Narbonne, jeudi 2 avril, procès du responsable FN qui avait calomnié un enseignant d’histoire



Narbonne. La dénonciation calomnieuse par le FNJ
contre un professeur d’histoire, suivie d’une campagne haineuse,  sera en procès, jeudi 2 avril. RDV à
partir de 13h 30 au tribunal de Narbonne. 




Narbonne. La dénonciation calomnieuse par le FNJ contre un
professeur d’histoire, suivie d’une campagne haineuse,  sera en procès, jeudi 2 avril. RDV à
partir de 13h 30 au tribunal de Narbonne.

  

La
lettre de X. Ferdejo, professeur d’Hist. Géo déononcé par le FNJ

Attention, danger !

En mai 2011, j’ai été victime
d’une « dénonciation » sous la forme d’une lettre 
envoyée
par M. Loïc Bouzat, secrétaire départemental du FNJ de l’Aude 
au
Proviseur de l’établissement où j’exerce la fonction de Professeur
d’Histoire-Géographie. Suite à cela j’ai porté plainte auprès du procureur de
la République pour « dénonciation calomnieuse ». J’ai été à l’époque soutenu
par l’ensemble de la classe de terminale concernée par les faits qui m’étaient
reprochés, par ma hiérarchie (Proviseur et Recteur de l’époque), par d’anciens
élèves, par des parents, des citoyens, des élus, des amis, par un très grand
nombre de collègues des deux lycées (toutes catégories confondues) et,
last but not least, par mes camarades cégétistes et communistes et ma
famille.

Cette affaire a été très
médiatisée (presse locale, FR3, Médiapart). Elle a été d’autre part relayée via
les réseaux sociaux par la nébuleuse nauséabonde de l’extrême droite. Cela
figure toujours sur la plupart des sites, avec des commentaires pour le moins
haineux et orduriers.

Presque 4 ans après les faits – et
notamment parce-que je n’ai jamais cédé malgré plusieurs « suggestions »
d’abandon des poursuites qui m’ont été faites… – M. Bouzat est enfin cité à
comparaître devant la justice. Je serai entendu à cette occasion en tant que
victime. Le procès aura lieu le jeudi 2 avril après-midi au tribunal de
Narbonne.

4 ans, c’est long… on oublie, on
croit que c’est fini, que l’affaire est classée… Non, elle ne l’est pas !

Et l’actualité politique nous
explose à la face pour nous rappeler que l’œuf du serpent est toujours là,
cajolé par la misère et la désespérance, par la perte de confiance en une
classe politique qui se détourne de ceux qui, en détresse, ne comprennent plus.
Alors, ceux-là ne vont plus voter ou alors ils votent pour l’horreur, pour
cette extrême-droite fascisante qui, avec la complicité de certains médias et
de certains tout court, parade, décomplexée et « dédiabolisée »… Certes, ils
ont tort mais n’avons-nous pas, nous aussi, une part grandissante de
culpabilité à trop imiter l’autruche?

Souvent, ces derniers temps, j’ai
répondu, amusé, à une gentille question : « Au fait, elle en est où ton affaire
? ». Loin d’en vouloir à ceux qui ont bien voulu me la poser quand d’autres
avaient fini par ignorer « l’affaire », je voudrais toutefois préciser qu’il
n’y a pas d’ « affaire » VERDEJO. Ce qui m’est arrivé peut arriver à n’importe
quel collègue, notamment ceux qui enseignent l’Histoire, matière sensible s’il
en est. L’enjeu dépasse la simple condamnation – si condamnation il y a – du
prévenu Bouzat. Elle met en lumière tous les dangers que représente l’extrême
droite pour la société, l’enseignement, la liberté d’expression, la
démocratie…

Elle met en lumière l’extrême
ignorance de ce qu’est l’Histoire, et de ce que sont ses exigences, au nom
d’une hypothétique objectivité que je n’ai jamais su comprendre. L’Historien,
de mon point de vue, ne peut jamais être objectif. En revanche, il se doit
d’être honnête. Je crois l’avoir toujours été en essayant, tout au long de ma
carrière, d’apprendre à mes élèves à penser par eux-mêmes et à développer leur
sens critique.

Je vous demande donc, une fois
encore, votre soutien. Votre soutien aux valeurs républicaines, à l’éducation,
la fonction publique, la liberté, au refus de l’obscurantisme et de la
dictature.

Pour cela il faut être nombreux devant le

 

Tribunal de Narbonne, Jeudi 2 avril à partir de
13h30.

Il serait inquiétant que nous le
soyons moins que ceux qui, se sentant pousser des ailes après ces calamiteuses
élections – le procès a lieu 4 jours après le second tour –, seront très
certainement là, eux-aussi, pour nous insulter de leur morgue et de leur
suffisance.

Et, peut-être aurons-nous alors
contribué à pouvoir encore affirmer :

« Et demain nos matins
chanteront… »

 

Xavier VERDEJO Professeur d’Histoire-Géographie au Lycée Diderot de
Narbonne Membre de la CGT et du PCF.

 

La
lettre de Loïc Bouzat 
(25 mai 2011) :

Monsieur
le proviseur,

Je
me permets d’attirer votre attention , suite à la sollicitation de plusieurs
élèves de votre établissement au sujet de Monsieur VERDEJO professeur
d’histoire géographie.

