Battre Sarkosy, rassembler la gauche radicale. Déclaration du conseil exécutif du NPA 34

Ci-dessous : la déclaration du conseil exécutif du NPA 34,  ainsi que celle du comité de campagne Poutou 34 . 

“Le score de l’extrême droite est très inquiétant, en particulier dans notre région. Il constitue la traduction politique mortifère d’une crise économique qui s’approfondit…”

Déclaration du conseil exécutif du NPA 34

Le score de l’extrême droite est très inquiétant, en particulier dans notre région. Il constitue la traduction politique mortifère d’une crise économique qui s’approfondit. Nicolas Sarkozy, tenant d’une droite dure, sécuritaire, raciste et xénophobe, l’homme qui voulait draguer les voix du Front national, a nourri le vote pour Marine Le Pen.

La victoire de Sarkozy signifierait une accélération sans précédent de la politique de démolition sociale qu’il a conduit depuis cinq ans.

 Battre Sarkozy est donc un enjeu primordial.

Sans illusion sur le PS, mais sans aucune hésitation, le NPA 34 appelle au second tour à utiliser le bulletin de vote Hollande pour chasser la droite du pouvoir !

Quelque soit le président élu, la mobilisation sociale sera nécessaire face à la crise et à ses conséquences. Le premier mai  est une première étape. Nous appelons à y participer massivement pour y défendre des mesures d’urgence sociale face à la crise, pour y dénoncer la politique de Sarkozy et le danger représenté par l’extrême droite. 

L’aggravation probable de la crise avec une extrême droite plus forte que jamais rend d’autant plus urgent le rassemblement de la gauche radicale, sur le terrain social comme politique.

Nous proposons de construire un large bloc contre la crise et l’austérité, un bloc indépendant du PS capable de proposer une alternative de gauche à la politique que mènerait Hollande s’il est élu.

Dans ce sens, le score de Mélenchon, confirme la dynamique de la campagne du FDG et témoigne qu’existe toujours un fort courant de résistances issu de tous les combats menés depuis novembre et décembre 1995. Il est essentiel que ce courant ne se résigne pas à subir la crise et soit disponible à poursuivre le mouvement entamé, dans la rue et dans les urnes.

Dans la continuité de la politique qu’il a mené et proposé depuis les régionales, le NPA 34 réaffirme qu’il est ouvert à la discussion avec le Front de Gauche ainsi qu’avec les autres organisations de la gauche radicale. Le NPA 34 a la volonté de participer à la recomposition en cour avec l’objectif d’aboutir à un bloc de gauche indépendant du PS et rassemblant les anticapitalistes, les antilibéraux, les écologistes radicaux, les acteurs et actrices du mouvement social. 

David Hermet pour le conseil exécutif du NPA 34 




Déclaration du comité de campagne Poutou 34

Les
militant-es  du Npa 34 engagé-es  dans la campagne Poutou
remercient toutes celles et ceux qui ont accordé leur suffrage au candidat de
notre parti
. Ils remercient aussi toutes celles et ceux qui
ont rejoint le comité de campagne et ont permis, dans des conditions pourtant
difficiles, de faire entendre la voix des anticapitalistes en portant haut et
fort le combat pour une autre répartition des richesses, pour l’éco-socialisme
avec la sortie du nucléaire, pour l’arrêt des discriminations sexistes et
racistes, pour l’internationalisme.



Plus que jamais s’affirme
la nécessité d’une alternative anticapitaliste, clairement indépendante du PS,
refusant les politiques d’austérité.

L’urgence
aujourd’hui c’est de  Battre Sarkozy le 6 mai
 pour
en finir avec les politiques néfastes menées depuis 5 ans mais nous savons bien
qu’il faudra rester mobiliser ensuite !

 C’est le sens de
l’appel adressé par Philippe Poutou au Front de Gauche, à Lutte Ouvrière, aux
militants syndicalistes, à toutes  celles et ceux avec qui nous avons
lutté, pour une riposte unitaire contre toute forme d’austérité.

Nous appelons celles et
ceux qui ont mené la campagne Poutou, qui ont pris contact avec nous à venir
renforcer le NPA.

Gérard Arnaud, Thomas Balenghien,
Martine Granier
 (porte parole de la campagne dans
l’Hérault.)
  Jean-Paul Cros (coordonnateur
de la campagne.)



