Explosion de Marcoule…Pour lutter contre la désinformation, lisons la presse espagnole !

Le quotidien espagnol Público a mené l’enquête sur le site de Marcoule et titre “Paris cache l’origine radioactive de l’accident de Marcoule”

Extraits traduits : A l’opposé des déclarations du ministre français de l’Industrie, Eric Besson, qui a fermement affirmé qu’il “n’y avait aucun risque radioactif”, nos informations sur le terrain montrent que la réalité est tout autre : la famille n’a pas pu s’approcher du cadavre irradié de l’employé décédé lors de l’accident sur lequel n’a été pratiquée aucune autopsie. Aucune mesure de la radioactivité sur le corps n’a ainsi pu être effectuée ; le cercueil, mis sous scellés et veillé par la famille, était doté d’un blindage intérieur antiradioactif; le hangar où s’est produit l’accident, placé sous scellés, n’est accessible qu’aux seuls gendarmes spécialisés pourvus de combinaisons de protection. […]

Le plus préoccupant reste la non révélation du contenu de la ferraille qui était en cours d’incinération et qui avait provoqué plusieurs incidents la semaine d’avant. Malgré les sollicitations pressantes de Público, la direction de l’entreprise Socodei Centraco s’est refusée à expliquer qui étaient les clients dont on incinérait, au moment de l’accident, les déchets radioactifs.

Par ailleurs, les autorités ont refusé de révéler le résultat des analyses des filtres et des capteurs placés dans la cheminée du four accidenté, avant, pendant et après la catastrophe. Ces données permettraient de connaître indirectement l’origine de la ferraille qui était en cours d’incinération, et, par là-même, sa nature civile ou militaire.

Selon un rapport de 1997 du Bureau Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, le four accidenté, qui était alors en cours de construction, était destiné en priorité à l’incinération de l’immense quantité de déchets se trouvant dans le complexe de Marcoule lui-même. Déchets résultant des activités essentiellement militaires qui ont eu lieu à cet endroit depuis 1958. Ce ne sont pas moins de trois réacteurs produisant du plutonium pour les bombes (G1, G2, G3), une usine de conditionnement de cet explosif nucléaire (UP1) et des réacteurs produisant du tritium pour les bombes (Celestin) qui ont généré 4000 tonnes de lingots de ferraille radioactive, 4000 tonnes d’acier irradié, 2000 tonnes de plomb irradié et 1100 tonnes de béton irradié, en plus des 553 tonnes de cendres et d’actinides mineurs qui sont des produits de la fission hautement toxiques.

Le 26 mai 2009, la même officine parlementaire avait estimé que le four de la Socodei, qui travaillait à flux tendu, était désormais trop petit et qu'”il faudrait travailler sur un projet de four à fusion d’une capacité supérieure” étant donné l’arrivée massive de plus de 130 000 tonnes d’une ferraille radioactive issue d’un plus grand nombre de démantèlements. Lesquels démantèlements risquaient de provoquer un véritable embouteillage dans le pays le plus nucléarisé du monde.

C’est dans cette situation que la fréquence des accidents de travail dans le four radioactif est montée en flèche à partir de 2008, selon le rapport d’activité 2010 du Conseil d’Administration de la Socodei.

Depuis décembre 2010, deux grèves du personnel ont eu lieu pour réclamer, entre autres choses, plus de sécurité et le retrait d’un projet de réorganisation visant à économiser trois millions d’euros..

L’article en espagnol de Público (18 septembre 2011)

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