Au diagonal Montpellier : 4 films et 2 débats avec l’Association France Palestine Solidarité 34

Du Lundi 8 octobre au mercredi 17 octobre 2011
Palestine : 4 films et 2
débats avec l’Association France Palestine Solidarité 34
Au Cinéma
DIAGONAL de Montpellier
rue de Verdun (arrêt tram Comédie) Ci-dessous les presentations des 4 films et intervenants


Lundi 8 octobre à 20h05
Jaffa, la mécanique de l’orange de Eyal Sivan
Film documentaire,
2009, 1h28


Séance unique suivie de débat avec Robert Kissous, président de l’AFPS 34
(Association France Palestine Solidarité)

L’histoire de la Palestine et d’Israël
s’articule autour de représentations, d’images et de clichés. Mais parmi tous
ces symboles véhiculés et admis, un seul est commun aux deux : l’orange.
Raconter l’histoire des Oranges de Jaffa, c’est raconter l’histoire de cette
terre à travers un récit riche et plus bouleversant qu’on ne le pense.
Les
oranges de Jaffa ont beaucoup à nous dire. Et ce qu’elles nous disent est beau
et triste. Beau, car à travers une recherche d’archives qui remonte à la
naissance du cinéma, plusieurs mythologies, arabes et juives, se croisent et,
ce que l’on a trop oublié, se conjuguent un temps. Triste, car l’aventure
coloniale des sionistes se fondait sur l’oubli de l’orange, de son odeur, du
fruit d’une terre, pour n’être plus qu’un produit d’exportation. Dans «Jaffa,
la mécanique de l’orange», se rencontrent la poésie, la peinture, le cinéma,
les travailleurs de l’agrume et les historiens, la mémoire et le présent. Car
sans l’orange, il n’est pas de futur possible.

Mercredi 10 octobre à 17h55 Would you have sex with an Arab?
de Yolande
Zauberman
Film documentaire, France, 1h25


présentation du film par l’AFPS 34

ll y a quelque chose d’un peu désarmant
et de terriblement naïf dans la question que ne cesse de poser Yolande
Zauberman à ses interlocuteurs, tout au long de son documentaire. Telle une oie
blanche espérant que la paix se fasse sur l’oreiller, une seule et même
interrogation l’anime lors de ses pérégrinations nocturnes : “Would you have
sex with an Arab?” Pourtant, en demandant à des Israéliens s’ils coucheraient
avec un ou une Arabe, elle initie une implacable maïeutique.
Par une question
fermée, elle met en lumière le malaise qui suit chez ceux qui répondent non, et
pousse aux aveux ceux qui répondent que c’est déjà fait. Car la réussite du
projet, au départ périlleux parce que forcément simpliste, est de faire passer
ces témoignages qui se succèdent pour des confessions faites un peu tard, comme
on pourrait se livrer parfois, après quelques verres d’arak en trop, à un
inconnu. Le sexe est à nouveau transgressif. Des deux côtés (elle demande aussi
aux Arabes s’ils coucheraient avec des Juifs), il redevient un tabou dès qu’il
est associé à l’ennemi. C’est peut-être pourquoi ceux qui ont depuis longtemps
réglé le problème de la transgression, ici un directeur de théâtre dont la mère
est juive et le père palestinien, ou un organisateur de soirées gay
palestinien, n’ont pas de problèmes avec la question : ils ont déjà couché avec
l’Autre. Ils ont depuis été assassinés. Les inrocks

Jeudi 11 octobre à 20h30Vers où Israël ? de Camille Clavel
Film
documentaire, France, 2012, 2h03


Débat avec le réalisateur

Quarante ans après « Pourquoi Israël »
de Claude Lanzmann (1972), « Vers où Israël ? » est un nouveau voyage à travers
ce pays, et à travers les racines du conflit israélo-palestinien.  Le cinéaste
accomplit ici une démarche à  la fois personnelle et universelle : il s’agit
pour lui d’aller inscrire le nom de son arrière-grand-mère, morte au camp de
Treblinka, au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem. Mais aussi, de questionner
la mémoire de ceux qui vivent sur cette terre disputée, et leur capacité à
vivre ensemble dans un ou deux Etats.  Le cinéaste a questionné un grand
nombre d’observateurs – en particulier l’historien Shlomo Sand, auteur de «Comment
le peuple juif fut inventé « (Fayard, 2008), et de « Comment la terre d’Israël
fut inventée » paru le 12 septembre 2012, l’historien Gadi Algazi, l’écrivain
Aharon Appelfeld, ainsi qu’une palette d’Israéliens, juifs ou arabes, qui
explicitent leur vision de cet Etat et de son avenir.

Mercredi 17 octobre à 17h50Zindeeq de Michel Khleifi Palestine , 2009,
1h25, 

avec Mohammad Bakri, Mira Awad
présentation du film par J. Choukroun,
Historien

Un cinéaste palestinien doté d’un passeport
européen revient à Nazareth. Il doit y enterrer un oncle. Il séduit des femmes,
puis est confronté à un drame qui le pousse à fuir dans sa propre ville, à
combattre ses démons. Et à s’interroger sur le choix qu’ont fait ses parents.
Fallait-il rester en Palestine-Israël en 1948? « C’est une plongée dans ce qui
n’est plus aujourd’hui son univers, à laquelle nous convie Michel Khleifi. Un
retour aux sources, en Galilée, avec un regard à la Antonioni, douloureux et élégant
comme l’allure de Mohamed Bakri, qui incarne le cinéaste errant dans la nuit.
Celui qui se demande comment être soi-même sans qualificatif quand l’histoire
et le présent nous pèsent tant ? Comment faire avec nos démons, qui sont aussi
dangereux que nos occupants ? » E. Waintrop

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