet d’émancipation » ouvre le chantier d’un nouveau
projet de société.

Une nouvelle équipe
d’animation nationale a été désignée. Deux militant-e-s de l’Hérault y
participent

 

Janvier 2015 est un mois
de basculement politique : en quelques jours, deux tueries provoquent des
manifestations, historiques par l’ampleur, tandis qu’au même moment le peuple
grec est face à un choix décisif pour son avenir et pour celui de l’ensemble du
continent. Le tout dans un contexte économique récessif et déflationniste et
face à une situation internationale marquée par l’explosion de guerres aux
portes mêmes de l’Europe.

C’est bien un sentiment
d’urgence, de gravité, d’un possible basculement dans le meilleur ou dans le
pire, qui habite les populations et qui nous place devant des choix cruciaux.
Une alternative entre de nouvelles régressions sociales, écologiques et
démocratiques ou le sursaut pour une transformation globale de la société.
Comment sortir de l’austérité et de politiques libérales et dévastatrices qui
ont provoqué un niveau d’inégalités jamais atteints ? Comment éviter le
piège mortel du « choc de civilisations » et sortir d’une logique
guerrière mortifère tout en protégeant les populations d’actes barbares ?
Comment refonder une nouvelle démocratie qui ne se réduit pas à un changement
de régime mais se confronte à l’ensemble d’un projet permettant de vivre
ensemble ? Comment saisir dans toutes ses exigences la transition
écologique alors même que se tient à Paris cette année le sommet
climatique ? Comment enfin, concilier les résistances et l’invention de
solutions nouvelles permettant aux citoyens et aux citoyennes, aux travailleurs
et travailleuses de s’approprier les conditions mêmes de leur vie en
société ? Quelle coalition nouvelle à construire à gauche pour porter un
tel projet ?

Nous pouvons sortir par le
haut de cette semaine dramatique qui a frappé le pays par  l’assassinat du
comité de rédaction de Charlie Hebdo, le meurtre de sang froid de policiers, et
l’attentat antisémite qui a causé quatre victimes supplémentaires, en nous
appuyant sur la vitalité démocratique exprimée lors des manifestations du 11
janvier, pour qu’elle prenne le dessus sur les logiques d’ « Union
sacrée » dans la « guerre contre le terrorisme » et de choc des
civilisations. En nous ouvrant sur celles et ceux qui n’ont pas manifesté tout
en partageant un socle de convictions démocratiques qui permet, ensemble, de
rebondir.

Cet épisode effroyable a
provoqué une rupture de l’atonie qui dominait la situation française, et ouvre
de nouveaux débats politiques. L’ensemble des maux qui déchirent la société
française sont posés qui impliquent, si nous voulons être la hauteur des
enjeux, une véritable refondation démocratique de la société française. Plus de
liberté, plus d’égalité, plus de solidarité, ce qui revient à exprimer la
nécessité d’en finir avec le chômage, la pauvreté, la précarité, les discriminations,
le racisme sous toutes ses formes et la xénophobie. Face au mécontentement des
catégories populaires, les classes dominantes cherchent à détourner leur colère
contre les noirs, les arabes, les musulmans, les Rroms… Il faut refuser ce
climat délétère  qui s’est construit dans ce pays alimenté par les
politiques d’Etat, le Front National, la droite sarkozyste, des polémistes
douteux, et même certaines voix à gauche qui font flamber, en retour,
l’antisémitisme. Nous agissons contre tous les actes, d’où qu’ils viennent,
visant les Juifs.

Nous visons à construire
un large front antiraciste, avec les organisations et les populations victimes
de racisme, qui prenne en compte leur revendications et leurs luttes
spécifiques, qui soutienne un ensemble de revendications et de changements en
réalité inséparables de la mobilisation de masse pour mettre à l’ordre du jour
un changement de politique et une véritable révolution démocratique.

