Le NPA et la demande de reconnaissance de l’Etat de Palestine à l’ONU

L’Autorité Palestinienne va déposer une demande de
reconnaissance de l’Etat de Palestine aux Nations Unies.
Une initiative
permettant d’isoler Israël sur la scène diplomatique et de donner dans le même
temps, même symboliquement, un poids plus grand à la défense des droits du
peuple palestinien serait une avancée. Pourtant les critiques se multiplient depuis la Palestine et les camps
de réfugiés.

Pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien

L’Autorité Palestinienne va déposer une demande de
reconnaissance de l’Etat de Palestine aux Nations Unies. Une initiative
permettant d’isoler Israël sur la scène diplomatique et de donner dans le même
temps, même symboliquement, un poids plus grand à la défense des droits du
peuple palestinien serait une avancée.

Pourtant les critiques se multiplient depuis la Palestine et les camps
de réfugiés. Elles attirent notre attention sur le fait que cette initiative ne
porte pas forcément ces exigences de défense de l’ensemble des droits du peuple
palestinien.  Elles doivent être écoutées
par le mouvement de solidarité !

Les craintes sont réelles devant une initiative portée par
la seule Autorité Palestinienne, sans association des forces sociales et
politiques de l’ensemble du peuple palestinien, sans transparence sur la
démarche. Elles se font d’autant plus vives alors que les droits des réfugiés
pourraient être bradés, tout comme la légitimité de l’OLP au profit d’une
Autorité Palestinienne très contestée, et dont le mandat est terminé depuis 3
ans.

Avant, pendant et après septembre : la lutte pour les
droits du peuple palestinien doit s’intensifier

Des campagnes diplomatiques peuvent être utiles pour faire
avancer la légitimité des droits du peuple palestinien. Mais sans rapport de
force, sans mobilisation populaire, elles ne permettent jamais d’être appliquées
sur le terrain. Sans ce rapport de force populaire, nous savons bien qu’il n’y
aura rien à attendre des Etats, et de leur duplicité. Rien à attendre par
exemple d’un Etat français qui participe à l’extension du blocus des Palestiniens
en participant, aux côtés des Etats de l’UE au blocage des flottilles aériennes
et maritimes de juillet dernier. Ce même gouvernement qui achète les armes
israéliennes, qui renforce ses liens de collaboration militaire et sécuritaire
avec cet Etat colonial. Nous devons contraindre l’Etat français à sanctionner
Israël, à suspendre tous ses accords de coopération. Et tant que les droits du
peuple palestiniens ne seront pas respectés, nous boycotterons les institutions
israéliennes et nous militerons pour que les entreprises n’investissent plus
dans une économie qui sert un système colonial.

D’autant que la période est riche de bouleversements. Le
souffle des révolutions arabes est en train de changer la donne. Moubarak, l’un
des plus sûrs alliés d’Israël est tombé grâce à une véritable révolution
populaire. Depuis quelques semaines, ce sont des dizaines de milliers de manifestant-e-s
qui exigent que l’Etat égyptien cesse d’être un supplétif de l’impérialisme
dans la région.

Sans justice, pas de paix ! Pour la reconnaissance des
droits du peuple palestinien…de tous ses droits !

Il n’y aura pas de justice avec un Etat palestinien
croupion, fait de bantoustans et sans souveraineté réelle sur sa terre, son
espace aérien et maritime. Pas de justice pour le peuple palestinien sans droit
au retour de tous les réfugiés, sans la fin de la colonisation et de
l’occupation, sans la fin du système d’apartheid et des discriminations subies
par les Palestiniens d’Israël.

Le mouvement de solidarité dans son ensemble, doit imposer
le respect du droit fondamental et inaliénable qu’est celui du droit à l’autodétermination
du peuple palestinien

C’est de l’ensemble de ces droits dont a besoin le peuple
palestinien. C’est le sens que le NPA donne à sa participation pleine et
entière à la campagne BDS, campagne que, tous et toutes ensemble, par-delà nos
différences d’approche concernant l’initiative en direction de l’ONU, nous
devons contribuer à amplifier.

Vive la Palestine, vive la lutte
du peuple palestinien! 

NPA

A lire aussi

En
débat. La reconnaissance d’un Etat palestinien : le retour de Ponce
Pilate ? par Jean-Paul Nuñez (délégué de la Cimade Languedoc-Roussillon)

Justice pour la Palestine

Dossier La Palestine à l’ONU (Plateforme des ONG françaises pour la Palestine)

“État palestinien” à l’ONU : Beaucoup de bruit pour rien ? par Julien Salingue (contretemps.eu)

Un Etat palestinien, mais lequel ? par Dominique Vidal (Diplo)

Reconnaissance d’un Etat Palestinien par L’ONU par l’ICAHD (Comité Israélien Contre la Démolition de Maisons) (Bellaciao)

Extrait : L’ICAHD a de longue date affirmé que la solution à deux
Etats, qui a de toute façon été enterrée sous les colonies
israéliennes, ne peut pas servir de solution juste et praticable au
conflit israélo-palestinien. Nous aurions soutenu l’initiative en tant
qu’étape vers la pleine réalisation des droits du peuple palestinien ;
mais dès lors que nos partenaires ont exprimé leurs préoccupations sur
le fait que la reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières
de 1967 va exclure ces droits, et vu le niveau des oppositions, l’ICAHD
va fondamentalement « rester en dehors ». Nous y voyons une décision
douloureuse, parce que notre conviction est que l’engagement de la
société civile dans le processus politique est crucial.


