LE NPA 34 EN DEBAT

Nous publions ci-dessous les réponses des trois sensibilités du NPA 34 (la Gauche Anticapitaliste, une sensibilité locale, la majorité nationale) à trois questions sur le bilan des présidentielles et sur les enjeux à venir pour la gauche radicale. 



Cet article est à paraître dans le prochain Motivé-e-s

Trois questions : 

1) Quel bilan tirez-vous des résultats du 1° tour en termes de
rapport de forces politiques?

2) Quelle est votre appréciation sur la campagne du NPA, à travers
la candidature de P. Poutou, et sur son résultat?

3) Après l’élection de F. Hollande, quelles sont les perspectives et
les responsabilités à gauche de la gauche ?


Les réponses de David
Hermet pour la Gauche Anticapitaliste et le conseil exécutif du NPA34

1) Quel bilan
tirez-vous des résultats du 1° tour en termes de rapport de forces politiques?

David Hermet  Le score du FN est inquiétant. Le pourcentage est  similaire à l’addition de Le Pen
et  Mégret en 2002 mais le gain en
voix est très important. En dix ans, les thématiques et les idées du FN ont pu
non seulement s’imposer dans le débat public mais elles ont aussi été en partie
mises en œuvre par la droite au pouvoir. Sarkozy a encore odieusement couru
après Le Pen dans l’entre-deux tours. Installé depuis plus de 25 ans comme une
force électorale conséquente, le FN peut désormais compter sur un assez
important vote d’adhésion. La porosité entre l’UMP et le FN, symbolisée par les
déclarations de Longuet indique aussi quels sont les risques dans la période à
venir. Le FN va tenter de recomposer et regrouper autour de lui la droite dure
afin de s’imposer comme la principale force d’opposition à Hollande. Il entend
aussi profiter de la crise économique et de l’impopularité probable de Hollande
en cas d’aggravation de celle-ci.

Les aspects positifs du résultat sont d’abord la défaite de Sarkozy
mais aussi le score de JLM qui montre que malgré la pression du vote utile, il
existe toujours un courant politique important à gauche du PS. La campagne du
FDG  a suscité l’espoir et une
dynamique militante assez inédite.  
 

2) Quelle est votre
appréciation sur la campagne du NPA, à travers la candidature de P. Poutou, et
sur son résultat?
 

David Hermet  La volonté de rupture
avec le capitalisme trop longtemps portée par la seule extrême gauche s’est
diffusée. JLM s’est aussi inspiré de nos propositions, comme pour la
réquisition des entreprises qui licencient. Et pourtant, le total LO + NPA est
le plus bas réalisé par l’extrême gauche depuis 1981. Le score marginal de P
Poutou ne peut s’expliquer ni par les divisions internes du NPA ni par le
manque de notoriété du candidat, toutes choses que la LCR avait connu en 2002
et 2007. Il y a donc un problème de fond, l’échec de cette campagne était
prévisible. On ne peut expliquer que la crise s’approfondit, que les politiques
d’austérité vont être brutales, que la période politique va être tendue et en
même temps n’en tirer aucune conséquence. L’heure est au rassemblement de la
gauche de la gauche, pas à l’isolement choisi autour d’une candidature certes
sympathique mais incapable d’incarner un tant soit peu une alternative.

3) Après l’élection de
F. Hollande, quelles sont les perspectives et les responsabilités à gauche de
la gauche ?

David Hermet  Sarkozy a été défait
mais pas sa politique. Hollande va se retrouver sous la pression des marchés,
il aura peu de marge de manœuvre. On peut donc s’attendre à la poursuite de
l’austérité et à son aggravation si la crise s’accélère. Face au mécontentement
prévisible, une course de vitesse peut donc s’engager entre la droite extrême
et la gauche radicale. Celle-ci doit donc être unie et déterminée pour
encourager les luttes et offrir une alternative de gauche au PS. Le FDG a
maintenant une place centrale dans ce rassemblement. S’il confirme son
opposition aux mesures d’austérité et sa non participation au gouvernement Hollande,
l’intégration, au sein du FDG, du  NPA, et à défaut de la Gauche
Anticapitaliste – si le NPA confirme sa ligne d’isolement -, devient possible.

