Budget régional 2017 : en finir avec les politiques d’austérité et de contraintes budgétaires

Par Myriam Maritin, conseill!ère régionale d’Occitanie.  Notre région Occitanie possède de réelles marges de manœuvre en matière budgétaire. Cependant deux problèmes se posent :  la baisse de la dotation de l’état et la baisse des dépenses au nom des économies qu’il faudrait effectuer pour aider l’état à se désendetter. 

Des marges de manoeuvre budgétaires mises en cause par la volonté de réduction des dépenses publiques 

Notre région Occitanie possède de réelles marges de manœuvre en matière budgétaire. Le loyer de l’argent étant faible, il est pertinent aujourd’hui d’emprunter afin d’investir pour l’avenir, et ce, d’autant que l’endettement par habitant est en dessous de la moyenne nationale, la région Occitanie est une des régions les moins endettées de France. 

Cependant deux menaces pèsent sur le budget : tout d’abord la baisse injuste et insupportable de la dotation de l’état sur l’ensemble des collectivités. Faut-il rappeler que ces baisses drastiques empêchent les collectivités de mener à bien leurs politiques alors que le transfert de compétence vers les collectivités (notamment vers les régions) a augmenté avec la loi Notre? Ensuite, au nom des économies qu’il faudrait effectuer pour aider l’état à se désendetter, les collectivités dépensent beaucoup moins ce qui pénalise l’ensemble de nos concitoyen-ne-s.

N’oublions pas non plus que la part des collectivités dans l’endettement de l’état est ridicule. Donc contraindre le budget en baissant ou en augmentant peu les dépenses est injuste et inefficace, c’est s’interdire d’agir tout simplement. Nous devons combattre ces orientations mortifères.

Des alternatives existent : emprunt et réorientaion des dépenses

Or si ces deux problèmes (baisse de la dotation de l’état et donc des dépenses) perdurent, il n’en demeure pas moins que, comme écrit plus haut, des alternatives existent, par l’emprunt et par la réorientation de certains budgets en faveur de l’égalité sur l’ensemble du territoire régional, des services publics, de politiques écologistes etc…

Dans notre région Occitanie, notre groupe, nos élu-e-s ont défendu dans le cadre des discussions dites d’arbitrage, nos orientations politiques pour le budget 2017, afin de répondre aux besoins sociaux et écologiques. 

Lycées, des avancées et des problèmes maintenus 

Sur certains sujets comme  la gratuité pour tous les outils pédagogiques obligatoires dans les lycées, on a avancé. Par contre, pose problème  le financement des lycées privés sous contrat avec l’état, financement de l’investissement pour lequel il n’y a pas d’obligation légale, mais qui en plus dépasse le cadre de la loi Falloux au moins dans l’ex région Languedoc Roussillon.

Cette situation qui voit des millions d’euros partir vers des établissements privés aux tarifs plus ou moins prohibitifs, qui de fait sélectionnent leur public pour préserver l’entre soi social, est le résultat de plus de 30 de lâcheté de la gauche dans ce pays. Dans un pays laïque comme le nôtre où la séparation de l’église et de l’état est une réalité depuis 1905, le financement de lycées privés essentiellement confessionnels est une aberration, un anachronisme. Nous nous devons de nous battre pour signifier que l’argent public, l’argent de nos impôts, doit servir d’abord les services publics, c’est à dire l’intérêt général.

La région qui a cherché à effectuer des économies, a décidé d’externaliser il y a deux ans désormais, l’entretien, la maintenance du chauffage dans sa globalité au sein des lycées. Résultat : point d’économie mais de l’argent à débourser pour ces entreprises privées, des sommes considérables sans un service amélioré. C’est toujours le même résultat quand il y a externalisation, délégation de service public : l’intérêt privé est contradictoire avec celui du service public, il s’agit de faire du profit bien souvent au grand dam des collectivités.

Comment accepter alors qu’à côté de cela, on laisse se dégrader le service public au sein des établissements que la collectivité a en charge, parce qu’on ne recrute pas suffisamment des ARL (Agents Régionaux des Lycées) dont les conditions de travail se sont dégradées et dont la souffrance au travail n’est plus à démontrer?

Etre offensif pour l’égaté des territoires, l’accès aux services publics, l’écologie

Globalement il nous faut porter le fer sur les grandes mesures qu’on propose en illustrant ces demandes par des exemples précis. Ces axes que nous défendons correspond à l’exigence d’égalité sur les territoires, d’accès aux services publics (exemple : centre de santé pour lesquels il faut se battre), de défense de la vie associative, d’un service public d’éducation de qualité (accélération des restructurations, avec 7,8 millions d’euros dans les lycées privés, on peut faire face, recrutement d’ARL pour faire face aux besoins), de réponses donc aux besoins sociaux.

Mais aussi aux exigences écologiques : pour aller davantage vers une agriculture bio et paysanne, l’aide à l’installation pour relocaliser les productions, financer donc davantage cette démarche que l’agrobusiness. 

Etre exigeant du coup avec les entreprises : les subventions ne peuvent être accordées qu’en fonction de critères environnementaux et sociaux stricts. Nous pouvons rappeler au groupe socialiste de la région Occitanie qu’il a voté le 28 novembre dernier en Assemblée Plénière notre amendement qui portait cette exigence. 

Réorienter la dépense publique, l’agent public pour la transtion écologique, l’économie sociale et solidaire, pas pour les grandes entreprises. 

Le prétexte qui risque d’être objecté à toutes ces propositions c’est les 1,5% d’augmentation en fonctionnement qu’il ne faudrait pas dépasser. Je ne reviens pas sur les pistes de financement et ce qu’on défend mais la réorientation de millions d’euros est possible : les grandes entreprises qui font des profits et qui bénéficient du CICE n’ont pas besoin d’argent de la région, argent qui peut être redistribué vers d’autres postes comme l’économie sociale et solidaire, la transition écologique pour aller plus vite et plus loin, un financement de la culture plus audacieux.

La stratégie à mettre en oeuvre est connue de tous et de toutes depuis le début de cette mandature : faire jouer le collectif, montrer que ce collectif existe, qu’il peut jouer le rapport de force s’il le veut, faire la démonstration qu’il n’est pas prêt à céder et qu’il peut faire bouger les lignes en faveur de notre politique.

Il faut que nous ayons pleinement conscience de ce que nous pouvons peser. 

 

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Myriam Martin, le 19 décembre 2016

 

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