Contre les projets routiers inutiles et écocides : contre le LIEN et le COM

En quelques jours, la question du LIEN (Liaison Intercommunale d’Évitement Nord de Montpellier) et du COM (Contournement Ouest de Montpellier) sont revenus dans l’actualité. Le LIEN car l’échangeur de St Gély du Fesc a été inauguré, le COM car un rapport indépendant a remis en cause l’étude d’impact.

Rappelons deux sites internet qui détaillent ces deux projets :

    – le site de l’association SOS Oulala, qui lutte contre le LIEN : https://www.sosoulala.org/

    – le site de l’association AutreCOM, qui lutte contre le projet de COM actuel : https://autrecom.jimdosite.com/

Concernant le LIEN :  le projet est très avancé car, après l’inauguration de cette échangeur (pour un coût de 27 millions d’euros !), il ne reste que le tronçon de St Gély du Fesc à Bel air (connexion avec l’A709) à terminer d’ici 2028 (pour un coût supplémentaire de 60 millions d’euros !). Les divers recours, en particulier sur le coût environnemental, n’ont malheureusement pas été des succès, ceci malgré les importantes mobilisations. Les réponses à ces recours et ces mobilisations ont toujours été basées sur le mépris et l’absence de prise en compte des arguments développés. 

Concernant le COM :  cette autoroute, dont la construction est financée par Vinci via une renégociation des péages des autoroutes gérées par Vinci, va avoir un coût de 300 millions d’euros.  L’association The Shifters (https://www.theshifters.org/) a montré que le trafic automobile induit ne permettrait pas à la Métropole de Montpellier de répondre à ses objectifs d’émissions de CO2. Selon les soutiens du COM, ce n’est pas un problème puisque nous allons passer aux véhicules tout électrique qui vont « moins polluer » : c’est ignorer de façon volontaire que selon deux études de l’ADEME (https://librairie.ademe.fr/ged/6878/emission-vehicules-routiers-particules-hors-echappement-2022.pdf) et Science of the Total Environment (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004896972204058X?via%3Dihub) il n’y a pas d’écart significatif d’émissions de particules « directes » entre un véhicule thermique récent et un véhicule électrique à forte autonomie… s’ajoute le fait que les véhicules sont de plus en plus lourds, ce qui engendre une pollution importante venant des pneus…

Au fond, ces projets écocides ne servent qu’à répondre à une problématiques : Montpellier se situe au centre d’un axe de circulation considéré comme majeur au plan européen, reliant la péninsule ibérique au reste de l’Europe, via l’A9. Principale ville entre le couloir rhodanien et l’Espagne, Montpellier est également à l’articulation d’un axe Nord/Sud reliant l’arc méditerranéen à la région parisienne via le Massif Central via l’A75. Voilà ce à quoi celleux qui décident de ces projets d’un autre temps, un temps où la catastrophe écologique en cours n’était pas prise en compte, veulent répondre. L.I.E.N. et le COM incarnent ce monde d’avant et la fuite en avant des décideurs, qui continuent sur le même modèle du tout-voiture. 

L’objectif affiché de répondre à la croissance économique et démographique de l’aire urbaine de Montpellier est un leurre : plutôt que de repenser cette croissance, que de repenser le réseau des transports en commun et les mobilités douces, nous subissons la création d’une autoroute qui va engendrer plus de trafic du fait même de son existence ! (sur le sujet, lire ce travail : https://gcononmerci.org/bon-a-savoir/trafic-induit-et-trafic-evapore-infrastructures-routieres-deplacements-urbains-et-modes-de-vie/).

Face à ce modèle délétère et mondial de métropole toujours en expansion et en concurrence les unes avec les autres, on peut et on doit penser un autre modèle urbain, en rééquilibrant les activités sur le territoire, un modèle de coopération plutôt que de concurrence généralisée et d’assèchement des villes moyennes par une métropole omnipotente.

 Les travaux du COM n’ont pas commencé, on peut encore bloquer ce projet et cette logique écocides, pour enclencher une autre dynamique, démocratique, sociale, et environnementale.

Développer les transports en commun pour un avenir durable

En complément, il est essentiel de proposer des solutions alternatives pour répondre aux défis de la mobilité tout en respectant les enjeux écologiques. L’idée de développer un réseau de transports en commun à l’échelle de l’Hérault est primordiale. Cela pourrait inclure la mise en place de tram-régionaux, de tram-trains, ainsi que de bus à haut niveau de service (BHNS) pour relier les différentes communes et réduire drastiquement l’utilisation de la voiture individuelle.

De plus, il est impératif de revendiquer la gratuité des transports publics à Montpellier pour toutes et tous, afin de rendre ces services accessibles à tous les citoyens et d’encourager davantage de personnes à utiliser ces alternatives à la voiture.

Enfin, l’articulation entre les transports en commun et les mobilités douces, comme le vélo, doit être renforcée. Cela inclut la création de parkings sécurisés pour les vélos dans les gares et les principaux nœuds de réseaux de transports, afin de faciliter et encourager l’intermodalité. Ces mesures combinées permettraient de réellement repenser la mobilité à Montpellier et dans l’Hérault, tout en respectant nos engagements environnementaux et sociaux.

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