Notons
cependant que la dynamique du FDG aux présidentielles s’est élargie bien au
delà des seuls partis fondateurs PG et PCF. Si le FDG veut réellement se
développer et être à la hauteur de la situation, il doit adopter un autre mode
de fonctionnement, plus inclusif et pluraliste, laissant plus de place à la
base militante. La manière dont le PCF a refusé dans la région tout accord avec
nous aux législatives, alors même que nous avions fait campagne commune aux
régionales, n’est pas un signe encourageant. Nous n’abandonnerons pas pour
autant devant ce genre de difficultés, héritées de pratiques passées. 

 

 

Les réponses collectives de Gérard Arnaud, Thomas Balenghien, Martine
Granier, porte parole campagne Poutou 34 Claude Dubois, Antoine Rabadan, blog
Poutou34 pour la sensibilité « Débattre pour construire, Le NPA est
notre maison commune »

 

1)   Quel bilan tirez-vous
des résultats du 1° tour en termes de rapport de forces politiques?

Gérard Arnaud, Thomas Balenghien, Martine Granier : La volonté
de se débarrasser de Sarkozy a été claire avec un vote utile en faveur de
Hollande. C’est la première fois qu’un président sortant n’est pas en première
position.

A gauche du PS, les
résultats du Front de gauche, même s’ils ne sont pas ceux espérés, traduisent
la volonté de nombreuses et nombreux militant-es du mouvement social de trouver
une alternative politique au libéralisme. Se reconstitue une gauche réformiste
certes radicale sur les estrades mais pleine de contradictions : « la
révolution par les urnes », la retraite avec 40 annuités de cotisation, le
drapeau bleu, blanc, rouge et la nation, le refus d’appeler à un moratoire sur
la dette pour une annulation de la dette illégitime, subordonnant le mouvement
social à l’orientation des directions syndicales majoritaires.

Autre enseignement :
le score du Front National. Dans notre département, il atteint de très hauts
scores. C’est un combat parfois délaissé sur le terrain qu’il va falloir
reprendre, par exemple en proposant à toute la gauche radicale de s’y employer.

2)   Quelle est votre
appréciation sur la campagne du NPA, à travers la candidature de P. Poutou, et
sur son résultat?

 Gérard Arnaud, Thomas Balenghien, Martine Granier, Ce fut une
campagne difficile à mener ; déjà il a fallu obtenir les parrainages pour
se présenter. Le fait d’y être largement arrivé témoigne de la vitalité
militante du NPA. Ensuite les tensions internes au NPA, le fait que des
camarades de la direction nationale, membres du courant Gauche Anticapitaliste
aient appelé publiquement à voter pour Mélenchon  n’a sûrement pas aidé. Mais ne nous trompons pas  ceci n’explique pas fondamentalement le
score de P.Poutou. Tenir bon sur une candidature clairement anticapitaliste,
féministe, internationaliste et pour l’écosocialisme était difficile dans un
contexte marqué par les défaites sociales ; la campagne a été audible dès
que nous avons eu les temps d’antenne avec notamment l’idée que nous devions
collectivement nous réapproprier la politique.


3)   Après l’élection de F.
Hollande, quelles sont les perspectives et les responsabilités à gauche de la
gauche ?

Gérard Arnaud, Thomas Balenghien, Martine Granier, Nous
l’avons dit pendant ces élections : virer Sarkozy sans faire confiance à
Hollande. Nous connaissons les politiques menées par les partis socio libéraux
en Europe. C’est pour cette raison que nous en avons appelé à construire une
opposition de gauche autour de mesures d’urgence pour lutter  contre les politiques d’austérité du PS
et de ses alliés. Nous y sommes prêts 
et nous souhaitons que toutes celles et ceux qui se sont exprimé-es par
leur vote à la gauche du PS soient partie prenante de ce combat. Plus que
jamais le renforcement de la gauche anticapitaliste est nécessaire, une gauche
indépendante du PS au gouvernement mais aussi dans toutes les institutions,
c’est ce à quoi œuvre et va oeuvrer le NPA. En ce sens, la campagne Poutou est
un point d’appui pour l’avenir.


