Tensions au Front de Gauche Montpellier. René Revol jette de l’huile sur le feu !

René Revol, dirigeant du PG 34 a répondu par un post de blog sur la
crise ouverte dans le Front de Gauche Montpellier. Cette réponse n’est pas de
nature à permettre de surmonter les difficultés. Elle jette même de l’huile sur
le feu et semble plus motivée par des impératifs internes au Parti de
Gauche : susciter un réflexe de forteresse assiégée pour tuer dans l’oeuf
le nécessaire débat.  Pourtant, vue
la gravité de la situation politique, la construction d’un front de gauche uni
et dynamique est une impérieuse nécessité




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René Revol, dirigeant du PG 34 a
répondu par un post de blog sur la crise ouverte dans le Front de Gauche
Montpellier. Cette réponse n’est pas de nature à permettre de surmonter les
difficultés. Elle jette même de l’huile sur le feu et semble plus motivée
par des impératifs internes au Parti de Gauche : susciter un réflexe de
forteresse assiégée pour tuer dans l’oeuf le nécessaire débat.  Pourtant, vue la gravité de la
situation politique, la construction d’un front de gauche uni et dynamique est
une impérieuse nécessité.

Aux origines de la crise : l’appropriation par la direction du PG
des discusssions d’entre deux tours.

Sur Montpellier, le Front de
Gauche avait établi un protocole d’accord qui indiquait que les discussions et
les décisions pour l’après premier tour devaient être menées collectivement par
l’ensemble des composantes. Alors que les composantes de la liste s’étaient
réunies le lundi matin, que ces composantes devaient réunir en fin de journée
leurs adhérent respectifs, la direction du PG Montpellier accompagné du maire
de Grabels, René Revol, a rencontré sans prévenir ses partenaires les deux
têtes de liste Moure et Saurel dans l’après midi. Les adhérents du PCF et de
Ensemble se sont donc réunis en fin de journée sans avoir aucune information
tandis que le comité directeur du PG Montpellier avait lui le privilège de se
réunir en ayant connaissance du résultat des négociations et adoptait dans la
foulée un « mandat bloqué ». Les représentants de Ensemble et du PCF
n’étaient informés des discussions qu’à 22H 30, bien trop tard pour pouvoir
peser dessus.  Ces faits sont
reconnus implicitement voire explicitement par René Revol.

Par ces méthodes totalement
contraires à l’engagement pris d’une animation collégiale de la campagne, la
direction du PG 34 a ravivé brutalement une crise latente depuis que cette même
direction avait imposé au début de la campagne par une conférence de presse en
solo une tête de liste qui ne faisait pas consensus.

Une tel déni de la pluralité du
Front de Gauche et des impératifs de démocratie interne de ses composantes ne
pouvait rester sans réponse. Le PCF a fait une conférence de presse et pour
notre part, nous avons réagi par une explication sur notre site (ici) suite à
plusieurs articles de presse.

Pour toute réponse, René Revol jette de l’huile sur le feu !

René Revol a choisi de répondre à
nos questions légitimes par l’anathème et l’enfumage. ( lien vers son billet ici )

Enfumage lorsqu’il mèle
délibérément dans sa réponse :

 un démenti à une rumeur fantaisiste le
concernant, rumeur sortie d’on ne sait où

 – questions posées par la presse (Montpellier Journal
notamment, voir plus bas) 

 – problèmes politiques et/ou de méthodes posées par le PCF et
Ensemble.

Par ce procédé, il cherche à la
fois à rabaisser les questions légitimes au rang d’une simple rumeur et à se
poser en victime : personne ne pouvant légitimement croire la rumeur en
question à moins de penser que R. Revol trahirait tous ses engagements récents. ( Ce que nous ne croyons pas, mais faut il vraiment le préciser ? )

 Anathème lorsqu’il accuse : « Les responsables de la section communiste de
Montpellier et dans une moindre mesure ceux d’Ensemble ont envisagé de se
vendre à un aventurier ».
 

