Montpellier. Lutte des intermittent.e.s : occupons les théâtres !

Ce mardi 26 avril à 18h, a eu lieu l’Assemblée Générale d’Occupation du théâtre humain Trop humain (hTh), Centre Dramatique National de Montpellier : rappel des raisons de la lutte, suites et convergences !
Chacun-e est le/la bienvenu.e pour occuper le tHt, quelques heures, une nuit, une après-midi… 

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Depuis le 12 avril le hTh au domaine de Grammont est occupé par la Coordination des Intermittents et Précaires du Languedoc-Roussillon (CIP-LR) (voir ICI). Il a été le 2ème après le Théâtre Garonne de Toulouse et ils sont maintenant au nombre de six avec les CDN de Bordeaux et de Caen, le Théâtre National de l’Odéon à Paris (voir le communiqué du CIP-LR à ce sujet ci-dessous), le Théâtre du Nord à Lille, et depuis ce soir La Comédie Française à Paris et le théâtre National de Strasbourg.

Ce soir se sont 112 personnes qui se sont réunies pour l’AG d’occupation, la plus nombreuse depuis le début de la lutte.

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La réunion a débuté par la projection de l’intervention d’un responsable CGT lors d’une pause dans les négociations (voir ICI), qui en explique les enjeux. S’en est suivi un temps d’éclaircissements où chacun.e pouvait poser des questions au sujet de l’organisation de la négociation, de la lutte…

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Pour vous résumer : 

Tous les deux ans, ont lieu les renégociations de l’assurance chômage, où à chaque fois, le MEDEF cherche à détricoter le régime de l’intermittence : rappelez-vous les grèves de 2014 où de très nombreux spectacles, notamment du Printemps des Comédiens et de Montpellier Danse. Les annexes 8 et 10, spécifiant le régime de l’intermittence avaient été sauvées, mais les conditions se sont durcies : en effet, les artistes et technicien.ne.s doivent dorénavant faire 507h en 10 mois, au lieu de 12 mois, autrement dit travailler plus pour gagner autant, ou moins. Surtout que la baisse dramatique des budgets alloués à la culture détruisent festivals, compagnies et travailleur/ses du spectacle et de l’audiovisuel…. En Languedoc-Roussillon, nous connaissons une baisse de 35% de l’activité culturelle.
Dans les négociations en cours, le MEDEF réclame 185 millions d’économies cette année, soit 25% de dépenses en moins et 400 millions d’ici à 2020. Et l’État devrait pallier le décalage des droits à hauteur de 80 millions. Or, il suffirait d’un changement de majorité (2017 n’est pas loin), ou même seulement d’un peu plus d’austérité, pour que de ces 80 millions/an il n’en soit plus question. Mais plus grave : ce n’est pas à l’État d’indemniser les chômeuses et chômeurs mais à l’assurance-chômage! Autrement dit à nos cotisations sociales, prévues pour cela… D’ailleurs, une augmentation des cotisations sociales, ainsi que la fin du plafonnement des cotisations (à partir d’une certaine somme, les cotisations n’augmentent plus avec le salaire), permettraient d’abreuver la caisse de l’assurance-chômage et donc d’éviter de faire des économies sur le dos des chômeurs/ses, intermittent.e.s évidemment compris, et qui en subiraient les premièr.e.s les conséquences.

La reprise des négociations interprofessionnelles sur l’intermittence, et leur ultime séance, démarre mercredi 27 à 16h, car le lendemain, ce sera au tour du régime général d’être sur la table.

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Convergence des luttes :

L’attaque du régime de l’intermittence nous concerne tou.te.s : dans une société de chômage de masse et de durée, où 80% des embauches se font en CDD, anéantir la spécificité de l’intermittence est indispensable pour la logique libérale du MEDEF, qui nous souhaiterait corvéables à merci, sans sécurité, c’est-à-dire sans droits, pour contrebalancer la flexibilité actuelle du monde du travail.
La loi El Khomri, comme précédemment la loi Macron, est dans la même optique : la casse des droits du travail, reprennant même dans son sein des mesures qui avaient été invalidées par le Conseil d’État en 2014, elle nous emmène vers toujours plus de précarité. Les différentes CIP participent d’ailleurs à la lutte contre cette la Loi Travail.
Ceci alors qu’il nous faut réflechir à une société avec du travail pour tou.te.s, notamment via les 32h (voire les 30h?), où chacun.e puisse vivre décemment, malgré les aléas, ou les spécificités, de l’emploi et des emplois. Le régime de l’intermittence pourrait-il, pourquoi pas, être généralisé à d’autres secteurs ?

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Les décisions et actions : 

– L’occupation du hTh a été reconduite par le vote jusqu’à la prochaine AG d’occupation, vendredi 29.

Le CIP-LR appelle à la mobilisation pour :

– Une action mercredi 26 à 16 au kiosque Bosc (esplanades Charle de Gaulle) , consigne : habits noirs

– La plus large mobilisation possible pour la manifestation contre la Loi El Khomri jeudi 28 à 10h30 Place Zeus

 

L’AG était bienveillante, animée, pleine d’espoir, nous avons d’ailleurs apris en la terminant l’occupation de la Comédie Française, en même temps que très anxieuse, car les négociations se jouent maintenant et qu’il s’agit d’enfoncer le clou pour peser dans la balance : les syndicats des salarié.e.s du spectacle et de l’audiovisuel n’en seront que plus forts pour parvenir à des accords justes (507h en 12 mois pour les artistes et technicien.ne.s, un calcul des droits non discriminant, comme actuellement, après un congé maternité…etc.) lors des négociations interprofessionnelles si de plus en plus de théâtres sont occupés, si des actions sont menées, si la mobilisation dure et s’amplifie.

La fin des négocisations est imminente, c’est aujoud’hui qu’il faut agir, pour défendre nos droits, défendre la culture, défendre la vie.

 

Marjolaine Christien-Charrière

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU CIP-LR

Nous, Coordination des Intermittents et Précaires du Languedoc/Roussillon en occupation de hTh, Centre Dramatique National de Montpellier depuis le 12 avril, encourageons et soutenons les occupants du Théâtre de l’Odéon à Paris.
Nous dénonçons le refus du Ministère de la Culture d’autoriser et considérer cette occupation.
Nous accusons de mensonge un Ministère qui dit « soutenir les intermittents du spectacle » par voie de presse et qui, refusant tout dialogue, laisse peser la menace de l’évacuation policière.
Nous dénonçons les conditions qui leur sont imposées : pas de communication, pas de ravitaillement…
Nous interpellons la direction et le personnel du Théâtre de l’Odéon sur leurs positionnements et leur solidarité envers cette action, et nous les encourageons à prendre parti dans cette lutte qui est la leur.
Nous appellons toutes et tous à les rejoindre, à exercer une pression plus forte encore sur les négociations Assurance-Chômage de ce jour sur les annexes 8 et 10.
Nous déclarons notre total soutien à l’action d’occupation du Théâtre de l’Odéon , nous nous réjouissons que cette occupation rejoigne l’occupation du Centre Dramatique National de Montpellier, ainsi que celles des Centres Dramatiques Nationaux de Caen et Bordeaux, pour peser, ensemble de tout notre poids.
Nous déclarons que nous saurons faire entendre notre colère si nos camarades du Théâtre de l’Odéon subissaient une évacuation par les forces de police. 
Montpellier, 25 avril 2016
Coordination des intermittents et pré́caires Languedoc-Roussillon ‪#‎occupation‬ hTh

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