Une gauche municipale qui “bouge” à Montpellier … ah bon ?

Essayons d’y voir clair : en parallèle ou en connexion avec le
tout frais remaniement de postes opéré par Hélène Mandroux à la mairie de
Montpellier, nous avons eu un succulent jeu de “chaises politico-musicales” qui a vu un élu
“société civile” passer au PS, un UMP, certes membre de…”Gauche
Moderne”, passer au Modem …allié, lui-même, au PRG (de gauche, donc!)…

Et puis nous avons apprécié le sens du contre-pied d’un Modem qui, lui, a filé au PS (pour en savoir plus et plus précisément sur ces acrobaties, voir Conseil municipal de Montpellier : les nouvelles délégations des élus [Montpellier Journal]).

Bon voilà, cela se passe dans une majorité de gauche où
le PC, au moins, résiste au “bougisme” cocasse de ses alliés. Mais au prix de ce qui, tout de même, se donne à voir comme un grand écart politique avec ce qui est proclamé, pour les présidentielles, avec le Front de Gauche, rien de moins qu’un cours politique refusant les compromissions et autres accommodements politiciens-politicards, depuis des proclamations, sinon d’indépendance (la pierre d’achoppement avec le NPA !), du moins de démarcation vis-à-vis du PS. Le tout se revendiquant de l’alternative antilibérale et citoyenne mais aussi, contradictoirement, d’un programme partagé de toute la gauche…oui, toute la gauche, ou presque,…comme à Montpellier où le Modem “partage” aussi mais pas les Verts qui voudraient pourtant en être!

Convenons que, vu de cette mairie, la clarté politique affichée dans la campagne des présidentielles du Front de Gauche est, quelque peu,
embuée…par les effets délétères du programme partagé, au quotidien gestionnaire, avec les Dufour, Tsitonis, Saurel, Vignal, tous d’un fan-club social-libéral ou centro-libéral, qui, de Bayrou, qui, de DSK/FMI-mauvaise pioche, qui, de Valls, le plus sarkocompatible (1), qui, d’un Hollande qui “ne s’offusque même pas quand on lui demande s’il se voit en une
sorte de Raymond Barre de gauche” (Mediapart) ou encore d’une Aubry jouant à être plus libérale que ledit Hollande pour gagner les primaires de son parti ! (2)

Comme aurait dit le fourbe Scapin, “Que diable va faire le PC dans cette galère?” alors que la nef de A Gauche Maintenant !, malgré tous les écueils, avait commencé à tracer, aux Régionales de l’an passé, un sillon autrement prometteur autour d’un programme partagé, pour le coup, avec un NPA, il est vrai, peu friand de la tambouille socialiste !

Sera-t-il possible, un jour, de dérouter le bateau de l’unité de gauche vers d’autres rives que celles, mouvantes et très bric-à-brac social-libéral et capitaliste, du PS et du Modem ? Les actuelles péripéties municipales de Montpellier, où l’empreinte de l’opportunisme frêchiste reste encore prégnante, même chez ceux qui prétendent s’en être émancipés, amènent à reposer la question…

Antoine

(1) encore qu’il semble évoluer mais toujours dans le même sens : Valls rêve d’une “majorité” élargie à Villepin et Bayrou (Le Monde)

(2) “[François Hollande] ne s’offusque même pas quand on lui demande s’il se voit en une
sorte de Raymond Barre de gauche. Ce n’est, certes, qu’une anecdote mais elle
est révélatrice. « On vous qualifie parfois de Raymond Barre de gauche.
Est-ce un compliment à vos yeux
? », lui a ainsi demandé il y a quelque temps
le journal Les Echos.

François Hollande a
partiellement accepté cette filiation, à la manière d’un Pierre Bérégovoy qui
ne détestait pas qu’on voie en lui un « Pinay de gauche ». « Je
le prends avec précaution, car on ne peut pas dire que sa réussite à l’élection
présidentielle ait été totale ! On ne peut dire non plus que sa gestion
ait été parfaite. Mais il a eu le souci de remettre nos finances publiques à
flot 
», a simplement répondu François Hollande.

Inquiétante filiation ! En 1981, Raymond Barre est, avec Valéry
Giscard d’Estaing, le symbole de la politique réactionnaire qu’il faut mettre
en échec, le premier ministre des injustices sociales, du chômage et des
premiers petits boulots. Trente ans après le 10 mai 1981[…] le voici en partie réhabilité par les
héritiers de ceux qui l’ont battu. C’est à l’évidence de très mauvais augure
pour la gauche. Et plus encore pour ceux qui rêvent toujours de « changer
la vie
 » et qui assistent, attristés, à ce spectacle désolant d’une gauche
qui perd tous ses repères. Adieu Keynes ! Vive Raymond Barre…” (Mediapart du 19 juillet : Adieu Keynes ! Vive Raymond Barre ! par Laurent Mauduit)

On trouve dans ce même article ces lignes sur Aubry que/qui soutient Hélène Mandroux : “François Hollande et Martine Aubry viennent en effet, l’un après
l’autre, de prendre position en faveur du plan de réduction des déficits et de
la dette publics arrêté par le gouvernement, et d’écorner au passage les
engagements contenus dans le projet arrêté par leur propre parti pour 2012. […]

Dans une étonnante compétition libérale, la rivale [de François Hollande] dans la
primaire, Martine Aubry, a fait comprendre que, elle
aussi, si elle était élue, n’aurait de cesse que de bafouer les engagements pris par
le Parti socialiste et de mettre en œuvre une politique d’austérité. Elle l’a clairement dit, dès le
lendemain, dimanche 17 juillet, à l’occasion d’un entretien sur Europe-1, que l’on peut écouter ci-dessous (surtout à partir de
32’34”).

En réponse à un journaliste qui lui demande ce qu’elle pense
de cette opinion exprimée la veille par François Hollande en faveur d’une réduction
des déficits sous les 3% du PIB dès 2013, Martine Aubry n’hésite pas un seul
instant : « Non seulement je le pense, mais… » Interrompue par l’un de ses interlocuteurs,
elle n’a pas le temps de poursuivre. Mais peu après, elle a le loisir de
s’expliquer : « On ne peut pas vouloir être présidente de
la République et ne pas respecter les engagements de la France 
», précise-t-elle. Elle s’engage donc sur les « 3%
en 2013, puisque c’est la règle aujourd’hui 
».

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Ce texte a été mis en ligne sur mon blog de Mediapart, précédé d’une introduction, sous le titre Montpellier, microcosme et microscope de la gauche antilibérale.

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MONTPELLIER,
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pas avec ce type de pratique…” (Francis Viguié, élu NPA-Cual)

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Mandroux recevant le soutien d’Aubry aux dernières Régionales

Illustration : 1271209878


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Gauche écosocialiste 34
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