Le point sur le NPA : interview de Sandrine, représentante de l’Hérault au collectif national.

Lors de l’université d’été de la LCR, MotivéEs a rencontré Sandrine, militante à Montpellier et déléguée (non membre de la LCR) au comité d’animation national du NPA.
Interview ci-dessous

Vous pouvez aussi en cliquant sur ce lien lire le compte rendu 2ème réunion du CAN provisoire du lundi 25 août à Port Leucate.

Qu’est ce qui t’as attiré dans l’appel lancé par la LCR pour la création de ce nouveau parti ?
Sandrine : Depuis 2002 et la campagne d’Olivier Besancenot pour les présidentielles je suivais de loin ce que vous faisiez, mais je n’avais pas envie de rentrer dans un parti; je suis militante syndicale. Cet appel lancé l’an dernier m’a paru très intéressant car il propose de construire du neuf en ouvrant largement à d’autres sensibilités politiques. C’est ça qui m’a décidé à m’engager dans le processus, cette possibilité de travailler avec des gens venus d’horizons différents, et pas seulement les militants de la LCR.

Comment ressens-tu cette première participation à une université d’été de la LCR ?

C’est très enthousiasmant, ça donne une espérance énorme. L’ambiance est vraiment bonne, les débats sont diversifiés et intéressants. Bon, des fois c’est un peu difficile pendant les débats, parce que je n’ai pas le bagage politique et l’expérience qu’ont les militants de la ligue, mais ce qui ressort de tout ça c’est un grand élan, une vraie envie d’aller de l’avant et de réussir à construire ce nouveau parti anticapitaliste. Sur le fond, il y a beaucoup de points communs entre la LCR et les militants NPA, sur les points fondamentaux il y a accord.

Quelle est la composition de ce comité national et comment fonctionne-t-il ?

C’est pour l’instant seulement un comité provisoire. Il a été mis en place lors de la rencontre nationale de juin, pour coordonner le travail des comités locaux jusqu’à la création du parti.
Il est composé du bureau politique de la LCR, c’est-à-dire vingt personnes, et d’une quarantaine de militants « de base » comme moi, n’appartenant pas à la LCR. Le rapport de deux tiers non LCR pour un tiers LCR est en gros celui qui existe dans les comités locaux.
Au niveau du fonctionnement ça se passe bien, c’est très collectif : chacun a pris la parole, les timidités des « novices  » qui pouvaient être impressionnés face à des militants aguerris ont vite été dépassées. Il y a tout de même assez souvent une différence dans la manière de présenter les choses, et une différence de vocabulaire qui est due au passé des uns et des autres, mais il y a un accord général sur le fond, c’est ça qui est important. Personne ne remet en question le texte adopté en juin et qui nous sert de base de travail, car c’est le seul texte d’orientation qui a été adopté pour l’instant. On avance bien et dans de bonnes conditions.

Tu as participé à ta première réunion du comité d’animation national, quel bilan en tires-tu au niveau du fonctionnement de ce comité et du contenu ?

Le programme était chargé pour cette réunion et tout a bien fonctionné, mais pour la suite je pense qu’il faudrait peut être travailler par groupes plus restreints pour faciliter les échanges.
Au niveau local, il apparaît que tous les comités n’ont pas le même rythme de travail et n’en sont pas au même stade dans la discussion. Dans certains endroits il y a déjà des coordinations départementales, ailleurs certains ont besoin de temps pour construire, mais tout le monde est conscient qu’il faut respecter les délais pour que le congrès de fondation puisse bien avoir lieu en janvier.
Pendant cette réunion on a discuté entre autre des axes de la campagne pour la rentrée, de la préparation du congrès et de la rédaction des textes fondateurs. Il y en aura un sur le programme, un sur les mesures d’urgences et l’orientation du parti, et un sur les questions de fonctionnement. On doit aussi choisir un nom.

On arrive au mois de septembre et on s’attend à une rentrée chargée, comment va l’aborder le NPA ?

Nous avons deux objectifs majeurs qui sont la construction du nouveau parti, avec le congrès de fondation de janvier en point de mire, et bien entendu la rentrée sociale. Nous allons lancer une première campagne nationale NPA d’ici peu, avec la rédaction du premier tract national également. On a choisi un point d’accroche qui sera la question du pouvoir d’achat et des salaires, un des éléments de notre programme anticapitaliste. Le tract qui va lancer cette campagne sera rédigé par une équipe du comité national, puis renvoyé vers les comités locaux pour être discuté et modifier s’il le faut, avant d’être validé définitivement par le national.
On prévoit également de faire une journée nationale d’action NPA sur cette campagne, une journée où tous les comités mèneront des actions locales sur le même sujet. Ceci permettra d’avoir une première visibilité nationale.
On sera également présent dans toutes les mobilisations unitaires auxquelles on participe déjà, comme le soutien aux sans-papiers, et toutes celles qui vont démarrer à la rentrée, notamment pour exiger le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, autour aussi des questions de privatisation des services publics comme l’hôpital ou la poste.

Cette université d’été s’est terminée par une réunion plénière où il a été rendu compte de la réunion du comité d’animation national et où ont été annoncés les taches qui nous attendent. Qu’en as-tu pensé ?
Le fait que le compte rendu soit fait par deux personnes de la LCR et deux personnes non LCR est une bonne chose, ça montre que la mayonnaise prend, que l’on arrive à bien travailler tous ensemble. La première prise de parole, d’une personne qui n’est pas à la LCR, a été très motivante car on a senti qu’elle s’approprie vraiment le processus, elle a fait part de son expérience, de ses motivations pour être là, et je crois que ça traduit très bien le sentiment de beaucoup de gens qui participent à la construction du NPA.
Le point vraiment positif est que l’on travaille vraiment collectivement et qu’on avance. Chacun avec son expérience de militant associatif, politique ou syndical, voire sans expérience, se sent bien dans ce comité national et participe au débat.
Maintenant il faut faire attention à ne pas faire de triomphalisme, la partie est loin d’être gagnée et la rentrée va être très chargée, on a beaucoup de mobilisations à réussir et un congrès important à préparer.

Quelles sont les prochaines étapes pour la construction du NPA ?

Nous allons avoir des réunions assez régulières du comité d’animation national : mi-septembre pour élaborer les plans des textes fondateurs, en octobre pour commencer leur rédaction. Il va également y avoir une rencontre nationale des comités en novembre. Enfin le congrès de fondation du parti aura lieu fin janvier.
Au niveau local, nous allons organiser une réunion publique vers le 23 septembre pour expliquer le processus et commencer à se faire connaître, puis un meeting régional en novembre avec Olivier Besancenot et Raoul-Marc Jennar normalement.
On sera bien entendu présent dans les mobilisations de cette rentrée.


Propos recueillis par
Vincent M.
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