Les fantasmes réactionnaires de l’extrême droite devant le rectorat de Montpellier (communiqué du collectif Montpellier contre l’extrême droite)

Vendredi 7 février 2025, une petite dizaine de membres du Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous), protégés par la milice d’extrême droite Ligue du Midi, ont manifesté devant le rectorat de Montpellier pour s’opposer à «l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle» obligatoire (EVARS).

De quoi s’agit-il ? De modules de 3h par an – et non pas «par semaine» comme l’affirme l’article du Midi Libre daté du 8 février 2025 – introduits par la loi du 4 juillet 2001 mais sous-appliqués : seulement 15% des élèves ont effectivement reçu ces enseignements pourtant obligatoires.

Le 30 janvier dernier, le Conseil Supérieur de l’Éducation, qui réunit l’ensemble de la communauté éducative et notamment les représentant-e-s des parents d’élèves, a émis, fait exceptionnel, un avis favorable unanime aux nouveaux programmes EVARS.

160 000 enfants victimes de violences sexuelles par an en France et pourtant…

Tous les réactionnaires, de la droite à l’extrême droite, se mobilisent contre ces programmes, entretenant confusions et mensonges sur une menace fantasmée des LGBTI et «wokistes» qui tenteraient de pervertir les enfants et les jeunes. Aveuglés par leur haine du progressisme et obsédés par les «valeurs familiales traditionnelles», ils ignorent la nécessité de protéger les mineurs des violences sexistes et sexuelles, de leurs apporter des outils pour comprendre leur corps, leur intimité et la notion de consentement, pour lutter contre les stéréotypes de genre, etc.

Depuis plusieurs mois déjà, des enseignant-e-s subissent menaces et intimidations, parfois directement dans leur établissement scolaire ou sur les réseaux sociaux. A la manœuvre, des groupes se présentant comme des collectifs de parents d’élèves «sans confession, ni parti» ou comme des associations «œuvrant en toute indépendance» pour la protection des enfants. En réalité, ce sont de véritables officines réactionnaires, confusionnistes, proches de l’extrême droite et des sphères complotistes. Dans la même veine que le Syndicat de la Famille, on trouve, engagés dans la fronde anti EVARS, les groupes Parents en colèreMamans LouvesSOS ÉducationParents Vigilants ou l’Organisation Nationale Ethique Santé et Transparence.

La manifestation du 7 février à Montpellier est à comprendre dans ce contexte de harcèlement et de désinformation. Que cet événement ait été encadré par une milice d’extrême droite en dit long sur ses motivations réelles : faire pression sur les enseignant-e-s pour les museler et imposer une vision rétrograde de la famille, de l’autorité parentale et de l’éducation.

Face à ces attaques, le collectif Montpellier contre l’extrême droite exprime son soutien à toutes celles et ceux qui, chaque jour, tentent d’apporter des outils éducatifs aux élèves des écoles, collèges et lycées pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.

L’éducation est un rempart contre l’obscurantisme et la réaction : ne laissons pas la peur dicter ses règles.

Collectif Montpellier contre l’extrême droite

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