Municipalité de Montpellier : nous ne votons pas le budget 2013 !



« Nous ne retrouvons
pas dans votre budget nos priorités et notre démarche pour que les
Montpelliérains ne fassent pas les frais d’une crise dont ils ne sont en rien
responsables, c’est pourquoi nous voterons contre »
Montpellier, le 4 Février 2013, Anne Rose Le
Van – Francis Viguié Gauche Anticapitaliste – FASE. 
Après
avoir avancé leurs propositions, voir ici, les élus GA-FASE  expliquent
ci-dessous les raisons de leur opposition au budget 2013 de la municipalité de
Montpellier.







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NOUS NE VOTERONS PAS LE BUDGET
2013.

Sans reprendre tous nos éléments d’appréciation,
exposés lors du débat d’orientation budgétaire, nous tenons à donner ce que
sont pour nous les éléments décisifs qui fondent la base de nos priorités.

·      
La crise du capitalisme s’approfondit, les possédants
ont décidé de mettre en pièce tous les acquis sociaux pour augmenter encore
leurs profits. Cette politique a des conséquences désastreuses pour les peuples
des différents pays européens. Le patronat et la finance veulent aller encore
plus loin, ils poursuivent aujourd’hui leur offensive. Aussi, comme nous le
voyons tous les jours, ils entendent bien continuer leur politique de licenciements,
de précarité et de baisse des salaires et des prestations sociales.

·      
En France depuis les dernières élections, le PS a
tous les pouvoirs dans le pays et en particulier dans notre région. Il a donc
les mains libres pour faire une politique de changement, il s’agit seulement d’une
question de volonté politique.

·      
Malheureusement, dans la logique du soutien au pacte
européen Merkel-Sarkozy, le choix fait est celui de l’austérité. Austérité qui
va s’appliquer aux collectivités en commençant par la baisse de la dotation de
l’état.

·      
Montpellier est frappée de plein fouet par la crise :
les plans de licenciements concernent des entreprises-phares, la ville connaît
des taux records de pauvreté (27% en dessous du seuil de pauvreté) et de chômage.

 

Dans ces conditions, un budget de
gauche doit être un rempart contre les effets de la crise, contre les
politiques patronales. Nous refusons de rentrer dans le jeu : « l’augmentation
des impôts, les transports, l’eau… c’est l’Agglo, c’est pas nous. ». Car
rien ne peut se voter à l’Agglo sans les 45 conseillers de Montpellier et, de
plus, c’est le même parti qui dirige l’Agglo et la ville. Chaque décision prise
à l’Agglo, tout comme à la Ville, a des conséquences concrètes sur la vie des
habitants de Montpellier. Il y a aujourd’hui une telle interpénétration, nous
le voyons encore avec le projet OZ, que pour les Montpelliérains, jouer à « qui
est qui ?» n’a aucun sens. Les responsabilités sont communes au-delà des
humeurs et des ambitions des personnes.

 

Ce budget doit être un véritable bouclier social, c’est pourquoi la
priorité des priorités est : Plus de services publics.

 

Pour une école publique de qualité

Lors du débat d’orientation budgétaire,
nous avions consacré dans notre déclaration, une place importante à la question
de l’école publique et ses difficultés à Montpellier. Vous n’aviez pas jugé bon
de répondre, mais vous allez le faire aujourd’hui en raison de la mobilisation
des parents et des enseignants. Il s’agit pour nous d’engager deux décisions :

·      
Des moyens nouveaux pour l’école : nous ne
pouvons accepter que la moyenne d’enfant par classe soit de 26 en France et de
30 à Montpellier. Nous soutenons les parents de l’école Sévigné avec son CP de
32 élèves qui se mobilisent dans « une nuit des écoles ». Nous
soutenons les parents de l’école Daudet, surchargée, qui se trouvent avec la
nouvelle classe dans un dortoir. Ces deux écoles se mobilisent sur le thème « En
classe comme des sardines, ma mairie le fait » détournant ainsi une
campagne de communication de la ville. Nous soutenons la « nuit des écoles
de Montpellier » du 19 Février pour une école publique de qualité. Nous
sommes pour 25 élèves par classe, il faut de nouvelles écoles et des ouvertures
de classes.

