Gard : Ensemble ! à la fête de Lézan organisée par le PCF



Répondant à l’invitation de la fédé du Gard du PC que nous
remercions ici les collectifs gardois de Ensemble
! ont pris leurs  quartiers à la fête Gardoise du PC et de la Marseillaise
les 28 et 29 juin. Dimanche après midi, le débat sur « Où va la gauche ? »
a réuni à la tribune :
Alexis Corbières (PG) David Hermet
(Ensemble) Pierre Laurent (PCF)  Liêm
Hoang-Ngoc (socialiste affligé) Lucile Schmidt (EELV). Compte rendu ci-dessous.




 

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Répondant à l’invitation de la fédé du Gard du
PC que nous remercions ici les collectifs gardois de Ensemble ! ont pris leurs  quartiers à la fête Gardoise du PCF
et de la Marseillaise à Lezan les 28 et 29 juin.  

Leur stand  prenait
place parmi ceux des sections Gardoises du PC, d’associations mais
 côtoyait l’emplacement vide du stand du PG.
 

Dés samedi soir Ensemble!  proposait du théâtre : un camarade Belge Jean
Delval 
jouait “Marx le retour “ devant  plusieurs
dizaines de personnes.

lezan2.JPGDimanche matin avant de partager un  repas
devant le stand, une bonne trentaine de camarades participaient au débat sur  la construction d’E! et
sur la stratégie à mettre en œuvre pour résister à la  profonde remise en
cause des partis politiques qui se réclament de la gauche.
 


Le débat
organisé dimanche après midi à l’invitation du PCF a réuni environ 250 personnes sur le thème 
« Où va la gauche ? ». Il a été introduit par : Alexis Corbières (PG)
David Hermet (Ensemble) Pierre Laurent (PCF)  Liêm Hoang-Ngoc (socialiste affligé) ainsi que Lucile Schmidt
du bureau exécutif d’EELV.

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Lors des introductions, la politique de Hollande-Vals a fait l’unanimité contre elle. Les
intervenant-e-s ont également expliqué la nécessité de faire converger toutes
les forces de gauche critiques de cette politique dans une situation que tout
le monde a jugé lourde de dangers.

David Hermet a présenté les propositions d’Ensemble : construire un front
large anti-austérité réunissant les forces politiques (FDG, Nouvelle Donne, écologistes
et socialistes critiques, NPA…) mais aussi les forces issues du mouvement
social et syndical. Les luttes des intermittents et des cheminots montrent qu’un
réveil social est possible. Ce front large pourrait organiser la résistance, la
convergence  et ainsi redonner
espoir. En effet, on ne construira pas d’alternative à gauche si on se contente
de simples additions de forces politiques en vue des échéances électorales.

David Hermet a également insisté sur la nécessaire transformation du
Front de Gauche afin qu’il puisse redevenir une force attractive. La rupture
avec le PS est indispensable – à l’inverse de ce que le PCF a fait à Paris ou à
Toulouse pendant les municipales – mais cela n’est pas suffisant. Le FDG doit être
autre chose qu’un simple cartel électoral qui apparaît trop souvent divisé :
agir ensemble sur le terrain en dehors des élections, mettre en place des comités
de base du FDG.

Alexis Corbière pour le PG  est surtout intervenu sur les difficultés qu’a le
FDG à s’adresser aux jeunes et aux catégories les plus frappées par la crise,
revenant par exemple sur le mot « gauche » porteur de confusion dans
la période actuelle.

Pour le PCF, Pierre Laurent
a développé en introduction la nécessité d’un front large, politique et social,
opposé à la politique gouvernementale. Un rassemblement politique est possible,
il faut en écrire le programme en y associant au maximum les citoyens, seul
moyen aussi pour relativiser les questions de personnes, en vue par exemple des présidentielles
de 2017. 

Liêm Hoang-Ngoc (socialiste affligé) a critiqué la politique de Hollande et
indiqué qu’il fallait construire un rassemblement alternatif. Selon lui, les têtes
de chapitre du programme sont déjà connues, il faut se
mettre au travail pour en écrire le contenu détaillé.

Lucile Schmidt est revenu sur la sortie d’EELV du gouvernement, sortie justifiée
mais qui, selon elle, a eu lieu dans une certaine confusion. Elle a indiqué sa
disponibilité pour l’élaboration d’un programme où l’écologie ait toute sa
place tout en rappelant que le programme négocié par EELV avec le PS n’avait
pas été respecté. 

