Hauts Cantons : visite militante de Saint Pons à Notre Dame Des Landes

Des militant-e-s de Saint Pons sont allés à Notre Dame des Landes. Récit

Réunions NDDL dans les Hauts Cantons : lundi 4 février  à 18h, Bédarieux, local de solidaires.







Tribulations des éclaireurs du comité de soutien Somail/Vallée
du Jaur à NDdL

1er jour, le 6 janvier. De Saint-Pons à Nantes.

Trois camarades dans
une camionnette avec le fruit de la collecte de décembre (planches et chevrons,
outils, pioches, merlins, étau, fils de fer, pointes diverses ; duvets,
couvertures et lits pliants ; vin du minervois pour le réconfort des troupes).
Trois autres camarades dans un camping-car, pour l’autonomie. Un autre ami, de
la Conf’, avec son propre véhicule, a différé son séjour d’une semaine.

Départ de Saint-Pons à
8 h 30. Trajet de plus de 15 heures, hors autoroutes – de Vinci – par Angoulême,
Poitiers et Nantes. Hébergement le soir chez un ami dans la banlieue nord de
Nantes, avec un repas somptueux. 
Difficultés à trouver l’adresse pour cause de
GPS… Savoir qu’il est très délicat d’arriver de nuit à NDdL, les petites
routes étant difficiles à trouver pour qui ne connaît pas les lieux, de surcroît
certaines sont bloquées par les bleus.

DSC00015.JPG

DSC00027.JPG2ème jour.

Une militante locale nous
guide, de Nantes à NDdL, à environ 18 km en pleine campagne, en contournant le
check-point sud, et nous installe à la ferme Montjean, à 2 km du village.
Accueil très fraternel, spontané. Visite (à pied bien sûr, environ 14km) du
secteur ouest de la ZAD. Animations sur la route, et cohue à l’entrée du champ
où s’est installé le festival pour deux jours. Rencontre avec nos jeunes
ami-e-s du squatt Auguste-de-Cabannes, à Courniou. Tournée au campement
Chat-Teigne. Chemins plus que boueux : une équipe retape en permanence les
pontons du camp (au moins 40 cm de boue). Discussion avec les paysans, qui
viennent une fois par semaine faire tourner les moteurs de leurs tracteurs,
placés en protection du lieu d’habitation et reliés entre eux par un gros câble.
Ces paysans sont en osmose parfaite avec les opposants.

Une équipe d’ARTE veut
filmer, les jeunes n’y voient aucun intérêt. Discussion intéressante avec eux,
qui veulent un autre monde et sont tous anticapitalistes. Pour eux, comme pour
tous sur la ZAD, ce combat de NDdL est « la mère de toutes les batailles »
contre l’impérialisme et le capital.

Retour par la
Vache-Rit. Conversation fructueuse avec une personne de la ferme.


3ème jour.

Visite du secteur est
de la ZAD (à pied toujours, environ 10 km).

DSC00031.JPGSites Le Sabot, le
Far-West et son extension sur le lac : une cabane posée sur un radeau de fûts
de 250 litres, où vivent six personnes, qui se déplacent en barque. Ces cabanes
sont de véritables maisons en bois, conçues par des professionnels. Beaucoup de
militants vivent aussi sous la tente. Puis nous allons aux Fosses Noires et à
la Sécherie. Un activiste connaît bien Saint-Pons et l’épisode du « corbeau »…
Explication détaillée des campements et des barricades, les buts des fosses à
char creusées dans la route afin de ralentir les camions de l’armée en renfort
de l’“opération César”.

Chaque bivouac est différent,
mais l’esprit libertaire et de résistance est partout le même. Moral d’acier,
en dépit des conditions très difficiles (le froid, la boue, la répression).
Tous apprécient un soutien venu d’aussi loin. Repérage de la zone en prévision
de l’édification de notre cabane du Jaur/Somail au printemps.

