Montpellier. Le collectif contre la Gare de la Mogère répond à M. Delafosse

La nouvelle gare TGV de la Mogère est prévue dans une zone inondable et non désservie par le tramway et sans connexion avec le réseau TER. Le collectif contre l’instatllation de cette gare répond à un article de M. Delafosse en faveur de ce projet, paru dans la Gazette de Montpellier. Ci-dessous aussi, la réponse du collectif à Carole Delga, tête  de liste PS aux régionales.  

20141202_121124.jpgRéaction du Collectif anti gare Mogère à l’avis de Michaël Delafosse

publié dans la Gazette de Montpellier du 19 novembre 2015

 

Dans son courrier du 19 novembre dernier, M. Delafosse développe des arguments à la fois contradictoires et singulièrement biaisés en faveur de la gare TGV de la Mogère. Qu’on nous permette ici de souligner ses erreurs et le gaspillage de l’argent des contribuables qu’il en vient ainsi à justifier…

M. Delafosse invoque pour commencer le pôle d’échange de Baillargues. C’est plutôt cocasse : connecté directement avec la gare Saint-Roch, il permet en effet utilement de la rejoindre en TER plutôt qu’en voiture. Mais faute de la moindre connexion ceci sera impossible avec la gare de la Mogère. Pire encore, cette dernière ne pourra pas être connectée à la gare de Baillargues : il faudra se rabattre sur la voiture pour accéder aux trains grandes lignes. Belle absurdité.

Il affirme ensuite que le report des TGV sur le nouveau contournement ferroviaire de Nîmes à Montpellier (CNM) libérera des capacités pour les « trains du quotidien » à Saint-Roch. En se gardant bien de dire que c’est avant tout celui des dizaines de trains de marchandises qui le permettra : nul besoin d’en éloigner les TGV pour cela. Et s’agissant des lignes régionales secondaires, aujourd’hui à la peine et qu’il dit vouloir favoriser, il serait plus juste de préciser que c’est justement parce que trop de décideurs locaux préfèrent financer à grand frais des gares TGV comme La Mogère, au nom du développement immobilier.

Concernant le trafic automobile d’accès à la gare Saint-Roch, la bonne réponse est assurément plus claire que la sienne: prenez le tramway ! Il faut le répéter, la gare de la Mogère serait avant tout un aspirateur à voitures, alors même que la gare Saint-Roch, avec rien moins que quatre lignes de tramway et six lignes de bus, est une des mieux connectées de France. C’est cet acquis qu’il faut faire fructifier.

Par ailleurs, M. Delafosse affirme que sans gare TGV, Montpellier serait exclue du réseau ferroviaire européen : pur mensonge. La solution figure depuis le début dans la déclaration d’utilité publique du CNM : pour un coût jusqu’à dix fois moindre que la gare de la Mogère, un simple aiguillage à Saint-Brès permettrait à tous les TGV de desservir Saint-Roch. C’est la majorité politique dont il faisait partie qui a écarté discrètement cette solution, il ne saurait l’ignorer.

Sur le coût du projet, il élude soigneusement l’ensemble des coûts qui attendent les habitants de la Métropole. Il omet par exemples les quelques 80 millions d’euros que coûteront la prolongation du tramway et les aménagements d’accès routiers, nullement financés à ce jour. Il néglige également soigneusement les millions d’euros de loyers que les usagers de cette gare paieraient via la SNCF à des actionnaires basés au Luxembourg.

Soulignons enfin l’incohérence du propos sur les priorités pour le tramway à Montpellier : sans accès tramway, les usagers des trains grandes lignes continueront évidemment à prendre leur voiture. Et ceux venant à Montpellier pour motif professionnel devront prendre des taxis. En pleine période de négociations pour réduire les gaz à effet de serre, on a vu plus cohérent que de défendre ainsi au mieux un déplacement des usages automobiles, au pire leur accroissement faute d’alternative.

M. Delafosse invoque des motifs louables pour défendre une solution qui les contredit radicalement. Et tout comme l’actuel président de la Métropole de Montpellier, il fait en pratique fort peu de cas des centaines de millions d’euros d’argent public, notamment régional, qui seraient ainsi gaspillés au détriment des usagers et des habitants de la Métropole. A ces derniers d’exprimer leur désapprobation à ce propos.

