Le mardi 8 avril 2025, devant les grilles du Conseil départemental de l’Hérault, plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel de la Coord’eau 34. Un chiffre d’autant plus significatif que le rassemblement avait lieu en pleine journée de semaine, pendant les heures de travail : un signe clair que la détermination est profonde et que le potentiel de mobilisation pour la suite est très fort, ce qui est très encourageant. Leur message est limpide : notre territoire a besoin d’un avenir juste et soutenable, pas de mégabassines.
Ce jour-là, alors qu’un comité stratégique se réunissait pour valider ces projets, les représentant·es de la Coord’eau 34 – pourtant investi·es depuis des mois dans les concertations – ont été exclu·es. Une démocratie sans les citoyen·nes ? Non merci !
La Coord’eau 34, qui regroupe habitant·es, agriculteur·ices, syndicats, associations et forces politiques, défend une gestion de l’eau fondée sur l’intérêt général : contre l’accaparement par une minorité, pour un partage équitable et réfléchi. Le 8 avril, les masques sont tombés : au Conseil départemental, les décisions se prennent à huis clos, entre initié·es, loin de tout débat public.
Et pourtant, les projets en jeu soulèvent de profondes inquiétudes. Les mégabassines, appelées ici « Retenus hivernales », sont coûteuses, inéquitables et climaticides. Elles ne répondent ni à l’urgence écologique, ni à la crise agricole. Elles prolongent un modèle viticole productiviste à bout de souffle, fondé sur la monoculture et l’export, sans offrir de solution aux paysan·nes en difficulté, ni aux territoires en mutation.
Dans le même temps, les budgets de la solidarité, du sport ou de la culture sont sacrifiés, au nom de l’austérité. L’argent public existe, mais il est mobilisé pour bétonner ou plastifier d’immenses cratères, plutôt que pour accompagner une bifurcation agricole juste, sociale et écologique.
Quel projet de société cela incarne-t-il ? Certainement pas celui dont nous avons besoin !
Face aux sécheresses chroniques, à l’effondrement de la biodiversité et à la précarisation du monde agricole, il ne s’agit plus de rafistoler le système. Il faut engager un véritable changement radical.
L’eau n’est pas une marchandise ! C’est un bien vivant, un commun qui appartient à toutes et tous. Elle ne peut être accaparée par quelques-uns, ni gérée en coulisses.
La Gauche Écosocialiste 34 réaffirme son plein soutien à la Coord’eau 34 et s’associe à sa demande : moratoire immédiat sur les projets de mégabassines dans l’Hérault. Il est temps d’ouvrir un débat démocratique et transparent sur la gestion de l’eau, fondé sur la sobriété, la justice sociale, la restauration des cycles naturels, des pratiques agricoles et d’aménagement du territoire qui favorisent l’infiltration, le ralentissement et la rétention de l’eau dans les sols et les paysages, la préservation des milieux de façon général.
Refusons les fausses solutions. Engager dès maintenant la bifurcation écologique, c’est choisir un avenir vivable pour nos campagnes, des paysan·nes justement rémunéré·es, et une eau accessible à toutes et tous, aujourd’hui comme demain.
L’eau est un droit ! L’eau est un bien commun !