Retour au village,
faire connaissance avec l’équipe du point d’information de l’ACIPA. Les anciens
eux aussi ont une pêche d’enfer. Ils renseignent inlassablement quiconque s’intéresse
aux actions passées et surtout futures. Distribution de cartes, de badges,
d’autocollants… Invitation à boire un café chez un couple du village, très
militant – qui, pour la petite histoire, ont leur fille à La Salvetat. Échange
passionnant sur les motivations de chacun et sur les relations chaleureuses
entre les autochtones et les allogènes. Découverte de deux mondes qui ne se
seraient jamais croisés sans cela, et qui ont besoin l’un de l’autre
aujourd’hui, pour continuer, et gagner la lutte contre l’ayraultport. Soirée
arrosée avec les fermiers de Montjean.

DSC00035.JPG4ème jour, 9 janvier.

          Retour en Languedoc.
Poitiers, Bourges, Clermont-Ferrand, Saint-Affrique.

Ça fait vraiment
plaisir et chaud au cœur, de voir ces jeunes gens, de cette génération qu’on
dit égoïste et assistée, vivre dans de telles conditions aussi pénibles, avec
le sourire, et ce par conviction politique. Ils ont une foi chevillée au corps
!

 





Bref historique de la lutte à Notre-Dame des Landes (NDdL)

  

Plan vieux de 45 ans,
car en 1967 les élites voulaient faire de la métropole Nantes-Saint-Nazaire un
Rotterdam aérien de l’Europe. En 2000 — 2001 sous le gouvernement Jospin, avec à
la barre l’andouille Gayssot — le projet NDdl redevient d’actualité. La même
année, l’“Association citoyenne intercommunale des populations concernées par
l’aéroport” (Acipa) voit le jour et rassemble 3360 adhérent-e-s. Aujourd’hui,
elle a doublé. En 2009 est créé le “Comité des élus doutant de la pertinence de
l’aéroport” (CEDPA). Il rassemble un millier d’élus. Toujours en 2009, les
paysans et paysannes appellent à occuper et cultiver la ZAD (“zone d’aménagement
différé”, pour le pouvoir, “zone à défendre”, pour celles et ceux qui luttent
contre le projet), territoire de 2000 hectares occupé par 150 à 200 personnes
(elles sont aujourd’hui environ 300).

En 2010, l’État signe
avec Vinci, géant du béton, un contrat de concession de 55 ans.

En 2011, une
manifestation à l’actuel aéroport dit Nantes-Atlantique rencontre une violente
répression policière.

Début 2012 une nouvelle
manif rassemble à Nantes un millier de personnes.

En mai 2012, durant la
campagne présidentielle, grève de la faim de plusieurs paysans.

Le 21 juin, des
affrontements éclatent devant la mairie de la petite commune de NDdL (à 20 km
de Nantes), contre l’ouverture de l’enquête préalable à la déclaration d’utilité
publique.

Le 16 octobre 2012, le
gouvernement Ayrault lance l’opération “César” (nom de code – habitude puérile
assez ridicule, soit dit en passant – de l’intervention de la gendarmerie),
toujours en cours actuellement, visant à expulser par la force les habitants de
la ZAD afin de commencer les travaux avant l’issue des recours juridiques. La
plupart des campements et cabanes sont détruits, et reconstruits dans la foulée,
aux mêmes endroits et ailleurs.

Le 17 novembre 2012, 40
000 personnes venues de toute l’Europe manifestent à NDdL.

Le 23 novembre, la répression
féroce de la police fait une centaine de blessés et entraîne la condamnation de
plusieurs personnes à de lourdes peines, totalement disproportionnées.

Les 6 et 7 janvier 2013
un méga-concert rassemble sur place 10 000 personnes.

La lutte continue. Programmation pour le proche avenir :

Le 9 février, arrivée
des marcheurs partis de Nice et de Lille.

Au printemps, grande
manif de remise des champs en culture.

Le 11 mai, chaîne
humaine de 12 km autour de la zone, action nécessitant de 20 à 25 mille
personnes.

Les 4 et 5 août, méga-rassemblement
avec pour objectif 300 000 personnes, en guise de clin d’œil au Larzac de 1973.

 


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