SANOFI Montpellier : 1 an de lutte pour l’emploi. Le combat continue !



 Les
salariés de Sanofi n’ont cessé de se mobiliser depuis une année, ils attendaient une loi d’interdiction des licenciements boursiers,
ils ont un nouveau plan à la sauce à l’ANI




Lors du rassemblement des grévistes le 2 juillet, devant le site de Montpellier, notre camarade Francis Viguié a rencontré
Sandrine Caristan de la CGT et Michel Régent de SUD pour faire le point sur
leur mouvement et leurs perspectives. Voici les éléments transmis suite à leur
rencontre.





Les Sanofi ne cessent depuis un an de se
mobiliser pour défendre leurs emplois et l’avenir du site. 
Voir ici les articles sur le sujet sur notre site

Lundi 1er Juillet, ils étaient
présents au débat de Montebourg à la salle Pétrarque avec une banderole on ne
peut plus explicite « Montebourg, complice de nos licenciements » ! 

Mardi 2 Juillet, nouvelle journée
de grève à l’occasion de la présentation du nouveau plan de la direction au
Comité Central d’entreprise (CCE).

Viguie-sanofi020713.JPGLors du rassemblement des grévistes
devant le site de Montpellier, notre camarade Francis Viguié a rencontré
Sandrine Caristan de la CGT et Michel Régent de SUD
pour faire le point sur
leur mouvement et leurs perspectives. Voici les éléments transmis suite à leur
rencontre.

Le conflit dure depuis un an,
rythmé par les Jeudis de la Colère et par de nombreuses initiatives de
mobilisation de l’ensemble du groupe Sanofi Aventis (manifestations à Lyon, à
Paris…) ou de convergences des luttes avec d’autres secteurs.

L’ancien plan de suppressions de
postes a été annulé le 11 Mars
en référé. 

La Direction présentait le 2 juillet
son nouveau plan au CCE. Il ressemble beaucoup à l’ancien avec un volet
reclassement en plus et il se situe dans le cadre de l’Accord National
Interprofessionnel (ANI).

sanofi020713.JPGD’après ces deux responsables
syndicaux, le désengagement du site de Toulouse est confirmé. Il est créé des « Spin
Off
 » par la direction de Sanofi avec des salariés issus de Sanofi.
Sandrine et Michel, partant de l’exemple de Romainville Centre de recherche
(Biosytec), font la remarque suivante « soit, la  spin off ne marche
pas et elle ferme, soit elle marche et Sanofi rachète le brevet puis la ferme
 ».
Le projet pour Toulouse est sur 614 emplois, 500 seraient  « sauvegardés »  avec des spin off et des structures
autonomes. Le secteur des « anti infectieux » est toujours délocalisé
à Lyon où rien n’est prévu. Le nouveau plan confirme la volonté de la direction
de rendre le site indépendant de Sanofi.

Pour Montpellier, l’arrêt de la
recherche et des fonctions support est confirmé.
Cela concerne  200 à 250 emplois, soit autour de 20%
de l’emploi total.

Montpellier doit devenir un centre
global « préférentiel ». Le site passe de « stratégique » à
« préférentiel », c’est à dire que, on donnera de préférence des
activités à Montpellier mais sans aucun caractère obligatoire.

La  réduction du nombre de salariés ne peut qu’augmenter les
inquiétudes des syndicalistes « Nous allons passer à 800 salariés alors
que le site est dimensionné pour 1800, c’est à ce titre que Sanofi a eu des
terrains à un bon prix. Ils parlent de faire un campus et de faire rentrer des « starts
up », des starts up vides remplies avec des salariés de Sanofi. Mais il n’y
a aucun nom de start up actuellement 
».

 Autre motif de colère, la décision de la Direction de faire
que les usines de production française ne soient alimentées que par la
recherche française et ceci à un moment où la Recherche ferme  à Montpellier et à Toulouse ! »
Le risque de subir un nouveau plan de suppressions de postes est bien présent.
Montpellier est passé de 1460 à 1060 emplois sans aucun effet, le personnel
subit même une nouvelle charrette de 200 à 250 suppressions de postes.