Les réponses de Jean Paul Cros, membre de la majorité nationale du NPA

1)  

Quel bilan tirez-vous des résultats du 1° tour en termes de rapport de
forces politiques ?

Jean-Paul Cros  Le résultat du 1er tour se résume
ainsi :

– confirmation de la poussée vers Hollande telle
qu’indiquée dans les sondages

– déroute de Bayrou, autre candidat de la
bourgeoisie mais laminé par la bipolarisation gauche-droite

– un bon résultat du Front de gauche mais pas non
plus le raz-de-marée annoncé

– un bon résultat de Marine Le Pen mais qu’il faut
relativiser : si Marine Le Pen a effectivement porté le score du FN
au-delà du niveau de celui qui avait propulsé son père au second tour de la
présidentielle de 2002, et compte tenu des 4 833 853 inscrits de plus
qu’en 2002, le FN a mobilisé 13,95% de l’électorat (des inscrits) contre 13,28%
en 2002 (Le Pen + Mégret).

Pas
de quoi donc parler de poussée fulgurante de Marine Le Pen. Mais qu’on ne me
fasse pas dire ce que je ne dis pas : le résultat du FN en 2012 est bien entendu
à prendre au sérieux et il ne s’agit pas de le banaliser (ni non plus de le
surestimer) !

En
résumé, dès le 1er tour, la défaite de Sarkozy est inscrite noir sur
blanc.

 

2)  
Quelle est votre appréciation sur la campagne du NPA, à travers la
candidature de P. Poutou, et sur son résultat
?

Jean-Paul Cros  Il y a tout lieu de se
féliciter de notre score et du combat de notre camarade Philippe Poutou, pour
plusieurs raisons ;

 Il a fallu batailler pour obtenir les
572 signatures d’autant plus batailler qu’une partie de l’organisation, (la
GA), a éhontément boycotté  la
bataille pour les parrainages et la campagne avec Philippe. Le NPA a donc mené
ce combat une main dans le dos et envers et contre  une partie de son encadrement (GA). On ne peut passer cet
aspect aux profits et pertes.

Dans
ces conditions qu’il a fallu surmonter, les militants, heureusement
majoritaires qui, eux,  ont fait
preuve de loyauté ont permis à Philippe d’aller jusqu’au bout. Soulignons
d’ailleurs, à quel point le camarade Philippe s’est amélioré au fur et à mesure
jusqu’’à devenir excellent dans les dernières semaines. 
Il
faut saluer comme il se doit sa performance et nous devons en être fiers.
 

3)  
Après l’élection de F. Hollande, quelles sont les perspectives et les
responsabilités à gauche de la gauche ?

Jean-Paul Cros, Je ne sais pas ce qu’est « à gauche de la gauche ». Sauf à
considérer qu’il s’agit de nous (et sans doute aussi de LO), que je sache, le
PCF est tout aussi « à gauche » que…le PS. PS et PCF sont deux partis
qui lié leur sort à la défense de l’Etat bourgeois et de la propriété privée.

A
égalité de trahison, l’un comme l’autre. Ou alors que l’on me prouve que le
« PCF » est plus à gauche que le PS et sur quoi : sur les
retraites ? Sur le combat contre les licenciements ? Sur la question
de l’immigration ? (faut-il rappeler que les camps de rétention ont été
créés par la loi du 29 octobre 1981, promulguée sous le gouvernement
Mitterrand-Mauroy-Fiterman ?).

La
perspective au lendemain de cette élection, c’est  le combat pour le « troisième tour social »,
c’est-à-dire pour la mobilisation indépendante des masses pour leurs
revendications, par les méthodes de la lutte de classes !

 

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Gauche écosocialiste 34
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