Contre le COM et le LIEN, Vélorution !
A l’appel des collectifs l’Autre COM, SOS Oulala, Bloque Ton périph , membres du collectif national la Déroute des routes et de Vélocité, soutenus par de nombreuses organisations environnementales, environ 200 personnes ont enfourché leurs vélos ce dimanche 23 juin pour dénoncer les projets routiers inutiles autour de Montpellier.

La Vélorution est partie du Peyrou et s’est déroulée sur 10 km jusqu’au bord de la Mosson, en passant par les ronds-points du Rieucoulon et de Danièle et Paulette. Les cyclistes scandaient ou chantaient « Le périph de Montpellier, combien d’hectares de dévastés pour combien de minutes gagnées », « Moins de Béton, plus de hérissons », Moins de routes plus de loutres »… La vélorution s’est arrêtée à proximité de la Mosson, pour un pique-nique en musique, suivi d’une balade naturaliste pour identifier les espèces protégées menacées par le tracé du COM, et comprendre le formidable corridor de biodiversité de la Mosson et de sa ripisylve (les arbres, arbustes et buissons qui bordent le cours d’eau).
Céline, du collectif l’Autre com, a alerté sur le projet du COM, le contournement Ouest de Montpellier, dont les travaux n’ont pas encore commencé. Il s’agit d’une liaison à caractère autoroutier de 6 km entre l’A750 et l’A709. Sur 1,7km des 6 km du projet, l’emprise au sol prévue pour ce projet irait jusqu’à 8 voies plus 2 bandes d’arrêt d’urgence. L’objectif affiché par les aménageurs est double : Relier l’A75 à l’A9 (via l’A750 et l’A709) et « fluidifier le trafic sur l’ouest de Montpellier ».

Outre la pollution engendrée par les travaux, outre le trafic induit documenté depuis 50 ans dans tous les pays du monde et qui montre que lorsqu’on crée une route, celle-ci est saturée dans les quelques années qui suivent, ce projet cache un autre aspect très préoccupant : un report de trafic de poids lourds et un report des bouchons sur l’autoroute urbaine A709. Les Montpelliérains qui espèrent voir diminuer leur temps de trajet seront donc déçus, comme dans le cas du dédoublement de la A9.
Comme pour le LIEN (le périph nord de Montpellier) – dont les travaux ont commencé et avancent très vite, après le dynamitage des collines, avec des destructions terribles de zones de garrigue – les autorités mentent sur les bénéfices supposés et nient les conséquences néfastes de ces liaisons autoroutières. C’est cette fuite en avant dans le tout-voiture sans jamais offrir d’alternative (mobilités douces, transports en commun) qu’il faut stopper.

Mais comme l’a expliqué Romain de SOS Oulala, il s’agit aussi d’un problème plus large, directement lié aux enjeux politiques de l’heure et à la progression électorale de l’extrême-droite dans les zones périurbaines : la poursuite d’un modèle de métropolisation et de mobilités contraintes, où les populations vivent de plus en plus loin de leur lieu de travail, étranglées par des dépenses en essence qui augmentent, où tout est aspiré par la métropole. Un autre modèle est possible, qui pense le rééquilibrage et de relocalisation des activités sur le territoire.