Les inquiétudes sur la Recherche
sont très fortes pour la CGT et SUD, ils déclarent « Sur 
4 500 employés Recherche en
France, il n’y a que 2 jeunes de moins de 26 ans !! Une entreprise qui
virent ses seniors et n’embauche pas, quelle est sa pérennité ?
 »

Il est à noter que la Direction de
Sanofi « indique au CCE que le gouvernement est d’accord avec son plan ».

 

Suite à leur interpellation des
plus claires de Montebourg avec leur banderole et leur présence nombreuse « en
tenue de grévistes Sanofi
 », Patrick Vignal, député PS de l’Hérault et
membre du conseil municipal de Montpellier est passé rencontrer les grévistes
au piquet de grève devant l’entreprise le 2 juillet. Il s’est engagé à
transmettre une lettre de l’intersyndicale à l’ensemble des députés  et sénateurs PS. 

Les salariés de Sanofi
attendaient une loi d’interdiction des licenciements boursiers
(comme l’avaient
voté le conseil municipal, le département, l’Agglomération…), ils ont un
nouveau plan à la sauce à l’ANI.

Les salariés de Montpellier
restent mobilisés, ils étaient avec les FRALIB à Gemenos le 29 juin.

Plusieurs rendez-vous sont déjà prévus
comme le 9 Juillet à Chilly Mazarin où se tiendra la première réunion de négociation
ou encore le 5 Septembre à Sisteron pour un « carrefour des luttes »
sur le site de Sanofi.

 

La Gauche Anticapitaliste, membre
du Front de Gauche, salue cette année de combat et continuera son soutien à
cette lutte exemplaire. La rentrée va être marquée par la contre réforme
des  Retraites voulue par le
gouvernement, ce sera l’occasion d’agir ensemble pour l’emploi, pour la
retraite à 60 ans et de construire une alternative à l’austérité.

 

correspondant GA34, Montpellier, le 2 juillet 2013.



REVUE DE PRESSE (Midi Libre)





Midi Libre

  Montpellier
: deux actions d’éclat des salariés de Sanofi



Une banderole pour accueillir le ministre du Redressement.

Sursaut dans la contestation

“Nous allons reprendre les Jeudis de la colère”, espère une
représentante de l’intersyndicale Sud CGT. En attendant, depuis lundi soir et
la venue d’Arnaud
Montebourg
, ministre du Redressement productif, les salariés de
Sanofi ont repris du poil de la bête.

Face
au ministre, durant la réunion publique, ils ont déployé une banderole
“Montebourg complice de nos licenciements”. Hier, les manifestants
ont renouvelé
l’opération à Montpellier. Durant la journée, une
cinquantaine de personnes, soit en grève soit en débrayage, se sont relayées
devant le site Sanofi. “Nous refusons les 260 suppressions de postes ou
mutations. Le pôle recherche est supprimé à Montpellier, nous ne pouvons pas
l’accepter.”

 

Midi Libre Avec AFP

Sanofi
relance la réorganisation de sa recherche à Toulouse et Montpellier



La direction du laboratoire pharmaceutique Sanofi va présenter mardi
un nouveau plan de réorganisation de sa branche Recherche et Développement en
France, qui n’affiche que 207 suppressions d’emploi sur 5.000 d’ici la fin 2015
mais préfigure un “désengagement” de la recherche, selon les
syndicats. 

Le nouveau projet, présenté au comité central d’entreprise, intègre
désormais le sort de l’établissement de Toulouse et de ses 617 salariés, qui
était en pointillé dans un premier plan
retoqué le 11 mars par la cour d’appel de Paris
pour insuffisance
d’information du CCE et d’effort de reclassement des salariés.

