30 mai 2008 : plusieurs articles dans la presse nationale : débuts prometteurs du NPA, rapports PS / LCR, débat Royal/Besancenot.

Liens ci-dessous vers différents articles dont :
Le débat inédit Royal / Besancenot organisé par l’hebdomadaire Marianne.
La tribune de Clémentine Autain, Michel Onfray, etc. « Adresse aux initiateurs du NPA », parue dans Le Monde.


Bensancenot : « Le PS ne doit pas se tromper de cible »…

PARIS, 30 mai 2008 (AFP) – Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, a estimé vendredi que le PS ne devait « pas se tromper de cible », estimant que les socialistes feraient mieux de s’occuper de riposter au gouvernement plutôt que de viser son futur « parti anti-capitaliste ». « Il ne faut pas que le PS se trompe de cible. Leur plus gros problème c’est pas nous, ça devrait être le gouvernement Sarkozy » a déclaré M. Besancenot à la presse avant un meeting de la LCR à la Mutualité pour fêter mai 68. Alors que la LCR veut lancer à la fin de l’année un nouveau parti pour réunir la « gauche de la gauche » et que M. Besancenot progresse régulièrement dans les sondages, le PS cherche des moyens de contrer un tel mouvement et a créé, selon divers médias, une structure spéciale, animée notamment par des responsables socialistes venus du trotskisme. « Plutôt que de faire des commissions pour essayer de nous pister, je leur (au PS) conseille d’aller dans les manifestations pour pister le gouvernement, ce sera peut-être plus efficace », a lancé Olivier Besancenot. « Moi je ne me trompe pas de cible. On fait encore la différence entre la droite et la gauche. Est-ce qu’ils font toujours la différence entre la gauche et la droite : quand on inscrit dans le marbre l’économie de marché, c’est qu’on commence à aller de plus en plus vers la droite, » a-t-il jugé, en référence à la nouvelle « déclaration de principes » récemment adoptée par le PS. « Etre anti-capitaliste c’est penser que la société telle qu’elle tourne on ne peut pas la souffrir. Il y a une gauche qui nous propose d’attendre 2012 pour éventuellement gagner on ne sait pas trop quoi et puis il y en a une autre qui dit que c’est maintenant que ça se passe », a-t-il encore dit. Interrogé de son côté sur la commémoration de mai 68, Alain Krivine, leader historique de la LCR et figure du mouvement « gauchiste », a de son côté estimé qu’il ne s’agissait pas de « parler de 68 en ancien combattant mais en actuel et futur combattant »

Débat inédit Ségolène Royal / Olivier Besancenot
L’hedomadaire Marianne a organisé un débat entre Ségolène Royal et Olivier Besancenot.
Plusieurs questions de fond y sont abordées. Gestion de l’économie de marché ou rupture avec le capitalisme ? Quelle type de démocratie ? Quelle opposition au gouvernement Sarkozy?

« Qu’est-ce qui prouve que Besancenot veut dépasser la matrice trotskiste ? »
Clémentine Autain réagit à l’initiative du porte-parole de la LCR de fédérer les courants.
Article de Libération du 30 mai.

« Le combat au PS fait la joie de Besancenot « 

Article de Libération du 30 mai.

« Le PS cherche à contrer Besancenot « 

Article du Parisien du vendredi 30 mai. Par Eric Hacquemand .

Tribune Autain/Onfray… parue dans Le Monde 29.05.08

Adresse aux initiateurs du NPA

Cher(e)s camarades,

Forts de la popularité d’Olivier Besancenot, vous proposez de lancer une nouvelle organisation politique, surnommée le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Consternés par l’état de la gauche, nous sommes ravis que vous fassiez une proposition. On ne peut malheureusement pas en dire autant des autres organisations de la gauche critique : PCF, Verts, gauche du PS n’ont à ce jour rien soumis de tel. Nous avons manqué une occasion historique de bâtir une force nouvelle avec l’échec de la candidature unitaire antilibérale en 2007. Si vous avez votre part de responsabilités, nous sommes prêts à passer outre aujourd’hui, tant les torts sont partagés.

Pourtant, plusieurs éléments nous incitent à la prudence. Si nous sommes d’accord avec la nécessité de créer une nouvelle force, la question est de savoir quelle organisation constituer et comment. Le dépassement de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) par le nouveau parti sera-t-il réel ou de pure forme ? Il est troublant de constater la posture de fermeture de la LCR à l’égard des différents acteurs et courants de la gauche naguère appelée « antilibérale », au moment même où l’organisation est censée s’ouvrir et muter. Les rencontres initiées par la LCR auprès de ses partenaires potentiels restent quasi introuvables.

