| |

La rue tue ! Un toit pour tous et toutes !

Depuis le 2 mars, le collectif Robin.es des Toits occupe symboliquement l’ancienne auberge de jeunesse de Montpellier et demande la réquisition des locaux vacants. Une cinquantaine de personnes se relaient devant le bâtiment rue des écoles laïques et discutent avec les passant.es. Des banderoles ont été déployées sur les murs extérieurs, une tente plantée dans le jardin. Les portes n’ont pas été forcées, l’idée étant de provoquer des négociations avec la Mairie.

A Montpellier, selon les chiffres officiels, plus de 1500 personnes n’ont pas de toit. Beaucoup plus si l’on tient compte du sans-abrisme (va-et-vient entre la rue et les hébergements d’urgence) et des bidonvilles selon le recensement de la Nuit de la Solidarité en 2023.

Révolté.es par la situation dramatique de personnes à la rue toujours plus nombreuses et pour des durées de plus en plus longues, des citoyens et citoyennes avec ou sans abri de Montpelllier ont fondé le collectif Robin.es des Toits, soutenu par le DAL et le Collectif Migrants Bienvenue 34. Il s’agit de faire pression pour que la Mairie de Montpellier, qui a signé la charte de l’ANVITA 1 face à un Etat défaillant sur la question de l’hébergement fasse tout son possible pour mettre ses actions en accord avec les principes affichés. Il existe de nombreux locaux publics vacants (encore plus de logements et bureaux privés). Il faut les réquisitionner.

Le collectif projette de créer un lieu autogéré pour les personnes privées de toit, en s’appuyant sur une charte d’occupation déjà élaborée. La mairie a déjà ces dernières années passé des conventions d’occupation avec d’autres lieux comme Luttopia. Suite à cette occupation, une rencontre a eu lieu avec la Mairie. Le collectif a alors découvert qu’un projet de rachat par la Fondation Abbé Pierre est en cours d’étude avec l’agence Quatorze 2dans le cadre de la résorption des bidonvilles, pour une occupation transitoire de 2 ans avant la réhabilitation en logements sociaux. Des travaux devraient commencer rapidement pour sécuriser les lieux et apporter un confort minimum, selon la Fondation Abbé Pierre. En attendant, les gens sont toujours exposés aux dangers de la rue.

« Si on nous répond que le bâtiment n’est pas aux normes, on peut se demander si dormir dans une tente dans la rue, c’est aux normes. »

Le collectif exige la réquisition des logements municipaux vides et demande à la mairie de Montpellier plus de transparence sur le potentiel état de vacance de ses infrastructures. Pour continuer la lutte, organiser la suite et maintenir le bras de fer avec les autorités, le collectif appelle à le rejoindre sur les lieux, en bas de la rue des Ecoles laïques.

1 https://www.anvita.fr/fr/qui-sommes-nous/notre-charte/

2 https://quatorze.cc/approche/

Criminalisation de la pauvreté, non-respect du droit au logement par l’Etat

Pour rappel, la loi Kasbarian-Bergé  dite loi Antisquat, adoptée en juin 2023

  • Condamne jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende les personnes et familles qui, faute d’hébergement d’urgence, se mettent à l’abri dans des logements inhabités, des bureaux vides, des bâtiments industriels ou agricoles désaffectés, ainsi que les salarié·e·s qui occupent leur lieu de travail dans le cadre d’un mouvement social ;
  • Accélère la procédure d’expulsion locative, court-circuite les dispositifs de prévention déjà fragiles et retire au juge le pouvoir de suspendre l’expulsion quand il l’estime possible et nécessaire ;
  • Alourdit d’une amende de 7 500 € l’endettement des locataires victimes de la cherté du logement ou d’un accident de la vie, s’ils se maintiennent dans les lieux après une décision d’expulsion ;
  • Entrave le travail d’information, de témoignage et d’accompagnement des associations et collectifs intervenant auprès des personnes vivant en lieux de vie informels par la création d’un nouveau délit de propagande ou de publicité facilitant le squat, puni de 3 750 € d’amende.

Alors que notre pays s’enfonce dans la crise du logement, que la file d’attente du logement social ne cesse de s’allonger, que les expulsions locatives sont en nette augmentation et que des milliers de personnes sont laissées à la rue chaque soir, la loi Kasbarian-Bergé soumet les personnes sans domicile et mal-logées au droit du plus fort et met gravement en péril notre pacte social.

(Texte du DAL, de la Fondation Abbé Pierre et du Syndicat de la Magistrature, signé par 35 associations, syndicats et collectifs, dont l’ANVITA)

Dernière minute : un communiqué de Robin.es Des Toits

« Après plus d’une semaine de mobilisation devant l’ancienne auberge de jeunesse, rue des écoles laïques, le collectif Robin.e.s Des Toits est toujours en attente de la réponse de la mairie, qui était pourtant annoncée pour vendredi 8 mars. Pour rappel, la revendication principale est la réquisition de bâtiments vides afin d’y faire de l’hébergement. Aussi, afin de garder une pression sur les autorités, le collectif a décidé de maintenir une présence sur place au moins jusqu’à l’obtention d’une réponse. Cela levier semble mobiliser l’attention de la mairie, génère une réaction médiatique importante et sensibilise les citoyen.ne.s à la situation actuelle de l’hébergement à Montpellier. Cette présence ne pourra se faire qu’à la hauteur de nos moyens humains, n’hésitez pas à passer soutenir cette mobilisation. Enfin, d’autres perspectives de mobilisation sont envisagées par le collectif en fonction de l’avancée des négociations, nous vous tiendrons informé.e.s. »

Partager :

Publications similaires