Plus d’égalité implique
d’en finir avec les politiques de stigmatisation des classes populaires, des
précaires, des femmes, des immigré-e-s, des jeunes, dans l’accès à l’éducation,
au logement, à l’emploi et à ce que la parole de chacun et chacune soit
entendue. La question des contrôles au faciès et celle des violences policières
doivent être centrales. Cela suppose aussi l’ouverture de la citoyenneté à ceux
et celles qui en sont privés, à commencer par le droit de vote et tous les
droits civiques pour les résident-e-s à toutes les élections. Mais également
dans une logique de 6ème République, l’extension des pouvoirs d’intervention et
de décision des citoyen-enne-s et des travailleurs à toutes les échelles et
dans l’ensemble de la vie sociale : dans les territoires comme dans les
entreprises.

Plus d’égalité implique
d’en finir avec le chômage et la précarité : la réduction massive du temps
de travail est la réponse majeure pour l’emploi et le temps libéré, et plus
largement pour l’émancipation humaine. Résoudre le problème du chômage, c’est
rendre plus facile l’ensemble des luttes et des mobilisations dans les autres
domaines.

Au plan international,
enrayer la logique du « choc des civilisations » suppose de s’opposer
aux politiques impérialistes, responsables des drames que subissent les
populations, et aux menées des forces qui instrumentalisent  la religion
pour justifier leurs projets totalitaires. En Afrique, la politique française
reste déterminée par la défense d’intérêts néocoloniaux et l’appui des régimes
autoritaires et corrompus, si bien que ses interventions militaires contre les
forces djihadistes ne sauraient être durablement acceptées par les populations.
Au Moyen Orient, une politique progressiste cohérente doit combiner le soutien
à la révolution syrienne, la solidarité face à Daesh avec les forces
démocratiques kurdes, syriennes et irakiennes, la solidarité avec le peuple
palestinien, et viser la possibilité de mise sur pied de régimes démocratiques,
respectueux des droits des populations dans la diversité de leurs croyances et
opinions. Dans la lutte contre les régimes dictatoriaux, contre l’impérialisme
et contre les courants politiques djihadistes, il n’y aura de véritables
solutions que celles qui seront imposées par les peuples eux-mêmes.

La victoire de Syriza
ouvre une période complètement nouvelle riche d’espoirs : la
possibilité d’agir et de débattre d’une politique de rupture avec les
politiques  imposées aux peuples par la Troïka. Dimanche 25 janvier les
grecs ont voté pour eux-mêmes et pour le continent européen. Pour la première
fois, un gouvernement de rupture avec le consensus libéral l’emporte, veut
stopper la logique de destruction de la société grecque et ouvrir à l’échelle
du continent un débat autour d’une double exigence : – en finir avec
l’austérité ; ne plus payer une dette illégitime et renégocier celle-ci
dans le cadre de la zone euro en refusant que l’addition des dettes issues des
déficits provoqués par la défiscalisation des plus riches et des entreprises
soient réglés par les peuples.

De ce point de vue la
solidarité avec le peuple grec et avec Syriza devient une solidarité active. Il
faut évidemment refuser le chantage et l’étranglement d’une politique
alternative que les dirigeants de l’UE et les marchés commencent à organiser.
Mais la solidarité implique également le combat pour rompre dans tous les pays
européens et donc ici en France avec les politiques austéritaires et libérales.
Une campagne contre la légitimité de la dette, exigeant un moratoire sur le
paiement et suivi d’un audit citoyen, est plus que jamais d’actualité (emprunts
toxiques des collectivités locales et des hôpitaux). Elle sera portée y compris
lors des prochaines échéances électorales.

Dans le cadre du Collectif
3A, se développe le soutien aux mobilisations et des initiatives locales sur
les divers aspects de refus de la politique néolibérale : refus des
fermetures d’entreprises utiles, défense de la Protection sociale,
développement des services publics, augmentation des salaires et retraites…
Il est possible de préparer une mobilisation nationale qui ferait converger et se
multiplier l’exigence de ne plus subir.

