Flottille de la Liberté : Solidarité internationale en mer et lutte contre le génocide à Gaza
Depuis plusieurs années, des mouvements citoyens — militant·es, journalistes, responsables et élu·es politiques — se mobilisent pour briser le blocus imposé à Gaza. Il s’agit bien entendu de porter secours à la population palestinienne, dénoncer les crimes de guerre et exiger une justice à l’échelle internationale. Mais il s’agit aussi de médiatiser ce blocus scandaleux. Malheureusement, aujourd’hui, cette lutte trouve un nouveau souffle avec la Flottille de la Liberté pour Gaza 2025 — un appel pressant à la solidarité militante, pour imposer un corridor humanitaire, lever le siège illégal et mettre fin au génocide en cours.
La Coalition internationale de la Flottille de la Liberté est née en 2010 avec pour but de briser le blocus de Gaza, instauré depuis 2006 par Israël et l’Égypte. En 2010, la première flottille, composée de huit cargos avec près de 700 passagers, a été interceptée par la marine israélienne lors de l’abordage tragique du Mavi Marmara, causant neuf morts et de nombreux blessés. Les tentatives suivantes ont connu différents sorts : la Flottille II en 2011 fut empêchée par la Grèce, ne comprenant finalement qu’un seul bateau, le Dignité Al-Karama, arraisonné. La Flottille III, partie de Suède, fut également stoppée en mer. Des actions en 2015 et en 2018 ont également été repoussées, sans percée majeure.
Avec le génocide en cours, le blocage par Israël et l’Egypte de l’aide humanitaire, de nouvelles tentatives se sont construites. Le Conscience a ouvert le bal dès fin avril 2025, partant de Bizerte et attaqué par un drone israélien en eaux internationales — un acte en violation du droit international. Le voilier Madleen, parti de Catane le 1er juin 2025, transportait des denrées de première nécessité (lait, farine, riz, produits menstruels, prothèses, kits de dessalement) et une équipe internationale comprenant Greta Thunberg, l’eurodéputée Rima Hassan, des journalistes et militant·es du monde entier. Le 9 juin au matin, le navire fut arraisonné en haute mer à 185 km de Gaza par l’armée israélienne, malgré un pavillon britannique et dans des eaux hors des eaux territoriales — encore une interception en violation du droit international. L’équipage, dont plusieurs Français·es, fut arrêté, détenu en conditions dégradantes (humiliations, privation de sommeil, d’eau, d’accès aux sanitaires).
Puis vint le Handala, un ancien chalutier norvégien transformé, parti le 20 juillet 2025 de Gallipoli (Italie) avec aides humanitaires vitales et 21 personnes à bord, dont six Français·es. Il subit des tentatives de sabotage (corde autour de l’hélice, liquide corrosif) avant d’être intercepté la nuit du 26–27 juillet à environ 40 milles nautiques de Gaza, puis conduit à Aschdod et ses occupants arrêtés.
Entre août et septembre 2025, plus de 50 bateaux de 44 pays ont embarqué dans ce qui est qualifié de plus grande flottille civile jamais organisée contre le colonialisme israélien, baptisée Global Sumud Flotilla, « sumud » signifiant persévérance en arabe. Après un départ depuis Barcelone, avec plus de 200 personnes à bord, elle se dirige vers Tunis pour compléter son escale avant d’aller vers Gaza, dans une mission humanitaire et politique visant à dénoncer le blocus et le génocide. Des risques importants existent, notamment des menaces d’arrestation qualifiant les activistes comme « terroristes » proposées par un ministre israélien.
La Flottille pour la Libération de Gaza, portée par la Freedom Flotilla Coalition, est donc une action non violente, symbolique et solidaire, permettant à des citoyen·nes du monde entier de défendre les droits fondamentaux de plus de deux millions de Palestinien·nes, dont plus d’un million d’enfants, privés de dignité et de moyens de subsistance par le blocus.
Pour suivre la situation en direct : https://freedomflotilla.org/fr/la-flotille-pour-la-liberation-de-gaza/
Gauche Écosocialiste 34 appelle à :
- Soutenir la Flottille pour la Libération de Gaza,
- Exiger l’arrêt immédiat du génocide en cours, la levée du blocus, la libre circulation de l’aide humanitaire, le respect du droit international.