La déclaration de Philippe Poutou à l’issue du premier tour

Merci à celles et ceux qui viennent de voter pour moi car nous avons réussi ensemble dans cette campagne, au-delà de notre score à faire exister des réponses anticapitalistes: l’interdiction des licenciements, l’augmentation de tous les revenus de 300 euros nets, l’annulation de la dette, une autre répartition des richesses et la sortie du nucléaire en dix ans.

Dans cette campagne, nous avons essayé de montrer l’absolue nécessité que les salariéEs et la population ne comptent que sur leurs propres forces pour combattre les méfaits du capitalisme.

Nicolas Sarkozy a mené pendant cinq ans une politique pour ses amis les riches, une politique antisociale, xénophobe et raciste. Le fait que Sarkozy soit rejeté dès le premier tour par une grande majorité de la population est bien- sûr un formidable encouragement. Le fait par contre que l’extrême droite avec Marine le Pen fasse un score aussi élevé d’environ 20% est une mauvaise nouvelle. Son parti et elle-même ne représentent en rien les intérêts des classes populaires. C’est un danger mortel qu’il faut continuer à combattre.

Face à cette droite dure, le Parti Socialiste et son candidat ne sont pas une réponse. Le projet du PS s’inscrit dans les grandes lignes des choix de l’Union européenne et des socialistes européens. Il annonce déjà des politiques de rigueur, pour une « austérité de gauche ».

Depuis cinq ans le NPA combat la politique de Sarkozy et de son gouvernement dans la rue comme dans les urnes. C’est en ce sens que le NPA appelle le mardi 1er mai à manifester dans toutes les villes de France pour les mesures d’urgence sociales que nous avons défendues dans cette campagne, contre la politique de Sarkozy et le danger que représente l’extrême droite de Marine Le Pen.

Le 6 mai, dans la suite de la campagne que nous avons menée, nous serons au côté de celles et ceux qui veulent empêcher Nicolas Sarkozy de faire un second mandat. Nous le disons clairement, il faut dégager Sarkozy et toute sa bande en votant contre lui. Mais cela ne signifie pas un quelconque soutien à la politique de François Hollande.

Nous appelons celles et ceux qui se sont reconnus dans notre campagne à se regrouper, à prendre contact avec nous, pour qu’ensemble nous puissions faire vivre une force anticapitaliste indépendante. Dans la bataille contre l’austérité de droite comme de gauche, nous nous adressons au Front de Gauche, à Lutte ouvrière, aux militantEs syndicalistes et bien au-delà à celles et ceux qui se sont retrouvés dans ces campagnes pour préparer dès à présent la contre-offensive dont a besoin le monde du travail.

PP, le 22 avril 2012



Analyse

Une contribution de Samy Joshua, parue dans Médiapart



Le résultat de
Philippe Poutou et l’avenir de l’anticapitalisme



Le
choc du score de Le Pen ne doit pas empêcher de se pencher sur d’autres
données. Par exemple sur les résultats du NPA. Sur la fin, Philippe Poutou a
réalisé une percée médiatique et gagné une large sympathie, grâce aussi à la
nette amélioration de ses prestations. Les meetings se sont remplis. Tant
mieux ! Ceci permet heureusement de tirer un bilan qui mette à l’écart un
jugement sur la personne pour discuter plus sereinement de la ligne qu’il a
soutenue. Et de son résultat.

Quand
Besancenot obtenait en 2007 1,5 millions de voix, et 45% de celles à gauche du
PS (dans un contexte où le souvenir de 2002 était encore très vivace), Poutou
obtient juste un peu plus du quart de ces voix et dans les 9% de ce total. Ceci
alors que la force du vote utile, par rapport à 2002, avait nettement reculé et
que le total des voix de gauche a progressé par rapport à 2007. Il n’y avait
rien d’inévitable à une chute d’une telle ampleur, qui est le résultat d’une
succession de choix politiques malheureux avant, pendant et après sa
désignation.

Il
y a donc eu une grave erreur d’analyse sur les enjeux de cette élection. Le
cœur de cible de la campagne du NPA, « le candidat ouvrier », celui
qui est « comme nous », peut faire gagner de la sympathie, mais ce
profil est incapable de fonder une politique. Surtout quand tout le monde
pouvait sentir autour de soi la montée catastrophique du FN. Le candidat
lui-même expliquait qu’il ne voyait pas bien ce qu’il faisait là, ni l’enjeu
spécifique de cette élection. Alors qu’il eût fallu appeler à un gouvernement
de combat, mon camarade Poutou, lui, renvoyait les gens à leur impuissance en
annonçant qu’il « s’auto-dissoudrait » en cas d’élection.

