Langues régionales : pourquoi ratifier la charte européenne ?



La diversité des langues et des cultures est une richesse. Pourtant,
trop longtemps le développement de la langue commune, le français, a été
construit sur le refoulement, la répression des langues des régions.








Communiqué de Ensemble !

Oui à la ratification
de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

OC.jpegLa
diversité des langues et des cultures est une richesse. Pourtant, trop
longtemps le développement de la langue commune, le français, a été construit
sur le refoulement, la répression des langues des régions. La diversité de ces
langues et cultures est pourtant un patrimoine commun, souvent partagé au delà
des frontières, dans plusieurs régions de France.
Nous voulons un monde
solidaire, c’est pourquoi nous refusons un monde standardisé.
Le droit à
l’apprentissage de la langue nationale comme à celui des autres langues de
France, dans les régions comme issues des immigrations, est un élément de
l’équilibre démocratique. L’engagement d ‘un processus législatif en vue de la
ratification par la France de la charte européenne des langues régionales ou
minoritaires est donc positif.


 
VLM.OC.pngDès à présent, il est possible de faire
vivre et revivre les langues de France
 – par le développement du
bilinguisme scolaire et d’activités périscolaires en langues des
régions
 – par une présence renforcée des langues des régions dans
l’audiovisuel public
 – par une aide à la création faisant vivre la
diversité linguistique
 – et dans bien d’autres domaines (signalétique,
publications administratives bilingues)

Les
combats pour l’émancipation, pour l’égalité des droits, peuvent s’exprimer dans
toutes les langues.
Il est donc grand temps que la France s’engage pour sa
diversité linguistique.

Le
22 janvier 2014.


Langues régionales :
pourquoi ratifier la charte européenne ?

Article de Isabelle Sargeni-Chetaudpublié sur le site national d’Ensemble !

Parce
que c’est un engagement ancien (1999) , que les gouvernements successifs qu’ils
soient de gauche ou de droite n’ont pas concrétisé, tout en étant contraints de
prendre en compte  les situations dans les régions concernées.

Parce
que, face à une économie mondialisée, le plurilinguisme, la diversité des
langues reste un enjeu d’avenir, pour le français comme pour les langues dites
régionales.

Parce
qu’aujourd’hui, ce ne sont pas des langues régionales ou minoritaires, souvent
fragiles, qui représentent un danger pour une « République une et
indivisible » de plus en plus inféodée aux intérêts économiques
supra-nationaux, mais les inégalités sociales structurelles.

La
volonté de ratification (qui impose une révision constitutionnelle et donc
prendra encore du temps) est d’ailleurs surtout un symbole, face au tout-aussi
symbolique article 2 de la constitution imposé par la droite “la langue de
la République est le français”.

On
le sait, de très fortes pressions s’exercent pour un  recours systématisé
à un « tout-anglais » uniformisé, une conception uniquement
utilitariste d’une langue réduite à un outil de communication standard. Mais
penser le maintien et le développement des langues à la seule lumière de leur
« utilité » économique ou de leur potentiel de locuteurs est
extrêmement réducteur. Bien au delà de l’aspect patrimonial, c’est un enjeu
pour le développement même de la pensée humaine dans toute sa complexité, de la
culture universelle.

Il
y a un an, le vote par le Parlement européen du Rapport sur les langues
européennes menacées de disparition et la diversité linguistique au sein de
l’Union européenne
avait constitué un événement important .

En
France, les langues dites « régionales » participent de la diversité
constitutive de l’identité nationale. Beaucoup d’entre elles ont des liens, des
filiations, avec les langues de nos proches voisins et sont une façon d’accéder
plus facilement à leur culture. Certaines sont des langues couramment utilisées
dans des pays voisins.

Bien
sûr, derrière l’expression « langues régionales » existent des
réalités très différentes tant du point de vue des territoires concernés (en
métropole ou dans les TOM et DOM) que de leur place dans la vie sociale ou
culturelle, ou de leur légitimité dans des pays limitrophes (basque, catalan…).
Leurs évolutions dans la vie sociale, économique ont été différenciées (médias,
familles, dynamique transfrontalière…), des différences qu’on retrouve aussi
dans leur place dans le système éducatif.

Dans
le Service public, ce sont déjà des milliers d’élèves (plus nombreux d’ailleurs
que dans les écoles associatives ou privées)  qui suivent un enseignement
de ou en basque, breton, catalan, occitan, alsacien, corse… dans des écoles,
collèges et lycées. De l’initiation à l’enseignement dans la langue en passant
par l’optionnel ou le bilinguisme à parité horaire, les demandes, l’offre, les
situations sont très diverses. L’enseignement en langue régionale (bilingue à
parité horaire dans les écoles, au moins deux disciplines enseignées en langue
régionale en collège…), encore insuffisamment développé faute de moyens dans
plusieurs régions, est pourtant indispensable pour permettre de former de
véritables locuteurs de la langue, capables de la transmettre à leur tour,
d’intervenir dans la vie culturelle.

Certaines
collectivités territoriales, dans le cadre de leurs compétences, ont mis en
œuvre une politique linguistique, favorisant une place plus grande des langues
régionales dans l’espace public (médias, signalétique, formation pour adultes,
aides à la création vivante…) et finançant des outils pédagogiques et des
projets culturels. Cela passe par un soutien actif  à la vie culturelle
(édition, spectacles), aux associations. C’est un vaste  domaine et il
demande à être encore développé.

 

 

 

 

 

 

 

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Gauche écosocialiste 34