·      
Nous demandons le report de la nouvelle organisation
scolaire en 4 jours et demi. Il est impossible de la mettre en place dans de
bonnes conditions pour la rentrée de septembre 2013. Il n’y a à ce jour pas de
financement, pas de discussion avec le personnel de la Mairie, pas de
concertation avec les enseignants. Nous refusons une décision bâclée laissant
les enfants en garderie et imposant de nouvelles contraintes au personnel
enseignant et municipal.

 

Il faut
plus de logement social

Les enquêtes se suivent et disent
toutes la même chose, nous sommes dans une région pauvre, une ville pauvre avec
70% des habitants pouvant prétendre à un logement social, une ville avec 18 000
dossiers en attente. La ville réalise ses 20% de logements sociaux, c’est bien,
mais nous voyons bien que ce n’est pas suffisant pour répondre à la demande de
notre population.

·      
Il faut avoir la volonté prioritaire de satisfaire la
demande (plutôt que d’en rester à 25% de construction), et faire un choix de
type de construction coûtant bien moins cher à la construction et à la
location.

·      
Il est nécessaire de construire plus de logements
sociaux, ce qui permet aussi de lutter contre la spéculation immobilière.

·      
Nous devons agir pour le blocage des loyers au vu du
blocage des salaires et du niveau de précarité et de chômage,

 

Des
transports publics de qualité, aller vers la gratuité

·      
Alors que la tendance pour les bus et les TER est à
la baisse du prix du billet, avec le choix du billet à 1 euro pour des déplacements
importants, ces dernières années la TAM n’a cessé d’augmenter ses tarifs. Venir
en bus de Lunel pour un euro et prendre un tram à 1 euro 40 pour faire 4
stations dans Montpellier, il est évident que ça ne va pas ! Il est temps
de reconnaître le fait de se déplacer comment un droit et d’aller vers la
gratuité. De plus, dans une ville jeune avec beaucoup d’étudiants, comment
comprendre l’existence des tarifs bien plus élevés que dans les autres villes
du même type que Montpellier (245 euros pour Montpellier alors que la presse
nous donne les chiffres de 150 euros à Nice et 100 euros à Toulouse ). Face à
votre autisme, les jeunes s’organisent entre eux et règlent à leur façon la
tarification (voir La Gazette, Midi Libre, Montpellier Journal). Comment
comprendre que des choix politiques faits par la communauté de communes d’Aubagne
ne puissent pas être discutés et que des enseignements en soient tirés ?

 

Pour un retour en régie publique de l’eau

L’eau est un bien commun, un bien
public, il faut donc un service public de l’eau pour la gérer.

– L’eau n’est pas une marchandise,
un objet de profit c’est pourquoi elle doit sortir des mains de la
multinationale Veolia.

– Nous demandons pour le mois de
Mars un débat et un vote en conseil municipal, l’organisation d’un débat public
contradictoire à l’échelle de la ville et l’organisation d’un referendum. Les
400 000 euros dépensés par l’Agglo pour une concertation sans réalité démocratique
sont un nouvel exemple de gaspillage de l’argent public (un panel de 20
personnes, des experts de la communication, pas de débat public contradictoire,
pas de consultation des habitants sous forme d’un referendum, pas de vote prévu
des conseils municipaux…)

 

La défense et le développement de l’emploi sont une urgence sociale.