La
gauche révolutionnaire sort profondément affaiblie de l’élection, le NPA en
particulier. Sur le plan électoral, elle est renvoyée dans les eaux de 1981
(2,30 pour Laguiller), alors que la crise du capitalisme explose. La campagne
du NPA fut volontairement décalée. Mais totalement à contretemps des exigences
de la situation. Attirant l’intérêt, mais avec une influence politique
inévitablement réduite. Alors que la crainte de la crise paralyse les
consciences, que les haines explosent en se trompant parfois de colère, que
partout on est à la recherche d’issues crédibles et cohérentes, l’idée que la préoccupation
principale soit au rejet des « politiciens professionnels » tape à
côté de l’essentiel, même si elle a sa légitimité. La question n’est plus qui
parle (si ça l’a jamais été à ce point) mais ce qui est dit. Au final,
l’anticapitalisme réduit au casting (qui parle ?) n’avait plus de vraie
raison d’être, sauf sur l’écume. Et a logiquement perdu totalement le soutien
des cadres du mouvement social, seuls pourtant à même de répondre aux tâches
qui ne manqueront pas de venir.

Mélenchon
fait mieux que ce qui lui était promis à l’automne. Mais moins bien évidemment
que ce qu’espérait le FG. Finalement, la somme des pourcentages de la gauche
radicale ne dépasse pas son niveau de 2002, répartie différemment ça va de soi.
Une déception, et une nouvelle preuve qu’il n’est pas si facile de surmonter
sur le seul plan électoral les échecs du mouvement social. Il reste que
Mélenchon a ouvert des issues avec un antilibéralisme radical, a tenté de
donner une réponse à une volonté d’unité face au social-libéralisme, et a mené
une campagne avec une dynamique de masse importante.

Ceci
ne doit pourtant pas masquer des désaccords qui peuvent potentiellement compter
pour l’avenir, dans une perspective anticapitaliste. La référence omniprésente
à « La République » est ambiguë dans l’histoire du pays, et ce n’est
pas pour rien qu’elle est revendiquée aussi par Sarkozy et tant d’autres. Il y
a chez Mélenchon la référence à 1793 et à La Commune de Paris. Mais aussi le
coup de chapeau à « la présence de la France » sur tous les continents
(autrement dit les dernières colonies), à la politique des États à la manière
gaullienne, à une alliance directe avec ces belles démocraties que sont la
Chine et la Russie, la vente sans scrupules d’armes « françaises »,
le maintien de la dissuasion nucléaire, les tentations fluctuantes sur le
protectionnisme.

Cela
n’enlève rien à la très large plage d’accord évidente entre les axes des
anticapitalistes et le programme du FG. Il a été attaqué à boulets rouges par
les libéraux arrogants, assis sur leurs certitudes. Et pourtant il est
insuffisant sur certains points pour faire face à des ennemis dont la puissance
ne peut être sous-estimée. Par exemple, se posera la question d’un moratoire
immédiat du remboursement de la dette si on ne veut pas se laisser asphyxier
comme le peuple grec, avec donc la question de l’appropriation sociale complète
des outils financiers. Surtout, logiquement, la grande absence de la campagne
du FG – entièrement axée sur « la révolution par les urnes » – fut
celle de la portée autonome du mouvement social (et des mouvements sociaux dans
leur diversité). Et on voit qu’il n’est pas si facile de percer sur le plan
électoral sans le moteur de la mobilisation purement sociale. Mélenchon
annonce, à juste titre, la nécessité de la résistance aux marchés qui ne
manqueront pas d’attaquer même les faibles velléités de Hollande s’il est élu.
Mais comment faire, une fois les élections passées, si ce n’est, d’abord, dans
la mobilisation de rue et le combat social poussé au terme de sa logique
par-delà les habituelles tergiversations de sommet ? Cette question sera
au cœur des débats à venir et sera portée, par nécessité, bien au-delà des
seuls anticapitalistes.

 Et maintenant?

Reste
à se débarrasser de Sarkozy en le battant le plus largement possible par un
vote Hollande. Plaçons nous résolument dans la perspective optimiste, celle de
la défaite indispensable du président sortant.