La volonté de s’adresser aux seuls « héros du quotidien », au détriment des forces constituées de la gauche de gauche, n’est-elle pas une manière de construire à partir de la seule matrice trotskiste ? Si nous sommes convaincus des limites d’une construction « par le haut » de la force nouvelle – ces tentatives ont, il est vrai, à plusieurs reprises échoué ces dernières années -, nous pensons que l’on ne peut faire l’impasse sur la recherche active d’un spectre suffisamment large de sensibilités, de cultures et de traditions de la gauche d’alternative pour pouvoir engager un mouvement populaire et durable. Si la LCR s’est ouverte aux catégories populaires, elle est encore très loin d’être le « grand parti de la classe ouvrière » ! Avez-vous, au fond, renoncé réellement à rester purs entre vous, dans l’attente du Grand Soir ?

Pensez-vous que la LCR possède, à elle seule, les ressources pour fabriquer le parti politique dont la gauche a besoin, capable de rivaliser avec le PS ? L’enjeu est de résister à cette droite arrogante qui démantèle les acquis sociaux, joue sur les peurs et promeut à tous les niveaux la concurrence entre les individus. Il est urgent de répartir les richesses autrement, de changer de modèle de développement, de repenser les conditions de nos libertés et la définition de nos droits. Une posture uniquement défensive ne fera pas le compte. Or, le concept phare du NPA, l’ »anticapitalisme », ne contient-il pas cette limite dans son intitulé même ? Se définir « pour » et non « contre », porter un projet et non un cahier de revendications, nous semblent des conditions incontournables pour convaincre et faire avancer nos objectifs. Car nous avons à concourir sérieusement dans le cadre démocratique, ne serait-ce que pour le transformer.

On nous rétorquera que la rue, la grève, la contestation sont les moteurs des ruptures. C’est vrai. On en a aussi vu les limites, en 1968 ou en 1995. Faire l’impasse sur la traduction des contestations dans le champ politique attise les conservatismes. L’enjeu est de construire un autre rapport de force interne à la gauche et de combattre la division du travail : « au PS la gestion et à nous la contestation ». Enfin, vous prônez l’indépendance vis-à-vis du PS : cela nous convient, à la condition de ne pas fermer le débat sur les conditions et les formes de cette indépendance.

En dépit de ces préoccupations qui rendent de très nombreux militants actuels ou potentiels frileux à votre égard, qu’est-ce qui nous séduit ? Une proposition nouvelle (enfin), nous l’avons dit. Un enthousiasme partagé, notamment dans les catégories populaires, pour les prises de parole d’Olivier Besancenot qui donnent un coup d’air frais à des débats politiques poussiéreux et ronronnants. Une clarté de positionnement : à gauche, pas un peu, pas en tortillant ni en s’excusant, mais franchement. Un propos à la fois idéologique, permettant de garder le cap à gauche, et concret pour parler du quotidien à des millions de gens, des conséquences palpables des politiques réactionnaires comme de la logique capitaliste. Une solidarité avec les luttes quand d’autres traînent les pieds pour apporter leur soutien. Une participation active à la reconquête de l’hégémonie culturelle, en popularisant la nécessité d’une autre répartition des richesses, le soutien aux sans-papiers comme aux paysans du Sud, victimes du productivisme, la défense intransigeante des services publics…

Une gauche fière de son ancrage, en phase avec les mobilisations, qui met en cause tous les rapports de domination, assume le renouvellement générationnel pour parler au monde d’aujourd’hui et propose de dépasser les clivages anciens – Olivier Besancenot a d’ailleurs coutume de dire qu’il n’est pas trotskiste. Ce dernier apparaît comme un jeune homme de son temps, un acteur politique qui donne envie de se battre, de s’engager. Comment la gauche peut-elle profiter, dans la durée, de ses atouts ? Comment traduire en force politique ce que tant de gens attendent de lui, sans pour autant se laisser prendre à la magie des baromètres de popularité, qui lui sont aujourd’hui favorables ?

Dans ce que vous donnez à voir, il existe des contradictions, des ambiguïtés. Une clarification entre une option visant à cultiver le petit pré carré de l’extrême gauche et une autre à même de jouer grand angle permettrait d’emmener le plus d’énergies possible. Tel est le sens de ce message. C’est un débat politique constructif que nous voulons ouvrir publiquement avec vous.

Clémentine Autain, féministe ;

Luc Boltanski, sociologue ;

Elisabeth Claverie, ethnologue ;

Frédéric Lebaron ;

Michel Onfray, philosophe ;

Arnaud Viviant, écrivain et journaliste.

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