Montpellier : la course des petits chevaux des pré-prémunicipales

À Montpellier, grâce à la presse de la famille Baylet, la course des « petits chevaux » semble bel et bien lancée. Profitant d’aventuriers naviguant au gré des municipales entre Nous Sommes, Altrad et LFI, Midi Libre se complait à mettre en avant les divisions au sein de LFI en faisant la publicité d’un candidat à la candidature plus soucieux de ses ambitions personnelles que des préoccupations des habitant.es.

Une presse qui se voit scénariste de la division à gauche

Le Midi Libre se délecte visiblement de ce spectacle. Attiser les braises de la division à LFI pour éviter qu’émerge une opposition de gauche à Delafosse, solide et unie, semble être l’objectif recherché. Les propriétaires et cadres du Midi Libre espèrent-ils faire rejouer la saison 2 de la campagne désastreuse des municipales de 2020, avec son final « cinq-étoiles » qui a coûté très très cher à la justice sociale et à l’écologie à Montpellier et dans sa métropole ?

Dans ce sens, une pleine page a récemment été accordée à l’un des petits chevaux prétendants, présenté dans sa « bio express » comme « la cheville ouvrière des Insoumis à Montpellier » mais en réalité un petit cheval sans écurie, isolé et surtout inquiet de ne pas faire un six avant plusieurs années. Dans ces trop longues colonnes, une seule info claire mais qui n’est pas un scoop, les ambitions personnelles de ce candidat à la candidature. En revanche un grand absent le fond politique. Pas une ligne sur un programme structuré ou des idées concrètes pour Montpellier : un long tweet sur X en somme. Certes, l’expression « socialisation des moyens de production » apparaît quelque part dans l’article, mais elle semble plus relever d’un exercice de style, d’une épreuve du jeu « caser un mot » que d’une véritable réflexion ou proposition. Mais, là encore, la preuve est faite qu’une formule ronflante ne suffit pas à masquer l’absence criante de contenu politique. Un sujet, la culture, pourtant un secteur essentielle pour une ville, est évoquée sous un angle politicien, dépourvu d’ambition ou de vision pour « une culture en partage, au service de l’émancipation », pour reprendre les mots de Jean Vilar.

Les questions essentielles absentes : le vide comme programme

L’habit ne fait pas le moine, mais il ne fait pas non plus un programme.

Où sont les réponses aux grands enjeux pour Montpellier ? Rien sur le logement, la mobilité ou la création d’une agence municipale/métropolitaine de l’énergie, pourtant indispensable à la transition écologique. Pas un mot sur le type de socialisation envisagé : une agence publique agricole capable d’acquérir du foncier pour installer des paysans en agroécologie et structurer une distribution locale ? Une régie publique de l’énergie pour la production et la distribution ? Rien. Le vide.

Avec cette couverture médiatique disproportionnée, le Midi Libre semble chercher à relancer la machine de la division à gauche, en tout cas à la gauche de la municipalité actuelle, plutôt qu’à examiner sérieusement les sujets. Aucun questionnement, par exemple, sur les alliances passées ou les positionnements politiques des protagonistes : rien sur le milliardaire Altrad et son alliance lors des dernières municipales, ni sur le « Beppe Grillo montpelliérain » Gaillard, qui avait pactisé avec eux également pour ce second tour. Quelles sont les lignes rouges avec Delafosse ? La gratuité des services publics ? La Palestine ? En quoi cette candidature se distingue-t-elle de celle de Nathalie Oziol ? La politique des déchets ?  Autant de questions soigneusement éludées.

Montpellier face à des défis majeurs

Pourtant, les crises profondes, complexes et entremêlées sont bien réelles. Les inégalités sociales explosent, l’extrême droite progresse dangereusement, et la métropolisation aggrave les fractures territoriales. Montpellier ne peut plus reproduire les mêmes schémas autour du béton et de l’étalement urbain. Il faut réinventer la ville et l’agglomération montpelliéraine, tout en développant une coopération avec les territoires environnants.

Il est impératif de repenser la ville dans son ensemble, en coopérant avec les villages et cantons de l’Hérault et du Gard dans une dynamique solidaire et respectueuse des écosystèmes, des bassins versants et des espaces naturels. Construire, ce que nos voisins italiens appellent une bio-région basée sur une vision décentralisée et ancrée localement est la manière de relever les défis écologiques, sociaux et démocratiques. Cette approche est également un levier pour faire reculer l’extrême droite qui menace de nombreuses communes de l’Hérault – Sète, Lunel, Frontignan, et malheureusement bien d’autres. Une coopération équilibrée, respectueuse et décentralisée pourrait grandement contribuer à inverser cette tendance.

Une opportunité pour les forces politiques qui soutiennent le Nouveau Front Populaire et son programme

Dans ce contexte, une action déterminée est nécessaire. Alors que les enjeux politiques, sociaux et écologiques sont immenses, Montpellier ne peut pas rester un terrain de jeu pour les querelles internes ou les ambitions personnelles au détriment de l’élaboration d’un projet collectif émancipateur pour la ville. Celle-ci doit se doter, de manière démocratique et populaire, de solutions « robustes » face aux défis d’un monde de fluctuations. Ces solutions sont nécessaires à Montpellier, mais aussi dans tout l’Hérault.

Il est temps de dépasser les stratégies politiciennes pour se concentrer sur l’essentiel : proposer des réponses concrètes et structurées aux crises actuelles, et construire une véritable alternative pour Montpellier et ses habitant·es.

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