tirs de mines

CONSULTATION PUBLIQUE SUR LE LIEN : Malgré les tentatives de manipulation, des résultats très clairs !

Ce mardi 17 mai s’est tenue au Dôme à Montpellier, à l’initiative du collectif SOS Oulala, une conférence de presse sur les résultats de la consultation publique organisée par le préfet de l’Hérault concernant le projet routier du LIEN. Rappel : cette consultation s’est déroulée en février 2022. La population était invitée à se prononcer sur l’avis de la MRAE et la réponse du Département à cet avis, concernant l’étude d’impact produite par le Département en 2021.

Des militant.es de diverses associations et organisations politiques opposées au projet du LIEN étaient présent.es (Extinction-Rebellion, Alternatiba-ANV, FNE, Ensemble ! 34, le groupe France Insoumise du Pic Saint-Loup).

Une mobilisation citoyenne et une participation de qualité

Anna Tubiana (SOS Oulala) a d’abord présenté l’énorme travail d’analyse quantitative et qualitative effectué, par le collectif, sur les 1664 contributions (analyse intégrale : https://www.sosoulala.org/nos-dossiers) . Elle a souligné la mobilisation citoyenne malgré la complexité de la question posée. Au total, 64% des contributions sont défavorables au LIEN, 80% si on ne retient que celles qui ont répondu à la question posée (l’Avis de la MRAE et la réponse du département). Les thèmes récurrents sont l’utilité publique, la liaison autoroutière et les mobilités, les bouchons, l’artificialisation des sols, le climat et l’environnement.

Les participants à la consultation, qu’ils soient opposants ou favorables, confirment que le LIEN est un bien une liaison inter-autoroute qui servira au développement de ZAC, contrairement à ce qu’affirme le Département (une desserte locale et route inter-villages).

De nombreuses contributions remettent en cause l’utilité publique du LIEN, pour ses effets d’augmentation du trafic routier, d’artificialisation des sols, et d’augmentation des GES, de pollution. Le LIEN est perçu majoritairement comme un projet totalement anachronique, à contre-courant des enjeux climatiques de l’heure.

Des tentatives de manipulation du Département pendant la consultation

Julie Cutillas, d’Alternatiba-ANV, a pointé les tentatives de manipulation du Département dans toute la séquence de la consultation, en s’inspirant d’un article paru sur le site de la Mule média (https://www.lamule.media/2022/05/15/comment-le-departement-de-lherault-a-bidonne-la-consultation-sur-le-lien/), qui rend publics des documents très éclairants :

Dans une lettre au préfet, K. Mesquida se plaint du fait que les associations aient fourni un « kit » d’argument à leurs militants, ce qui aurait biaisé la consultation. Or, c’est justement le rôle des associations d’informer le public, surtout quand l’objet de la consultation est volontairement opaque et complexe !

Mais surtout, K. Mesquida masque les manœuvres de ses propres services ou amis politiques qui ont utilisé des moyens publics pour influencer le résultat :

La lettre incitatrice de Mme Andrieu, directrice du pôle routes et mobilités du département à ses subordonné.es

Le discours de JF SOTO, lors de la réunion des maires de la communauté de commune de la vallée de l’Hérault qu’il préside

Le contexte lui-même était perturbant, puisque le Département avait commencé les travaux, dynamité la colline, comme si l’issue de cette consultation n’avait aucun impact…

Une préfecture encore juge et partie, dont le rapport est biaisé

J’ai dénoncé la position du Préfet de l’Hérault, M. Moutouh, dont le rapport sur la consultation, non rendu public, est très partiel et partial, biaisé de plusieurs façons:

Les arguments des « pour » et des « contre » sont présentés comme étant d’égale importance quantitative et qualitative dans les contributions.

Les arguments de la MRAE sont systématiquement minimisés. Or, l’objectif de la MRAE est de garantir que les décisions soient prises dans l’intérêt public, respectent les lois et normes en vigueur et soient dégagées des pressions locales. C’est sûrement ça qui déplaît à M. le Préfet.

Enfin, le rapport de la préfecture reprend quasiment « in extenso » des arguments de la lettre de M.Mesquida.

Donc, lors de la déclaration d’utilité publique en 2014, la préfecture de l’Hérault était juge et partie, c’est même pour ça que le Conseil d’Etat a mandaté la MRAE. En 2022, rien n’a changé, la préfecture est toujours juge et partie!

Et la suite ? Les temps changent…

Nous espérons que le Conseil d’Etat, dont l’avis est attendu au plus tard fin juin, saura prendre sa décision sur la base des éléments réels de la consultation (d’où notre envoi).

Les temps changent : ce week-end à Montpellier et à Rouen se tiennent des journées interluttes, avec de nombreux collectifs en lutte dans toute la France contre des projets routiers. On s’organise !

Selon un article du Monde publié le 6 mai, le rapport annuel de l’Autorité Environnementale fait le constat sévère que « la transition écologique n’est pas amorcée en France » et que « la plupart des aménagements et programmes publics ne prennent pas en compte l’impact sur le climat ou la biodiversité ». Ah bon ? On nous aurait menti ? Ca alors ! Il y peu à attendre de la déjà-là-depuis-5 ans Mme Borne, qui succède à Castex, le fan des contournements routiers.

Alors, dans les urnes en juin pour changer de majorité législative, sur la colline et dans la rue pour imposer l’abandon de ce projet d’un autre temps, la lutte continue !

Delphine PETIT

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Gauche écosocialiste 34