 

Le débat a beaucoup porté sur les rapports au gouvernement et à l’appareil
du PS, lors des élections ou à travers les votes au parlement sur le
budget ou sur la loi ferroviaire. 

Pierre Laurent a relativisé ces questions « qui fâchent »
au nom du nécessaire rassemblement à gauche. Alexis Corbière pour le PG a au
contraire beaucoup insisté sur l’indépendance vis à vis du PS expliquant qu’aucun
rassemblement n’était possible s’il n’était pas dit clairement qu’il n’y aurait
aucun accord de premier tour avec le PS aux prochaines élections. Répondant aux
interrogations du public sur sa place au sein du PS au regard du discours tenu,
Liêm Haoang-Ngoc a expliqué que l’enjeu n’était pas un départ individuel mais
la nécessité de convaincre les électeurs socialistes qui avaient voté Non au
TCE en 2005. Pour David Hermet, il faut chercher à rassembler, sans sectarisme,
sur les questions présentes, et donc sans se focaliser sur les positions passées
des Verts ou de l’aile critique du PS. 
Pour autant, ce rassemblement ne sera crédible que si les paroles sont
suivies d’actes concrets. De ce point de vue les derniers votes de EELV et des
frondeurs du PS en faveur de la loi ferroviaire ne vont pas dans le bon sens.
Construire un rassemblement plus large que le FDG est nécessaire mais celui-ci
doit être aussi, par sa clarté, en capacité d’être attractif auprès de toutes
celles et ceux qui sont écoeurés et révoltés par la politique actuelle du gouvernement. 

 

 Voir à ce sujet aussi 

Le dossier “Avenir du FDG” sur le site national de Ensemble ! : ici

L’appel “gauche, ne plus tarder” un appel à débattre et à agir signé par des responsables de E!, du PCF, du PG, de Nouvelle Donne, des socialistes affligés et de EELV ainsi que par des électeurs du mouvement social. ici

 et enfin : 

 Quelles perspectives pour le Front de gauche ?par Ingrid Hayes



On ne peut le cacher, le Front de gauche est sorti mal en point de la
séquence électorale. Il a progressivement perdu de sa force propulsive, au
cours des deux années qui nous séparent de l’élection présidentielle de mai
2012. Divers textes ont permis de lancer la discussion sur les raisons de cette
perte de substance, qui tient au final, pour l’essentiel, à l’incapacité du FdG
à faire une offre politique au lendemain de la campagne présidentielle de 2012,
qui avait pourtant mobilisé des dizaines de milliers de personnes, et à
l’absence de visibilité nationale du FdG, durant les élections ou hors période
électorale, depuis mai 2012.

Inutile de revenir sur les municipales, qui virent le PCF faire le
choix d’une alliance avec le PS dès le premier tour dans la moitié des grandes
villes. Mais, ni les législatives de 2012, ni les européennes de 2014, ni les
tentatives de campagne menées dans l’intervalle, n’ont permis de donner à voir
une stratégie commune et lisible et les grandes lignes d’un projet alternatif.
Dans son émiettement, le FdG s’est retrouvé assimilé au reste de la gauche, et
notamment à celle qui mène désormais une politique au service d’intérêts contradictoires
avec ceux du plus grand nombre, avec le risque d’être entrainé dans sa chute.

Mais pourquoi donc alors s’acharner à relancer et à faire
vivre ce qui ressemble trop souvent à un cartel brinquebalant et
conflictuel ?

La réalité est en la matière assez simple. Le Front de gauche, aussi
fragilisé soit-il, demeure, à gauche du PS, le seul cadre commun à la fois
large et porteur d’espoir pour toutes celles et tous ceux qui sont attachés à
une perspective de transformation sociale, ancrée dans les territoires et les
mobilisations. Aussi fragilisé soit-il, il conserve un fort potentiel militant,
partout où il vit et fonctionne, dans un processus de dépassement de ses
composantes, dans une série de villes et de départements mais aussi dans le
cadre de ceux des fronts thématiques qui conservent une réalité, en termes
d’élaboration collective et de militantisme commun. C’est pourquoi, sans
illusions évidemment sur le fait que les potentialités seraient aujourd’hui les
mêmes qu’en 2012, Ensemble ! n’a pas renoncé à l’ouverture aux adhésions
directes, à la possibilité de redynamiser ses structures, bref à une relance et
à une refondation du FdG. L’assemblée générale de rentrée du FdG, le 6
septembre, constituera une étape importante dans ce processus.