La recherche sur la selette à Toulouse et Montpellier

Avec le site de Montpellier, qui doit se recentrer sur le seul “développement”,
et y perdre 230 de ses 1 064 salariés par le jeu des mutations et des
suppressions nettes d’emplois, Toulouse est le plus affecté par la volonté de
la direction de “réduire la dispersion” de sa recherche, en privilégiant
la région parisienne, Lyon et Strasbourg
.

364 salariés maintenus à Toulouse

Selon un document préparatoire au CCE, dont l’AFP a eu connaissance,
Toulouse devrait conserver 364 salariés, après une centaine de mutations de
chercheurs en maladies infectieuses vers Lyon, 63 suppressions d’emploi
essentiellement dans les fonctions support (administration, informatique,
finances…), et environ 80 transferts de fonctions support vers d’autres
régions ou d’autres secteurs du groupe. C’est mieux que la disparition redoutée
depuis juillet 2012 lorsque la direction avait suscité la colère des salariés
et des élus locaux en déclarant : “La vocation du site de recherche de
Toulouse reste à préciser : toutes les options seront étudiées”. C’est
moins que l’espéraient les salariés qui ont multiplié les actions pendant près
d’un an et qui tablaient sur le maintien de “500 emplois sur le site”
conformément au rapport de la mission ministérielle nommée par le
ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Maintien d’une entité recherche pendant cinq ans 

Ce rapport “Saintouil-Amalric” a souligné à la mi-mai de
nombreux atouts du site et le ministre a annoncé que la direction acceptait le
maintien d’une entité de recherche et de développement sous la bannière Sanofi
pour au moins cinq ans. Syndicats et élus locaux viennent de remonter au
créneau en apprenant que la direction prévoyait de ne conserver à Toulouse que
364 salariés, dont 324 chercheurs inscrits dans de nouvelles structures qui
“seraient accompagnées afin de leur permettre d’atteindre leur autonomie
de fonctionnement au cours des cinq prochaines années”.

Les syndicats méfiants

“Les accords doivent être respectés”, a protesté le
président de la région Midi-Pyrénées Martin Malvy, tandis que les syndicats
appelaient à la grève à Toulouse pendant le CCE de mardi en région parisienne.
“Le projet (…) ne s’inscrit absolument pas dans l’esprit du rapport
présenté par Jean-Pierre Saintouil”, déclare le premier syndicat, la CFDT.
Laurent Besson-Imbert, délégué de Sud-Chimie, deuxième syndicat de
l’établissement, a surenchéri en déclarant que “l’autonomie, c’est un
grand classique du désengagement”.

Stéphane Galiné, coordonnateur CFDT  : “Sanofi un de
nos derniers fleurons”

Un porte-parole de la direction, Jean-Marc Podvin, refuse
“d’entrer dans le détail des chiffres avant le CCE” et rétorque que
“le groupe est en phase avec ses engagements, le rapport
Saintouil est sa feuille de route
“. “On proteste parce que
c’est le démantèlement de la recherche en France qui se dessine d’ici à cinq
ans, alors que Sanofi est un de nos derniers fleurons”, souligne Stéphane
Galiné, coordonnateur CFDT chez Sanofi R§D. Selon lui, “la sortie des
effectifs sera bien supérieure aux 207 annoncés, car Sanofi va sans doute
proposer des mesures d’accompagnement favorables aux demandes de pré-retraites.
Elles pourraient approcher 500 d’ici la fin 2015”.

Vers la fin du site de Toulouse en 2018 ?

Le
syndicaliste estime aussi que le groupe finira “par faire sortir les 350
de Toulouse d’ici cinq ans”. Les négociations sur les mesures
d’accompagnement du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) devraient débuter le 9
juillet, selon les syndicats et la direction. Si la réorganisation de la R§D
cristallise les inquiétudes, elle s’inscrit dans une plan plus large de Sanofi
France
dépassant 900 suppressions d’emplois. Un plan de 500 suppressions
est en cours chez Sanofi-Pasteur (vaccins) et un de 230 dans les
fonctions centrales (direction, administration, finances), “entièrement
par départs volontaires”, selon le porte-parole de Sanofi. 



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