 

Le Collectif anti gare de la Mogère, Montpellier, le dimanche 22 novembre 2015

 

Collectif contre la gare TGV de Montpellier la Mogère

Contre une nouvelle gare inutile, refusée par les usagers et les citoyens, et qui ne sert que les intérêts d’une fuite en avant dans la bulle immobilière

 

Communiqué du 8 novembre 2015 disponible sur http://garetgv.free.fr/ Madame Delga, vous avez un train de retard !

Le Collectif contre la gare de la Mogère constate avec consternation que la candidate socialiste pour la grande région Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon semble se complaire à la répétition de contre-vérités sur les enjeux et opportunités de sa politique ferroviaire.

En affirmant le vendredi 6 novembre 2015 qu’à Montpellier « la gare de la Mogère est […] indispensable pour désengorger la gare Saint-Roch »1, tout en se félicitant pourtant de la rénovation de la gare Saint-Roch avec les moyens de la Région2, elle ne fait que reprendre le pur fantasme d’une croissance perpétuelle du trafic ferroviaire. Qu’on nous permette seulement de rappeler quelques faits qui la contredisent :

– Le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier (CNM), mis en service en 2017, permettra à la quasi-totalité des trains de marchandises d’éviter la gare Saint-Roch, libérant autant de sillons pour une éventuelle croissance du trafic voyageurs dans cette gare.3

– En tout état de cause, le trafic TGV ne saurait croître sans que se clarifient les perspectives de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) : non financée à ce jour, contestée dans son tracé, et désormais concurrencée par le TGV de Bordeaux à Toulouse et à Dax (en direction de Madrid). Les perspectives de la Commission Mobilité 21 (rapport Duron) qui la repoussaient à 2030 au plus tôt, paraissent plus que jamais plausibles.

– Le récent dépôt de bilan de TP Ferro, exploitant du tunnel TGV-fret Perpignan-Figueras, prouve que les prévisions de hausse de trafic ont été fortement surestimées, et que le financement des infrastructures exploitées par le secteur privé reste très aléatoire.4

Nous invitons donc madame la candidate à solliciter par exemple l’éclairage de M. Guillaume Pépy, président du groupe SNCF. Il lui confirmera la réorientation de l’offre ferroviaire et la fin du « tout TGV », ou encore l’urgence de cesser de servir aux élus locaux, habitants et usagers du rail les promesses intenables de la grande vitesse avec de multiples gares TGV excentrées tous les cinquante kilomètres de Nîmes à Perpignan (Nîmes, Montpellier, Béziers et Narbonne !), et autant de zones d’activités ou de bureaux dans une région qui n’en manque pourtant pas.

Le débat ferroviaire dans notre Région ne mérite pas ces affirmations infondées. La gare TGV de la Mogère, justifiée uniquement par la construction d’un quartier d’affaires, « OZ Montpellier Nature Urbaine » de 350 ha, doit être annulée. Il y aurait mieux à faire des 200 millions d’euros de son coût total5 pour les habitants et les voyageurs de la grande région.

 

1 Interview dans La Tribune – Objectif Languedoc-Roussillon : http://objectif-languedoc-roussillon.latribune.fr/ politique/elections/2015-11-06/carole-delga-veut-supprimer-la-concurrence-inefficace-entre-les-2-regions.html

2 Tract de Carole Delga (bilan de Damien Alary, dans un tract reçu ce jour à Montpellier)

3 Trafic 2002 sur Montpellier-Perpignan : 43 TGV/jour et 104 trains de fret/jour (enquête publique CNM) ; trafic 2020 (prévu en 2004) : 57 TGV/jour et 176 trains de fret/jour (même source) ; trafic 2020 (prévu en 2008) : 106 TGV/jour et 154 train de fret/jour (enquête publique LNMP) ; trafic 2020 à Montpellier (prévu en 2014) : 39 TGV/jour (enquête publique gare TGV, total des 2 gares) ;

4 Prévisions de 2005 : 34 TGV/jour et 24 trains de fret/jour à l’ouverture, puis forte hausse du trafic fret (TP Ferro, cité par « Vía Libre »). Trafic réel : 10 TGV/jour et 12 trains de fret/semaine (article « La Clau »).

5 Coût total de la nouvelle gare TGV, avec le tramway et l’accès routier. Hors la partie incluse dans le budget du CNM et les aides aux entreprises s’installant dans le quartier Oz (ex : accord Métropole-CCI pour Sup de Co).

 

Collectif contre la gare de la Mogère : 06.83.83.37.40 (Michel Julier), http://garetgv.free.fr

 

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