Carcassonne : victoire juridique des salariés de Pilpa contre les licenciements

Le tribunal de grand instance de Carcassonne a retoqué le “plan social” et donner raison aux salariés contre la direction. Une victoire, pas définitive certes, mais un sursis et un encouragement. 








Voir aussi :  Midi Libre “un plan social pèse
sur Pilpa malgré un bénéfice en hausse”

Reportage de France 3 Languedoc-Roussillon

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Article de 
Jean-Louis
Dubois-Chabert pour la Dépèche du Midi, 12/12/12

Carcassonne.
Plan social retoqué par la justice : une victoire pour les Pilpa

Les Pilpa
ont gagné une bataille : hier, le tribunal de grande instance de Carcassonne a
jugé insuffisantes les mesures de reclassement du plan de sauvegarde de
l’emploi et le licenciement économique collectif illicite.

Coups de
klaxons et grands cris de joie, c’est avec un soulagement immense que les Pilpa
ont accueilli la décision du tribunal de grande instance de Carcassonne. Hier
matin, par ordonnance de référé, le juge a retoqué le plan social de la
direction de l’usine de fabrication de glaces qu’il estime «manifestement
irrégulier».

Il relève en
particulier les insuffisances du plan de reclassement du personnel – reprise de
seulement 8 salariés sur les 124 qui assuraient la production à Carcassonne,
dans les trois autres sites du groupe – et constate que le licenciement
économique collectif constitue un «trouble manifestement illicite». En termes
moins juridiques, il est immoral de virer 124 personnes quand l’entreprise est
rentable.

Un sursis de trois mois

Inutile de
dire qu’à l’approche du jugement, les 124 salariés menacés de licenciement
commençaient à manquer de sommeil. «Je n’ai pas dormi depuis plusieurs nuits,
confie Rachid Aït Ouakli, le délégué CGT du personnel. J’ai passé la nuit
dernière sur le canapé ! Enfin… Grâce à la mobilisation de tous, grâce au
soutien de la population de Carcassonne, grâce aux élus on a gagné au moins
trois mois d’oxygène. Il va falloir qu’ils refassent leur PSE (Plan de
sauvegarde de l’emploi)». Dans le couloir du local syndical, les hurlements de
joie retentissent. Djamel exulte et rend hommage aux employés : «Ce jugement
prouve qu’ils ont eu raison de continuer à travailler. Avec les produits
fabriqués, ils ont réalisé le chiffre de l’année et démontré que c’était
rentable.»

«Ah ! Putain
que c’est bon, lâche Christophe Barbier, le secrétaire du comité d’entreprise.
Mais ce n’est pas fini, avec ces voyous», se méfie-t-il. Dans l’immédiat,
l’usine est fermée pour la période des fêtes. Elle ne rouvrira que début
janvier. Dans le local syndical, un tableau précisant le planning des
«permanences» et des «rondes». Les Pilpa ayant si peu confiance en leur
direction qu’ils l’estiment capable de déménager les machines en leur absence.
Ils vont donc organiser la surveillance jour et nuit de l’entreprise.

Ensuite ? Malgré
la victoire d’hier, les Pilpa ne sont pas pour autant définitivement sauvés.
«Pendant les trois mois qui s’ouvrent nous allons travailler sur le projet de
SCOP et les pouvoirs publics sur les repreneurs potentiels», annonce Rachid Aït
Ouakli. En attendant, après des semaines de stress, les familles vont pouvoir
passer des fêtes plus calmes.

 

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