Au delà du
caractère proprement insultant de cette phrase, il y a une négation totale de
la bataille menée par nos camarades de la section locale du PCF pour
s’affranchir de la politique de leurs élus sortant. Quant à l’attaque contre Ensemble, René Revol
serait bien inspiré de faire des comptes rendus réguliers de ses votes à
l’agglomération comme nos élus sortant l’ont fait pour le conseil municipal de
Montpellier. Tous nos compte rendus, tous nos votes sont publics et nos élu-e-s
n’ont jamais dévié de la position sur laquelle ils avaient été élus en 2008.  Chacun peut donc juger sur pièces.

Reste le problème politique.

 Une
fusion technique (= sans engagement de solidarité de gestion, de participation
à l’exécutif,  et avec assurance de
la liberté de vote) signifie-t-elle se « vendre » ? 

Si c’est le
cas, René Revol est en total désaccord avec la position nationale du PG.
Celui-ci a proposé dans la plupart des villes des fusions techniques/démocratiques aux listes
de gauche et au PS. Dans son communiqué national (ici), le PG accuse même le PS
d’être responsable de victoires de la droite dans une série de villes par le
« sectarisme » des listes PS qui ont refué de telles fusions. Ou
alors René Revol a-t-il pensé qu’une fusion technique était possible avec la
liste Moure mais pas avec la liste Saurel ?  Nous constatons qu’il ne défend pas (ou plus) cette position
sur son blog et en prenons acte.

Penser par contre qu’avoir refusé
toute fusion et donc laisser le FN comme seule opposition au sein du conseil
municipal à la politique qui sera menée, cela pendant six longues années, est
une solution qui rendra le FDG plus populaire et plus efficace a de quoi
laisser quelque peu perplexe. Celà relève carrément du conte pour enfants lorsque
René Revol écrit : « 
Le jour où Muriel
RESSIGUIER a refusé un tel reniement, préférant ne pas avoir d’élus, elle est
devenue la personnalité politique de gauche la plus respectée dans la
population populaire de Montpellier »

 Pour finir sur ce point, nous pensons que ce débat est
légitime mais qu’il est nuisible de manier l’anathème pour le mener. Le style
du post de René Revol donne vraiment l’impression de vouloir suciter au sein du
PG 34 un réflexe de forteresse assiégée, réflexe qui ne peut conduire qu’au
sectarisme et met en danger la capacité du FDG à avancer collectivement.

Rappelons enfin que pour Ensemble,
une fusion même technique avec la liste Moure était impossible. Avec la liste
Saurel, nous avons pointé un certain nombre de points positifs mais aussi
d’obstacles, notamment la présence de personnalités engagées à droite sur sa
liste. 

Nous savons que Saurel avait accepté un certain nombre des conditions
sur lesquelles nous étions d’accord, un accord sur la fusion technique avec ce
que cela implique, et la non intégration de la représentante de  « la manif pour tous » sur
l’éventuelle liste fusionnée. Il restait cependant un certain nombre de
problèmes. Nous aurions donc aimé pouvoir mener collectivement la bataille
politique pour lever les obstacles restant, et celà pas dans l’ugence et la
précipitation à 23h 30 avec la contrainte d’un mandat bloqué du PG.  Il n’est pas certain que cette bataille
eut été courronnée de succès mais le PG n’avait pas à mener les discussions en
secret et sans consulter ni même informer ses partenaires.

 

NB

Les articles de Montpellier Journal (accès réservés aux abonnés) qui ont visiblement énervé René Revol rendent compte de la crise au sein du FDG Mtp (voir ici) et s’interrogent (ici) sur l’attitude de certaines personnalités locales dans l’entre-deux tours, parmi lesquelles le maire de Grabels. Montpellier Journal pose notamment des questions sur le sens du soutien apporté par le mandataire financier de René Revol lors du dernier meeting de la liste Moure. 

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Gauche écosocialiste 34