Au plan social, la lutte
contre la loi Macron, clairement destinée à satisfaire le patronat, est d’une
brûlante actualité : extension du travail du dimanche,
« assouplissement » du Code du travail, projets de privatisation… Une
fois de plus, les femmes seront les premières victimes de ses nombreuses
dispositions rétrogrades : l’extension du travail du dimanche et du
travail de nuit frappera en premier lieu les femmes massivement présentes dans
les secteurs du commerces et du tourisme. L’annonce de nouvelles fermetures de
maternités ou d’hôpitaux, au moment où nous fêtions les quarante ans de la loi
libéralisant l’avortement met l’accent sur les luttes à mener pour un droit
effectif à l’IVG. Plus que jamais, les luttes pour les droits des femmes,
contre le retour à l’ordre moral et contre les discriminations de tout ordre
dont elles sont victimes, sont nécessaires et indispensables.

Cela implique dès
maintenant aussi une coordination rapide des mouvements sociaux et des forces
politiques européennes autour d’objectifs communs pour défaire la troïka. Nous
devons proposer une rencontre internationale pour déterminer des exigences
communes. Sans aucun doute, cela relève des responsabilités du Parti de la
gauche européenne mais aussi bien au-delà avec les forces qui partageront avec
nous le besoin de cette coordination des réflexions et des initiatives. Nous
participerons donc à toute initiative permettant une réponse à la hauteur du
rejet des politiques néolibérales :

– La remise en cause des
« dettes publiques » illégitimes et des choix qui permettent de créer
des emplois et un développement pour des biens utiles écologiquement et
socialement (voir les annexes déjà rédigés pour le texte « Un monde en basculement »).

– Une autre politique à
l’égard des immigrations ; cela passe par une autre politique et des
relations différentes entre le nord et le sud de la Méditerranée.

« Ensemble ! »
sera partie prenante du FSM 2015 à Tunis : ce sera l’occasion de
participer aux échanges et aux rencontres altermondialistes avec l’ensemble des
forces impliquées dans les mouvements sociaux, les mobilisations citoyennes et
les processus révolutionnaires dans le monde ; ce sera l’occasion de
favoriser la concertation internationale et de renforcer les campagnes de
solidarité.

Une extension à l’Espagne
par une victoire de Podemos serait évidemment une étape supplémentaire dans la
modification du rapport de force.

Une modification du
rapport de force qui implique de définir une stratégie du changement maitrisé
par les acteurs eux-mêmes : plus de démocratie, de contrôle,
d’appropriation sociale dans une logique où doivent se combiner, en inventant
des solutions nouvelles, l’exigence de l’égalité réelle et la nécessaire
transition écologique. A l’opposé des modèles productivistes qui prospèrent
toujours comme l’a montré l’annonce par Ségolène Royal d’une possible relance
du nucléaire dans ce pays. 2015 est aussi l’année du changement climatique et
donc des mobilisations pour imposer un modèle alternatif.

Avec d’autres forces du
mouvement social et des forces politiques, Ensemble a œuvré à lancer un
processus de discussion afin de construire une alternative globale : les
chantiers de l’espoir. Plus que jamais une telle démarche répond aux urgences
de la situation : la nécessité face aux dangers réactionnaires, face à un
gouvernement ouvertement social-libéral qui maintient son agenda (la loi
Macron), de dégager un espace permettant de construire une force alternative
sur les plans sociaux, démocratiques et écologiques.

Nos investissements
militants sont indissociables si nous voulons construire le rapport de
forces : mobilisations pour des exigences d’une rupture avec la politique
néolibérale ; débats et initiatives des chantiers d’espoir ; front
uni antiraciste et initiatives anti-guerre… Notre mouvement doit également être
porteur d’un travail spécifique contre la dynamique du Front National et la
progression de ses idées.

Les éléments saillants de
ce mois de janvier modifient les conditions de l’action et du débat politique
mais certainement une réalité s’impose : nous avons besoin en France,
adapté aux réalités politiques du pays, d’un front social et politique qui soit
l’équivalent de Syryza et de Podemos, une force de participation citoyenne qui
crée les conditions d’une politique de rupture.

Comment
en ce mois de janvier 2015 ne pas en sentir l’impérieuse nécessité ?

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Gauche écosocialiste 34