Un
point fondamental est qu’au-delà du score, peut-être décevant au final pour le
FG, la campagne de Mélenchon a donné de la force à la volonté qu’une
« vraie gauche » se rassemble. Et les foules qui se pressaient en
masse aux meetings attendent que cet espoir ait des prolongements. Même si on
voit bien les difficultés qui se présentent. Depuis 15 ans maintenant, les
anticapitalistes affirment leur disponibilité pour une telle unité à condition
qu’elle ne soit pas bradée dans une nouvelle alliance dominée par le PS. Point
nouveau et très positif, à la fois le PG et – surtout – le PC disent avoir pris
conscience du danger couru à s’accrocher au char d’une nouvelle « gauche
plurielle », et de ce que les programmes de Hollande et celui des
antilibéraux ne sont pas compatibles. Certes il faut de la prudence en la
matière. On a été tellement habitué à ce que la vérité d’aujourd’hui ne soit
pas toujours celle de demain ! Les sirènes d’une nouvelle union de la
gauche n’ont pas perdu toute leur séduction, surtout dans la perspective de
législatives qui seront bien plus difficiles qu’espérées. Or si tout ceci se
traduit par une alliance avec le PS, ce sont évidemment les promesses
antilibérales elles-mêmes qui seront durablement condamnées. Mais si le choix
de la séparation est confirmé (et s’il n’est pas détourné ensuite, par exemple
par un vote en faveur du vote de confiance à l’Assemblée même si PS/EE ont une
majorité absolue) alors bien entendu la raison principale qui empêchait un
rapprochement durable sera levée.

Le
choix des anticapitalistes doit être de se mettre en mesure de participer aux
blocs politiques et sociaux avec les forces et secteurs qui seront dans le
rejet de la politique de Hollande s’il l’emporte. Si le préalable des relations
gouvernementales avec le PS est levé, l’espace d’une telle recomposition sera
celui d’un débat principalement avec le FG. Celui-ci ne doit pas rester un
cartel de sommet, étroitement contrôlé d’en haut, comme c’est le cas à ce jour.
Il doit comporter une structuration pérenne à la base, ce qui va de pair avec
la possibilité de collaborer à ce bloc par des adhésions directes, et la représentation
de ces structures de base dans des instances locales et nationales. Il est par
ailleurs de l’intérêt de tout le monde qu’existe une alternative écosocialiste
et anticapitaliste qui s’affirme. Composante pour qui, s’il est juste de
combiner la bataille au sein des institutions existantes, l’expérimentation
sociale transformatrice, les mobilisations extra parlementaires, ces dernières
demeurent un cadre prioritaire donnant la possibilité que « l’émancipation
des travailleurs (soit) l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », dans un
affrontement inévitable avec un ennemi qui concentre le pouvoir économique,
politique, idéologique et répressif.

Le
NPA est devant un choix vital pour que l’influence de la gauche révolutionnaire
(qui ne se limite heureusement pas au score de Philippe Poutou et de Nathalie
Arthaud) ne soit pas encore plus affaiblie et définitivement stérilisée. À
l’occasion de sa prochaine conférence nationale (convoquée les 7 et 8 juillet),
il doit prendre résolument une autre route. Alors que la menace Le Pen devient
encore plus pressante, ce qu’il a lui-même mis comme condition à un
rassemblement est possiblement en passe de se réaliser. Pas certain encore,
c’est vrai. Mais si ça se confirme, il doit sans plus attendre sortir de
l’isolement où il s’est enfermé alors que monte l’extrême droite. Dans la
poursuite de son projet fondateur, il lui faut travailler en même temps à
construire une nouvelle formation avec tous les anticapitalistes,
malheureusement aujourd’hui de nouveau bien trop dispersés. Une malédiction
dont il faudra bien se débarrasser un jour. Une nouvelle formation donc, à
l’intérieur d’un large bloc unitaire, politique et social, contre l’austérité
de droite (si malgré tout Sarkozy parvient à l’emporter) comme de gauche. Les lendemains
du scrutin imposent ce double rassemblement face aux enjeux de la résistance à
la crise capitaliste et à la politique très probable de Hollande s’il est élu.
Il peut marquer une inflexion en Europe, montrer une voie nouvelle et ouvrir
enfin d’autres possibles que celle de la litanie des défaites et des reculs.

 Samy
Johsua, militant du NPA

 

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Gauche écosocialiste 34
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