Il serait vain de penser opposer la relance du FdG et la perspective
d’un cadre plus large, permise par les récents choix d’EELV et la crise en
cours au sein du PS. D’abord, parce que la décomposition/recomposition à
l’œuvre prendra du temps, et que tout raccourci pourrait être mortel. Les
temporalités sont disjointes, il faut travailler à les faire converger mais
sans subordonner l’activité du FdG à cet objectif. D’autre part, il n’y aura de
recomposition à gauche qu’avec un FdG réunifié et cohérent. Il serait illusoire
de penser qu’une composante seule pourrait jouer sa carte, sous peine de se
retrouver à la remorque d’autres forces sans avoir obtenu d’avancée en termes
de clarification politique. Si les rythmes viennent à s’accélérer, c’est uni
que le FdG pourra peser, dans le sens d’un profil anti-gouvernemental axé sur
la rupture avec l’austérité, pour une politique de redistribution des
richesses, une véritable transition énergétique et une bataille pour la
démocratie et l’égalité des droits. Mais si les rythmes viennent à s’accélérer,
il n’est pas donné que la question du dépassement du FdG soit immédiatement
posée.

Pour l’heure, dans la discussion sur les contenus, le projet porté
par le FdG conserve sa spécificité, pour dire le moins. Dans un front comportant
des forces qui demeurent acquises au pacte de stabilité, et discutent
simplement le montant de la réduction des dépenses, avec des forces qui
viennent de voter unanimement un projet de loi ferroviaire alors même qu’un
puissant mouvement social s’y était opposé, pas question d’abandonner le
drapeau de la transformation sociale !

La relance du FdG est donc fondamentale à plus d’un titre, et
notamment parce qu’il n’y aura pas de politique utile vis-à-vis des autres
forces qui entrent en crise si le FdG ne sort pas de la sienne. Pour cela, la
discussion doit avoir lieu en grand et pas seulement au sein du PCF et du PG,
qui tentent de redéfinir les perspectives de leur organisation après une
séquence qui, d’un certain point de vue, a contredit les espoirs que chacun
avait placé dans le FdG : être le réceptacle naturel d’une crise politique et
sociale qui produirait une dynamique à gauche, pour le PG, sauvegarder les
positions institutionnelles du parti et redessiner une perspective politique
dans un contexte de panne stratégique pour le PCF.

La discussion au sein de ces deux organisations est manifestement
vive. Au PG, l’effondrement du scénario politique prévu semble produire
contradictoirement une réflexion sur les perspectives et une forte tentation de
repli sur soi, avec le risque du sectarisme et de l’isolement. Au PCF, le doute
vis-à-vis du FdG a saisi des secteurs qui vont au-delà de l’habituel noyau,
comme en témoignent certaines tribunes. Les difficultés, jusque-là surtout
notoires en Bretagne ou à Toulouse, s’aggravent notamment dans l’Est et le
Centre. Les résistances sont heureusement fortes, à la mesure de la remise en
mouvement du PCF que le lancement du FdG a permise, au-delà des résultats
électoraux eux-mêmes. Pierre Laurent tente de conserver l’unité du parti, le
tournant vers la crise du PS sans opposer la recherche d’un regroupement plus
large à l’existence du FdG. Côté Gauche Unitaire, Christian Piquet quant à lui
semble au contraire considérer le FdG comme un obstacle dans la situation, alors
qu’il faudrait selon lui déployer une orientation en direction de toute la
gauche, en postulant que la majorité du PS basculera dans le bon sens,
contre Hollande.

Restent deux enjeux majeurs à propos desquels la discussion ne fait
que commencer, et dont les conséquences vont être redoutables : quel
positionnement vis-à-vis d’une gauche constituant une catégorie politique dans
laquelle une partie de la population continue à se reconnaître, tandis qu’une
partie croissante la rejette en bloc ? Comment conserver ou retrouver une
capacité à comprendre et épouser les formes nouvelles de conscience politique
et de mobilisation ?

 

 

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