Montpellier.Cacher la misère sous le tapis, briser les solidarités : la politique sociale du tractopelle !

Près de 1000 personnes dorment dans la rue chaque nuit à Montpellier, dont des familles, des femmes, des enfants..  L’hébergement d’urgence est complètement saturé, le 115 ne peut plus répondre aux demandes. Toutes les associations  se retrouvent dépassées, sans solution d’accueil. Les travailleurs sociaux dépriment de ne pas avoir les moyens pour remplir leurs missions, alors même que les besoins explosent, avec le creusement des inégalités.  De plus les squatts sont victimes de mesures d’expulsion. Dernier en date, le squatt du Père Prévost, fermé le 06 octobre par les CRS. 

 

Cacher la misère sous le tapis, briser les solidarités : la politique sociale du tractopelle !

 

Les faits : expulsions à répétition

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Ce jeudi 6 octobre au matin, une demi-compagnie de CRS a délogé brutalement la trentaine de personnes installées dans le campement du stade du Pierre Prévost, faute de solution sociale ou institutionnelles, démolissant tout ce qu’ils avaient réussi à construire peu à peu depuis 16 mois comme confort précaire, le jardin partagé… Parmi eux une famille de réfugiés avec 4 enfants qui venaient
de s’inscrire à l’école, à peine arrivés à Montpellier, accueillis généreusement par les occupants du lieu. Cette famille avait demandé un rendez-vous pour déposer leur demande d’asile, mais ce rendez-vous leur a été accordé dans 3 semaines (alors que le délai légal est de 3 jours).  (voir aussi ici)

En attendant, pas de possibilité d’hébergement en CADA. 

Aucun suivi social prévu, aucune solution d’hébergement proposée aux occupants du lieu en contre-partie.

 

En octobre 2015, les 110 habitants du  squatt Luttopia, des familles, des jeunes, des étrangers, avaient déjà été expulsés sans aucune solution d’hébergement. Soutenus par de nombreuses associations, dont Médecins du monde ou la Fondation Abbé Pierre, ils avaient procédé à une « réquisition citoyenne », occupant l’ancienne DDASS,  abandonnée depuis 7 ans. 

 Juste avant la trêve hivernale ! 

 

Le contexte

 

Près de 1000 personnes dorment dans la rue chaque nuit à Montpellier, dont des familles, des femmes, des enfants.. 

L’hébergement d’urgence est complètement saturé, le 115 ne peut plus répondre aux demandes.

Toutes les associations qui reçoivent des personnes exclues du système se retrouvent dépassées, sans solution d’accueil. Les travailleurs sociaux dépriment de ne pas avoir les moyens pour remplir leurs missions, alors même que les besoins explosent, avec le creusement des inégalités.

Quant aux logements sociaux, d’après le bailleur social ACM lui-même,  il y a encore 16 000 demandes en attente malgré les 650 nouveaux logements par an. La pauvreté s’installant, le taux de rotation  dans les logements sociaux serait passé de 10 à 6% ces dernières années. Plus de 70% des ménages montpelliérains pourraient prétendre à un logement social car ils remplissent les critères d’éligibilité.

Dans le même temps, 10 000 logements vacants, dont nombre de bâtiments publics.

La spéculation immobilière bat son plein. Partout fleurissent des immeubles de bureaux flambants neufs, inoccupés pour beaucoup. Les grands projets inutiles se multiplient, créant des nouvelles zones constructibles soumises à la spéculation.

 

Le droit au logement

 

Le droit au logement est un droit fondamental. Sans logement stable, comment accéder à ses droits et satisfaire ses besoins fondamentaux, se nourrir, se soigner, travailler, se cultiver ? 

 L’explosion des inégalités sociales résultant du chômage systémique  de masse a exclus des millions de foyers d’accès au logement. Le logement social ne s’adresse pas aux plus démunis.

Paradoxalement, la France n’a jamais eu dans son histoire autant de logements inoccupés, autant de richesses et autant de capacité à construire des logements de bonne qualité. Des Lois prévues dans les cas de crise du logement restent inappliquées malgré l’urgence de la situation, en particulier la Loi de réquisition sur les logements vacants. Les priorités budgétaires de l’État sont orientées vers la relance du logement locatif privé et l’accession à la propriété soumises aux seules lois du marché, loin des nécessités premières des personnes en difficulté. 

Toujours les mêmes choix politiques 

Les moyens policiers déployés pour les expulsions, le coût astronomique du relogement provisoire dans des hôtels miteux  qui vivent de cette manne payée par les collectivités locales, quand elles ne peuvent faire autrement (famille avec enfant de moins de 3 ans), tout cet argent ne pourrait-il être dépensé pour le bien commun ? En construisant des logements sociaux adaptés aux besoins de la population ? 

Le coût annuel de l’hébergement d’urgence en Ile-de-France, par exemple, est pratiquement le même que celui destiné à la construction de logements sociaux. 

Même logique sécuritaire que pour les politiques envers les migrants : moyens financiers colossaux pour la militarisation des frontières extérieures, on préfère payer pour se débarrasser des réfugiés plutôt que de répondre avec ambition aux enjeux humains fondamentaux en mettant ces moyens dans de vraies politiques d’accueil et d’hospitalité.

Des alternatives solidaires

 

Partout en France, se développent des alternatives collectives comme Luttopia à Montpellier, pour mettre à l’abri les abandonnés du système, misant sur la dynamique collective, l’autogestion, l’organisation solidaire et la mutualisation des ressources pour satisfaire les besoins fondamentaux.

Quand l’État, les collectivités locales cesseront-ils de casser tout ce qui ne rentre pas dans les cases institutionnelles, tout ce qui apporte des solutions concrètes, inventives et collectives aux grands enjeux de notre temps ?

Faire front commun sur la question concrète et urgente du logement, ce pourrait être aussi impulser une dynamique concrète d’union de la gauche radicale sur le terrain social.

C.M.

Pour aller plus loin sur la question de la réquisition 

 

Sur notre site 

Montpellier. Evacuation du squat du Père Prévost.

Montpellier. Non à l’expulsion de l’Uttopia 0002

 

Reportages de France 3 Sud

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/montpellier-la-justice-donne-raison-aux-squatteurs-du-cine-royal-1073181.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/herault/montpellier/que-sont-devenus-les-squatteurs-expulses-de-luttopia-montpellier-832549.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/herault/montpellier/squat-montpellier-medecins-du-monde-soutient-le-combat-des-squatteurs-de-luttopia-735803.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/herault/montpellier/squat-montpellier-la-rencontre-des-jeunes-de-luttopia-734223.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/herault/montpellier/squat-montpellier-la-rencontre-des-femmes-de-luttopia-734305.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/herault/montpellier/squat-luttopia-montpellier-le-quotidien-des-occupants-734951.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/herault/montpellier/squat-montpellier-les-occupants-de-luttopia-sous-la-menace-d-une-expulsion-736173.html

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