Idex, Equipex, Labex, Grand Emprunt, Plan Campus…le tout mixé à la RGPP… la recherche et l’enseignement universitaires sont passés à la moulinette libérale !

(Photo tirée de L’Hérault du Jour)

Communiqué de la CGT-CIRAD

Réduction des dépenses de l’Etat : réduction des effectifs au Cirad ?

Extrait : « La CGT s’oppose à la logique de la RGPP (1) qui, associée aux diverses démarches d’ « excellence » liées au grand emprunt (equipex, labex, idex) rebaptisé « investissements d’avenir », participe à un vaste plan de déstructuration de la recherche et de l’enseignement supérieur en France et à son asservissement aux intérêts privés. Nous sommes tous concernés, après la « rationalisation » des fonctions support, viendra l’abandon forcé sous prétexte de critères d’évaluation contestables, de pans entiers de nos capacités de recherche au service du développement. »

(1) Révision Générale des Politiques Publiques. Voir plus de détails ci-dessous.


Réduction des dépenses de l’Etat : réduction des effectifs au Cirad ?

Dans une lettre du 22 octobre 2010, le premier ministre F. Fillon a mandaté P. Aimé, Inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, pour mener un audit du Cirad [explication des sigles en fin de texte] (ainsi que de l’INRA, du CNRS, de l’INRIA et de l’INSERM) dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Il s’agit pour juin 2011 d’examiner « l’efficacité et l’efficience des fonctions supports » des organismes. Pour le Cirad il s’agit, dans un premier temps, du budget et de la comptabilité, des ressources humaines, du patrimoine, des achats, du système d’information). En septembre 2011 viendra le tour des fonctions de soutien (information scientifique et technique, formation, valorisation).

L’audit du CNRS, rendu le 7 janvier, a été réalisé sans information ni consultation des personnels. Des tableaux très détaillés ont été remplis (par qui ? sur quelle base ?) en attribuant à chaque tâche précise des fonctions supports (aller chercher le courrier, saisir de nouveaux fournisseurs, passer un bon de commande, etc.) le nombre d’équivalent temps plein (ETP) actuellement nécessaire. Le même audit est actuellement en cours au Cirad toujours sans information ni consultation des personnels. Les allusions de notre PDG Gérard Matheron, lors de ses vœux, ne peuvent nous rassurer : « notre dispositif d’appui n’est pas « rationalisable » à l’infini (…), il y a des sujets pour lesquels nous devrons faire encore des progrès (…). On le fera, mais on prendra le temps du dialogue ».

Jusqu’à présent les propositions qui émergent de la RGPP ont pour but de réaliser des économies pour l’Etat, c’est-à-dire « rationaliser » les fonctions, en procédant à une « externalisation » ou à une « mutualisation avec d’autres opérateurs ». La conséquence est une réduction des moyens publics et un « faites autant, mais avec moins de moyens » (moyens externalisés vers le privé).

Les délais impartis pour ces audits (l’audit de l’INRA commandé le 22 octobre 2010 devait être rendu en novembre 2010 : à peine 1 mois !) montrent bien la qualité d’une telle « action » . Les décisions sont déjà prises et attendent d’être appliquées. Pour le Cirad, la RGPP aboutira obligatoirement à une diminution de la subvention. Comment la direction pourra-t-elle s’y adapter: des non-renouvellements de postes, ou de réels licenciements ?

La CGT s’oppose à la logique de la RGPP qui, associée aux diverses démarches d’ « excellence » liées au grand emprunt (equipex, labex, idex) rebaptisé « investissements d’avenir », participe à un vaste plan de déstructuration de la recherche et de l’enseignement supérieur en France et à son asservissement aux intérêts privés. Nous sommes tous concernés, après la « rationalisation » des fonctions support, viendra l’abandon forcé sous prétexte de critères d’évaluation contestables, de pans entiers de nos capacités de recherche au service du développement.

La CGT a demandé à la direction du Cirad de transmettre aux instances représentantes du personnel tous les documents relatifs et une information exhaustive sur l’avancée de cet audit dans l’Etablissement. Information panneaux d’affichage syndicaux (lettre de F. Fillon, lettre au Président du Cirad).

Contact CGT-Cirad : ange.risterucci@cirad.fr

Sigles des centres de recherche :

CIRAD : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement

INRA : Institut national de la recherche agronomique

CNRS : Centre national de la recherche scientifique

INRIA : Institut national de recherche en informatique et en automatique

INSERM : Institut national de la santé et de la recherche médicale

A lire sur notre blog :

Montpellier La réforme Sarkozy des universités entérinée par les trois présidences montpelliéraines / La recherche subit de plein fouet les retombées de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques)

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Les acteurs locaux de la mise en oeuvre de la RGPP appliquée à la recherche et à l’université : pour l’Etat, le préfet, le recteur et pour… – pour qui exactement? – Christian Bourquin, le président de région. Où l’ on vérifie à nouveau comment la gauche social-libérale converge avec la droite pour mettre en place les réformes libérales-capitalistes et « casser » les services publics ! (photo tirée de L’Hérault du Jour)

Sur la RGPP


La RGPP provient d’une méthode de management importée du Japon, et initiée par les milieux libéraux anglo-saxons.
C’est une méthode qui vise à réduire les coûts, améliorer la productivité, fixer des objectifs et s’adapter en permanence : les problèmes humains ne sont pas pris en considération ! […]

Cette réforme va permettre à des personnes privées de s’approprier des services indispensables à la population pour les transformer en services marchands dont le but ultime est de faire du profit ; elles profiteront des subventions de l’Etat et des structures existantes. […]

Depuis 2005 prés de 200 audits ont été réalisés par des cabinets privés sur l’éducation, la protection sociale, les transports, la sécurité, la justice ou la politique de la ville. La réflexion de ces consultants est de réduire le personnel, et d’aménager une structure parapublique avant privatisation. Ils ne s’intéressent pas à la qualité du service rendu, leur approche est strictement comptable ! […]

Nos experts de la réforme de l’État s’interrogent sur les économies que l’on peut réaliser sur les services à la population, mais les aides versées aux entreprises privées ne font l’objet d’aucun contrôle pour évaluer leur efficacité en matière de création ou de maintien d’emplois, pourtant cela nous a couté 75 milliards d’euro en 2008 ! Et pire, personne ne connait exactement le budget consacré aux audits depuis 2005 : à raison de 1000 à 3000 euros jours pour un consultant, la note pour l’administration française a dû être salée ! Mais tout se fait dans le secret, ni les syndicats, ni les représentants des usagers n’ont été audités ! […]

Tiré de La RGPP, c’est quoi ? (NPA 06 ouest)

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