Pour l’ouverture d’une maison pour la santé et les droits des femmes

Dans l’Hérault 4 territoires sont dotés d’une maternité : Montpellier évidemment, Béziers, Sète et Ganges (voir la carte ci-dessous).

Seulement 4 territoires sont dotés d’une maternité 

Depuis plusieurs dizaines d’années, la maternité de Ganges est gérée par la clinique de Ganges, devenue depuis peu propriété du groupe privé CAP Santé. Mais voilà, cette délégation de service public n’est visiblement pas assez rentable pour ce géant du « soin de proximité ». La maternité et le centre IVG ne sont pas la priorité de CAP Santé et de sa direction comme le montre leur « non-volonté » de trouver des solutions au maintien de ces activités.

Le calendrier avance et sans la mobilisation de la population, des habitant·es, des personnels soignants, des défenseur·es du service public de ce territoire rural, la fermeture de la maternité et du centre IVG serait arrivée, en silence, lentement, sans bruit comme dernièrement la Perception des Impôts et tant d’autres services publics…

Pourtant :

  • – Si la maternité de Ganges ferme pour retrouver une maternité dans les piémonts cévenols du Vigan – Ganges – Saint Hippolyte du Fort il faudra alors se déplacer loin à Alès, Millau ou Montpellier. De nombreuses femmes n’auront plus d’autres choix que d’aller accoucher dans les méga-pôles privés des maternités des villes, des « usines à bébés » déshumanisées, comme on en trouve à Montpellier.
  • – Si la maternité de Ganges ferme c’est un service d’urgence gynécologique qui ferme, car on n’y pratique pas uniquement des accouchements. De nombreuses interventions concernent également des saignements utérins, des grossesses extra-utérines, des fausses couches… Cette fermeture serait une mise en danger des femmes.
  • – Si la maternité de Ganges et son centre d’IVG ferment, de nombreuses femmes vont perdre un accès de proximité à leur droit d’avorter. Non seulement il ne leur sera plus possible d’accéder à une IVG à Ganges mais également chez les médecins et les sage-femmes conventionnés avec ce centre. C’est une cascade de reculs pour les droits des femmes
manif maternité

Il est donc heureux que nombreuses et nombreux, nous nous mobilisions pour garder ces services publics de santé pour les femmes, pour les bébés.

Il faut désormais passer à l’offensive et exiger le passage de la maternité, du centre d’IVG dans le giron de la santé publique.

Dans un premier temps, il est nécessaire qu’un audit de la maternité et du centre IVG soit mis en place. Un audit doit être mené pour faire toute la transparence sur l’utilisation de notre argent, celui de l’ARS et de la Sécurité Sociale, par le groupe privé CAP Santé. Il est important de voir les comptes afin de connaître la situation financière et le cas échéant demander des comptes au géant privé.

Ensuite il faut que les différents partenaires publiques, l’ARS, l’État, la région Occitanie, les conseils départementaux de l’Hérault, du Gard, les communautés de communes concernées, les communes concernées.., les associations, les syndicats, les collectifs d’habitant.e.s se mettent autour de la table et explorent les différentes solutions, car des solutions, il en existe !

Pour une maison médicale publique des femmes à Ganges !

Non seulement la maternité et le centre d’IVG ne doivent pas être fermés mais il faut au contraire développer ces services publics liés à la santé et aux droits des femmes. Les besoins sont criants.

Nous sommes pour l’ouverture d’une maison médicale publique des femmes à Ganges avec non seulement une maternité, un centre d’IVG, un centre d’urgence gynécologique mais également l’ouverture d’autres services médicaux et sociaux nécessaires pour la santé, les droits des femmes tout au long de leur vie, d’avant leurs règles et après la ménopause.

Des maisons des femmes existent, comme à Paris (https://mdfparis.wordpress.com/). Une maison de santé pour les femmes va d’ailleurs s’ouvrir au CHU de Montpellier. La mobilisation de la population, des élu·es locaux et nationaux a montré la nécessité de développer ce service public sur notre territoire. C’est l’occasion de le faire !

Cette maison publique des femmes de Ganges peut être une initiative des collectivités locales (région, départements, communes). Pour lutter contre la désertification médicale et répondre aux besoins de leur population, des collectivités se sont déjà emparées des questions de santé en se dotant de maisons de santé comme le département de la Saône et Loire ou comme la municipalité de Capestang dans le 34 (https://pierrepolard.fr/2022/03/28/quand-tes-dans-le-desert/). C’est une voie intéressante.

Dans cette maison médicale, construite, aménagée par les collectivités, gérée et entretenue par elles, les personnels de santé seraient salariés par les collectivités, comme cela se fait par exemple à Capestang, avec des horaires définis, de bons salaires correspondants à leur qualification. Ils pourraient pratiquer leur métier dans de bonnes conditions de travail grâce à leur statut de fonctionnaires territoriaux. Cela rendrait ces emplois attractifs, attirerait des personnels soignants dans nos territoires, contrairement aux « usines à bébés » que l’on voit croître dans les métropoles comme à Montpellier.

Cette maison publique des femmes de Ganges répondrait aux besoins des femmes en terme de santé (un service d’urgence gynécologique dédié pourrait être créé), de lutte contre les violences conjugales, de prévention, d’éducation populaire notamment sur les questions de sexualité, de contraception. Des formations pour lutter contre les violences obstétriques pourraient y être données.

Cette maison de santé et des droits des femmes permettrait ainsi aux femmes d’avoir concrètement accès à la santé et à leurs droits.

A jeudi 10 novembre 18H devant la clinique de Ganges !

NB : Nous tenons à remercier Gersande Marceau, militante du Planning Familial Montpellier, avec qui nous avons longuement échangé, ce qui a grandement nourri cet article.

DITES NON À LA FERMETURE DE LA MATERNITÉ DE GANGES :
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Gauche écosocialiste 34