En
effet, j’ai été informé à plusieurs reprises que ce professeur tient des
propos, durant ses cours, diffamant et insultants à l’égard du Front National,
de ses représentants et de ses électeurs.

Sous
prétexte de contextes historiques, d’amalgames et de confusions il diffuse une
propagande politique, certes conforme avec ses engagements politiques, mais pas
avec la réalité, ni avec son obligation de neutralité dût à son métier.

Il
pourrait par exemple enseigner que Georges BIDEAULT, le successeur de Jean
MOULIN à la présidence du Conseil National de la Résistance, a été un des
fondateurs, avec Jean Marie LEPEN, du Front National en 1973.

Je
vous demande donc d’intervenir pour que les convictions politiques de ce
professeur restent à la porte de votre lycée, mais qu’il ne perde pas de vue
que son travail est de transmettre des connaissances sans influencer ses élèves
avec ses opinions politiques.

Je
vous prie d’agréer, Monsieur le proviseur, l’expression de ma considération
distinguée.

Loïc BOUZAT Chargé de mission du FNJ de l’Aude

L’orthographe
a été respectée. Cette lette était accompagnée de la Une d’un numéro spécial de
L’Histoire avec comme titre, Les crimes cachés du communisme. Cf. http://front-national-11.over-blog.com/article-le-fnj-aude-ecrit-
au-proviseur-du-lycee-diderot-de-narbonne-74628761.html

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DANS LA PRESSE

Le jeune frontiste sera jugé au tribunal de Narbonne



 20/03/2015, la
DEPECHE DU MIDI   voir ici
l’article en ligne sur le site du quotidien

Professeur
d’Histoire au lycée Diderot, le Narbonnais Xavier Verdejo ne pensait pas qu’un
jour il serait victime des plus basses calomnies. Il ne pensait pas qu’il en
aurait à souffrir. Il ne pensait pas que sa famille en aurait aussi à souffrir.

Mais de quoi
s’agit-il donc ? Au départ, c’est une lettre de Loïc Bouzat, chargé de mission
du FNJ (Front national jeunes) de l’Aude adressée au proviseur du lycée Diderot
à Narbonne, le 25 mai 2011. «J’ai été informé à plusieurs reprises que ce
professeur tient des propos, durant ses cours, diffamants et insultants à
l’égard du Front national, de ses représentants, de ses électeurs. Sous
prétexte de contextes historiques, il diffuse une propagande politique, certes
conforme à ses engagements politiques mais pas avec la réalité, ni avec son
obligation de neutralité due à son métier», écrit-il. Aussitôt informé par le
proviseur du lycée, Xavier Verdejo dépose plaintes pour dénonciation
calomnieuse via son avocat narbonnais, Me Philippe Calvet, avec demande de
dommages et intérêts qui seront reversés à la maison des lycéens de Diderot et
à la CGT. Cette affaire avait fait le buzz comme on dit et «Médiapart» s’en
était mêlé. «J’ai été assez embêté. Je me suis retrouvé sur des sites
nauséabonds. J’ai été traîné dans la boue». Toutefois, Xavier Verdejo avait
rapidement reçu de nombreux soutiens et notamment celui du recteur de
l’académie de Montpellier.

Dans sa
lettre du 9 juin 2011, Christian Philip confirme que «votre intégrité
professionnelle ne saurait être mise en cause». Le proviseur du lycée Diderot
confirmant qu’«il n’y avait aucune atteinte». Le sénateur Roland Courteau et le
président du Grand Narbonne Jacques Bascou lui ont aussi apporté leur soutien.
«Des élèves de terminale ES, à leur initiative, ont réagi et signé une pétition
pour démentir les dires de M. Bouzat qui n’était pas élève du lycée et qui n’a
jamais été élève du lycée». Ils ont donc témoigné de la neutralité du
professeur d’Histoire. «La copine de M. Bouzat, élève de cette classe, a obtenu
son bac avec plus de la moyenne en Histoire qui a un coefficient 5. Ces cours
ne l’ont pas dérangée». Elle a en outre signé la pétition en faveur de Xavier
Verdejo. «Conformément au programme, j’évoque le poujadisme lors de la guerre
d’Algérie et on parle de Le Pen. C’est de l’Histoire. On évoque aussi le choc
du 21 avril 2002 qui a ensuite suscité le vote républicain. Ma conception de
mon rôle de professeur est celui d’un fonctionnaire d’État qui accorde des
droits et donne des devoirs que j’ai toujours respectés», ajoute le Narbonnais
présent dans l’enseignement depuis 1976. «Je veux poursuivre car ne pas le
faire serait faire preuve de culpabilité. Je dois le fait d’être membre de la
CGT pour être attaqué. Dans le cadre du syndicalisme, je combats les idées du
Front national. Je ne m’en cache pas. Mais je fais la différence entre le
militantisme et le respect du programme que je dois aux élèves».

La section
locale du syndicat CGT appelle tous les Narbonnais à soutenir le professeur
d’Histoire en étant présent devant le tribunal de Narbonne le jeudi 2 avril, à
13 h 30.

La Dépêche du Midi


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