L’université n’est pas une entreprise et le savoir n’est pas une marchandise !

Voir ici sur le site de Montpellier Journal un reportage sur la nuit des universités qui a eu lieu mardi 10 mars dans la soirée.

Malgré les déclarations de Pécresse le compte n’y est pas! seules les organisations minoritaires dans l »enseignement supérieur se sont assises à la table des négociations.
la mobilisation continue….

IUFM, Enseignement supérieur, Recherche : photos, explications, compte rendus des luttes en cours par des militant-e-s du NPA 34.

Depuis plusieurs semaines, et bien davantage pour certains, les personnels (enseignants, enseignants chercheurs, chercheurs, BIATOSS, ITA) et étudiants des universités Montpellier 2 (fac de sciences, IUFM, IUT…), Montpellier 3, des organismes de recherche se mobilisent pour exiger le retrait des réformes Darcos et Pécresse sur l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche.

Jeudi 26 février, après une semaine de vacances, une nouvelle manifestation a montré toute la détermination du mouvement. Plus de 1500 personnes se sont retrouvées en scandant : « ni amendables, ni négociables, retrait, retrait de tous les décrets ». Le cortège moins nombreux au départ s’est étoffé tout au long du parcours.
Les formes d’action se diversifient : barrage filtrant, blocage de l’UM2 mercredi dernier matin, opération restau U gratuit menée par les étudiants, conférences, cours hors murs avec l’idée de tenir et de préparer un gros cortège de l’éducation lors de la journée interprofessionnelle du 19 mars. D’autres actions sont prévues les 5, 7 mars avec un appel le 12 mars (à confirmer) à une manifestation nationale de tout l’enseignement. Une coordination nationale se tiendra le 06 mars à Créteil (Université Paris 12).

Des propositions en trompe l’œil…..rien sur le fond !

Le gouvernement tente quelques avancées en parlant de réécriture du décret sur le statut des enseignants chercheurs ou de maintien des postes pour 2010 et 2011, en promettant le reversement Outre que ce dernier point ne concerne que les enseignants chercheurs, cette déclaration de Fillon ne répond nullement aux revendications des personnels et étudiants.
C’est pourquoi ce vendredi 27 le SNESUP (FSU), principal syndicat, SLR (sauvons la recherche) SLU (sauvons l’université), ont refusé l’invitation de Pécresse à négocier.
Ne rien céder…continuer tous ensemble pour défendre le service public d’éducation !
Ne nous y trompons pas, derrière l’ensemble de ces mesures, c’est une politique de destruction globale de l’enseignement et de la recherche qui est engagée :
-en individualisant les carrières de tous les personnels
-en précarisant les personnels par l’abandon de la gestion nationale des emplois,
– en transformant les organismes de recherche en agences de moyens,
– en abandonnant le cadrage national de formation DUT et le fléchage national de leurs moyens (IUT, IUFM)…
bref en soumettant l’université à une gestion managériale avec à sa tête un chef d’entreprise dont la prime de fonction se situera selon Valérie Pécresse entre 25000 et 45000 euros pas an avec consigne d’être rentable !

Toutes ces dispositions sur le statut des personnels, sur la formation des futurs profs des écoles, collèges et lycées, sur les futurs doctorants, sur la recherche, sur les personnels administratifs, techniques ,de laboratoires, de services… sont le fruit de la loi Libertés , Responsabilités des Universités (LRU). Cette loi doit être abrogée !
C’est le sens des motions de la coordination nationale enseignement supérieur et recherche.

Pour vous informer davantage sur le mouvement consultez les sites de SLU, SLR, Sauvons les IUT et au-delà, du Snesup

IUFM démantelés, pourquoi/ pour quoi nous luttons!

Les IUFM, Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, sont chargés de la formation des professeurs du premier et du second degré. Ils ont été créés en 1989 par le ministre de l’Education Nationale d’alors, le socialiste Lionel Jospin. Depuis 2008 les IUFM sont intégrés dans les universités. Ils ont plus précisément une mission de formation initiale, concernant donc les étudiants préparant les concours de recrutement des professeurs, et de formation continue des professeurs en poste.

Ces centres de formation sont depuis bientôt deux mois en lutte et réunissent, par exemple à Montpellier, jusqu’à 300 personnes en AG. Voici pourquoi.