– Commençons déjà par défendre l’emploi
existant comme à Sanofi, à Virgin, à l’Hôpital…

Concernant Sanofi, chacun se souvient des promesses de François Hollande
proposant une loi d’interdiction des licenciements boursiers tout comme nous l’avons
votée dans ce Conseil. Le problème est que cette loi ne vient pas, les salariés
de Sanofi, de façon exemplaire, continuent leurs « jeudis de la colère »,
coordonnent leur lutte dans une manifestation à Paris avec les entreprises dans
la même situation pour exiger une loi d’interdiction des licenciements
boursiers. Des centaines de licenciements sont
inadmissibles dans une entreprise qui fait de tels profits et distribue jusqu’à
35% en dividendes. Il faut écouter l’intersyndicale expliquer que c’est le site
qui est menacé, ce qui serait une catastrophe à Montpellier mais aussi pour la
recherche et le médicament dans ce pays. Nous proposons d’agir sans attendre,
de donner à leur combat un soutien, une visibilité à la hauteur des enjeux, une
interpellation publique du gouvernement pour une loi rapide d’interdiction des
suppressions d’emplois.

·      
Nous nous souvenons aussi des déclarations répétées
de François Hollande : « Mon seul adversaire, c’est la finance ! ».
Passons aux travaux pratiques avec Virgin,
une entreprise pillée par un fonds de pension américain. Plutôt que de passer
son temps à chercher un repreneur pour les locaux des Halles Castellane soyons
aux côtés des salariés, aidons-les, tout comme ceux de Sanofi, matériellement
et financièrement

·      
La restructuration de l’Hôpital présente une ardoise de plus de 300 suppressions d’emplois !
La Mairie et l’Agglo siègent au Conseil d’Administration et en ont la présidence,
le refus de ces suppressions de postes s’impose ainsi que la mobilisation pour
défendre le service public de la santé.

Face à ces logiques, dirigées par
une finance et un patronat avides, gaspiller de l’argent public pour des
campagnes du type « Montpellier
Unlimited »
est ridicule et tourne le
dos à une véritable défense de l’emploi avec les salariés et leurs
organisations syndicales

Notre première priorité est d’être
avec ces salariés en lutte pour défendre leur emploi et pour cela mettre tous
les moyens politiques, matériels et financiers pour assurer leur victoire. La
responsabilité de notre municipalité est totalement engagée face à un
gouvernement qui laisse tomber ses promesses.

 

·      
Nous soutenons la mobilisation des jeunes et de leurs
organisations pour défendre le budget du Pass
Culture
. Leur action a permis une avancée mais pas totalement
satisfaisante. Elle laisse le budget à 20 000 euros et permet si le besoin
existe d’aller jusqu’à 40 000 euros. Nous sommes pour un budget maintenu à 40
000 euros. De plus, au vu du budget global, il y a là, un côté « faire de
l’austérité pour faire de l’austérité » dont le seul intérêt est d’apparaître
comme le bon élève de la classe aux dépens de la jeunesse.

 

 

Le budget que vous nous proposez
pour cette année, mais aussi les années futures, est marqué par l’austérité. Le
gel de la dotation, c’est à dire sa baisse en raison de l’inflation, est pour
nous tout aussi inacceptable que sous Sarkozy. Pourquoi accepter aujourd’hui ce
qui était refusé hier par votre majorité municipale !

Nous retrouvons aussi dans votre
proposition de budget un bon nombre de décisions contre lesquelles nous avons
signifié notre désaccord lors de débats précédents : la videosurveillance, le financement de l’enseignement privé, le
lancement de la Cité du Corps Humain, le doublement de l’A9, la multiplication
des Délégations de Services Publics, l’étalement urbain de l’autre côté de l’autoroute
avec la nouvelle gare TGV, le quartier OZ…

Nous ne pouvons nous retrouver
dans une méthode d’élaboration du budget ne permettant aucune élaboration avec
les habitants. Plutôt que de multiplier les cabinets d’experts, nous voulons
avancer dans la démocratie participative, c’est à dire, une démocratie où les
habitants des quartiers et de la ville peuvent s’emparer des grands débats, les
contrôler et décider.

Nous ne retrouvons pas dans votre budget nos priorités et notre démarche
pour que les Montpelliérains ne fassent pas les frais d’une crise dont ils ne
sont en rien responsables, c’est pourquoi nous voterons contre

 

Montpellier, le 4 Février 2013

Anne Rose Le Van – Francis Viguié
Gauche Anticapitaliste – FASE

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