Non au L.I.E.N ! Nous sommes la garrigue qui se défend
Une balade militante et naturaliste dans la garrigue, ensoleillée et en plein vent, sur le projet de tracé du L.I.E.N contre lequel nous luttons toujours
A l’initiative du collectif SOS Oulala, une soixantaine de personnes se sont promenées ce dimanche 2 avril sur la partie du projet de tracé du L.I.E.N. qui n’a pas encore été dynamitée ni arasée. Un débroussaillage inutile y avait été diligenté par le Département il y a deux ans, pour imposer l’inéluctabilité de la route en marche. Mais la nature est résiliente, et depuis, les peupliers et la garrigue repoussent et la lutte continue…
Guidée par Yves, naturaliste et militant, ponctuée de pauses où Romain, Hélène et Anna du collectif ont évoqué différents enjeux de cette lutte, l’objectif de cette 4e balade était de faire découvrir les trésors de biodiversité que renferment ces collines et bords de rivière, et faire ressentir concrètement aux participant.es ce que nous perdrions si la route advenait. N’en déplaisent aux bétonneurs en chef, non, la garrigue, ce n’est pas rien. 136 espèces protégées vivent ou nichent dans ces espaces, une multitude de plantes s’y développent, des écosystèmes précieux s’y épanouissent. Sur certaines portions du terrain, on y cultivait du sorgho, des pâtures à moutons y poussaient, avant que les paysans ne soient expropriés en prévision de la route.

Lors d’une des pauses sur le parcours, la députée Nathalie Oziol a évoqué l’article du JDD qui met le L.I.E.N. en jaune dans les « 42 sites qui peuvent causer des troubles » (Sainte-Soline et Bure étant rouges) et invité les participant.es à signer la pétition pour la dissolution des BRAV-M (il faut 500 000 signatures avant mercredi5/04): https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-1319
Après plus de 2h00 de marche, nous avons pique-niqué autour d’une très jolie mare et dégusté une grande salade faite d’une dizaines de salades et plantes sauvages (rosette de coquelicot, pissenlit…). Un jeu autour de la dérogation additionnelle aux interdictions relatives aux espèces protégées nous a rappelé le cynisme des autorités : batraciens (grenouille rieuse,…), reptiles (couleuvre d’Esculape,…), oiseaux (cochevis huppé, Petit duc Scops,…) et mammifères (murin de Daubenton, noctule de Leister,…) sont menacés, et cette dérogation déroule la liste mortifère des destructions autorisées de 136 espèces. France Nature Environnement – Languedoc-Roussillon a déposé un recours en contentieux, toujours en cours.

Puis se sont déroulés les ateliers « découverte des plantes », menée par Sophie, une naturaliste venue de Lozère pour l’occasion, « banderole », « Mémory des espèces protégées » et « sieste ». De vrais trucs de terroristes écolos !

Une magnifique journée qui a relancé notre motivation pour combattre ce projet de contournement routier d’un autre âge, celui du tout voiture, de l’étalement urbain et de la bétonisation. Très bientôt, d’autres actions seront organisées. Plus que jamais, un autre monde est possible et nécessaire : On ne lâche rien!
Delphine Petit