Déclaration historique de Palestinien et d’Israéliens à
l’appui de la contestation sociale israélienne et à la lutte
anticoloniale (Inprecor)

La société civile palestinienne se réjouit de la liquidation d’Agrexco et appelle à célébrer cette victoire du BDS

http://www.bdsmovement.net/2011/palestinian-civil-society-welcomes-agrexco-liquidation-calls-for-celebration-of-this-bds-victory-8010

BNC (Comité National pour la Boycott), 12 septembre 2011

 – Les partisans des droits palestiniens crient victoire alors que la cible Agrexco est forcée à la liquidation


Les documents du tribunal avertissement que la compagnie est un symbole
israélien dont la chute aura des « implications plus larges »


Le Comité National Palestinien (BNC) de la campagne boycott,
désinvestissement et sanctions appelle le mouvement à fêter
internationalement cette victoire et à intensifier les campagnes BDS

Les
militants pour les droits palestiniens se réjouissent depuis que la
première compagnie israélienne d’exportation de produits agricoles
Agrexco, qui a été une cible majeure du mouvement boycott,
désinvestissement et sanctions (BDS) de soutien aux droits palestiniens,
a reçu un ordre de liquidation après avoir été incapable de payer ses
créanciers.

Agrexco,
un exportateur israélien appartenant en partie à l’État israélien, est
responsable de l’exportation d’une grande part des produits frais
israéliens, dont 60 – 70 % des produits agricoles cultivés dans les
colonies illégales israéliennes des territoires palestiniens occupés.
Dans une traduction des documents du tribunal sur le processus de
liquidation que le BNC a obtenu, il est clairement indiqué qu’Agrexco
agissait comme un outil de l’État israélien, fournissant en réalité des
subventions d’État au secteur agricole. Les documents indiquent une
critique au gouvernement pour avoir permis à la compagnie de ne pas
régler ses dettes et avertissent aussi qu’Agrexco est un symbole
israélien primordial et que sa chute aura probablement de grandes
conséquences.

Jamal
Juma, coordinateur de la campagne Stop The Wall et membre du
secrétariat du BNC a dit : « Nous félicitons et saluons chaudement nos
partenaires européens pour leur campagne convaincue et déterminée contre
Agrexco. Ce jugement fait suite à la nouvelle que Véolia, une
multinationale française qui a perdu des milliards d’euros en contrats
municipaux à cause de sa fourniture d’infrastructures aux colonies
illégales israéliennes, fait face à une chute financière. Clairement, le
mouvement BDS mûrit et fait payer les coûts de la complicité des
entreprises avec les crimes de guerre israéliens. Les campagnes
stratégiques BDS prouvent, par des succès quotidiens, que le BDS est la
forme la plus efficace de solidarité qu’il faut pour mettre en question
le système israélien de colonialisme, d’occupation et d’apartheid ».

Adel
Abu Ni’meh, directeur de l’Union des Fermiers Palestiniens (PFU), une
organisation membre du comité national du BDS palestinien, s’est
félicité des nouvelles mais a averti que « les actifs d’Agrexco sont
toujours en vente. Nous suivons ceci de près et appelons toutes les
compagnies internationales à retirer leurs offres. Les compagnies qui
achètent les actifs d’Agrexco et les noms de marque ou qui souhaitent
remplacer la compagnie comme premier exportateur agricole israélien
seront visées pareillement par le mouvement BDS ».

Agrexco
a été visé par des boycotts populaires, des blocages, des
manifestations et des actions directes en Europe. En France, une large
coalition de la société civile contenant des dizaines d’associations a
entrepris une action juridique contre la compagnie et s’est opposée
farouchement à la construction d’un terminal à Sète, qui est resté
inutilisé depuis sa construction. En Italie et en Grande-Bretagne, les
militants ont conduit des actions directes et fait pression sur les
supermarchés pour retirer la marque Agrexco. En juillet, une nouvelle
coalition d’organisations de plus de 13 pays européens s’est engagée à «
mettre fin à la présence d’Agrexco en Europe ». La coalition va
examiner les développements et peut débuter de nouvelles campagnes en
réponse à l’issue de la liquidation.

 Comme
l’économiste israélien respecté Shir Hever l’a exposé, la campagne
européenne contre la compagnie a été un des facteurs qui ont conduit à
sa chute. « On a découvert que la compagnie a produit des rapports
trompeurs et n’a pas averti ses investisseurs sur le possible impact de
la campagne BDS de boycott des produits de la compagnie. Beaucoup
d’agriculteurs ont quitté la compagnie, choisissant de travailler avec
d’autres qui n’avaient pas encore été les objets de la campagne BDS, si
bien qu’Agrexco est entré dans une crise de liquidités. Plusieurs
compagnies ont étudié une enchère pour acheter Agrexco, mais ont retiré
leurs offres après une brève recherche, qui a certainement dévoilé la
place centrale de la compagnie dans la campagne BDS, parmi d’autres
choses », explique-t-il.

La
campagne contre Agrexco a commencé en réponse à l’appel de la société
civile palestinienne de 2005 pour des boycotts, des initiatives de
désinvestissement et des sanctions contre Israël et ses soutiens jusqu’à
ce que l’État se conforme au droit international en mettant fin à son
occupation et en démantelant son mur d’apartheid, en assurant l’égalité
aux citoyens palestiniens d’Israël et en réalisant le droit des réfugiés
à revenir dans leurs foyers comme le stipule la résolution 194 de
l’ONU.

Pour plus d’informations et des interviews :

info@bdsmovement.net
En Palestine:  +972 (0) 598 921 821
En Europe: +44 (0) 2032 392 170

Traduction : JPB-CCIPPP

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