La formation professionnelle de tous les enseignants du second degré existe depuis 1991, dans les IUFM, à la suite du rapport Bancel (1989). Antérieurement les enseignants ne disposaient pas de formation professionnelle pédagogique, seulement d’une formation académique et scientifique. Pour le premier degré celle-ci existait depuis le XIXe siècle avec la création des Ecoles Normales d’instituteurs.

Cette formation associe actuellement formation professionnelle, pédagogique, didactique et académique ou scientifique.

La réforme mise en place par Pécresse, Darcos et Fillon, dans le droit fil de la malthusienne Réforme Générale des Politiques Publiques (RGPP), visant à faire un marché de l’Education, de la Santé et de la plupart des services publics, va détruire cette formation, en prétextant d’en élever le niveau.

Depuis 1991, les enseignants de tous les degrés (sauf enseignement supérieur) sont formés à Bac + 5. En ayant obtenu la licence, il peuvent bénéficier d’une année de préparation académique et parfois un peu pédagogique dans les IUFM pour passer les divers concours de recrutement CAPES, CAPEPS, CAPLP, CAPET ou un Professorat des Ecoles (CAPE). A la suite de l’obtention du concours, ils bénéficient d’une année avec le statut de fonctionnaire stagiaire rémunéré (environ 1300 euros nets par mois) qui leur permet à la fois de donner des cours dans un établissement (à peu près à mi-temps) et par ailleurs de recevoir une formation pédagogique, didactique et académique relativement solide (qui peut être certes améliorée).

Les enseignants sont ensuite titularisés en ayant donc un Niveau Bac + 5 quel que soit leur concours et leur discipline. Le problème réside dans le fait que leur salaire lui, n’est pas d’un niveau bac + 5 puisque l’Etat considère que le concours de recrutement définit le niveau de recrutement (donc Bac + 3). Cependant leur formation est bien d’un niveau Mastère II (bac + 5).

Il faut savoir que beaucoup de pays d’Europe nous envient la formation professionnelle des enseignants de relativement bonne qualité.

La contre-réforme réactionnaire et conservatrice de Darcos-Pecresse-Fillon-Sarkozy, vise à démanteler totalement les IUFM, à supprimer le statut d’enseignant stagiaire sous prétexte de mastériser la formation. Autrement dit à revenir à une situation antérieure à 1991 et peut-être même pour les Professeurs des Ecoles à 1830…

Les étudiants perdraient le statut de fonctionnaire stagiaire rémunéré et surtout ne seraient plus formés que de manière académique ou scientifique avec seulement des saupoudrages pédagogiques et des stages réduits à la portion congrue.

Nous proposons une autre réforme véritablement dans l’intérêt du plus grand nombre et de la formation professionnelle de qualité des enseignants :

. recrutement en IUFM (amélioré) à Bac + 3 (Licence 3), avec obtention du Certificat d’aptitude national ou régional à ce niveau et avec, si possible, des stages et des modules de pré-professionnalisation en université durant la Licence 1, 2 et 3.

. deux ans de formation (M1 et M2), professionnelle, pédagogique et didactique, en alternance, en IUFM (Ecole Interne d’une Université comme les IUT ou Ecoles d’Ingénieurs), en tant que fonctionnaires stagiaires rémunérés.

. enfin titularisation à Bac + 5 avec le salaire équivalent (c’est-à-dire environ 2000 euros par mois net).

Jacques Gleyse, militant enseignant du NPA

Les personnels de l’UM2 ont mis de nombreuses photos ici

Une Ag a réuni un peu de monde (200 à 300 personnes) sur la fac de lettres, il est sorti :

La motion avec les revendications des comités de mobilisations profs-personnels et étudiants (UM3) :

L’Assemblée Générale des étudiant-e-s et des personnels réunie à Montpellier le 26 février 2009 constate qu’un projet cohérent est en train d’être mis en place de la maternelle à l’université : casse des services publics et des statuts des personnels et des établissements de la fonction publique, éducation à deux vitesses, mise en concurrence des établissements, crédits insuffisants, suppressions de postes, précarisation. Nombre de nos revendications concernent les collègues de la maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delà l’ensemble de la société. Leurs revendications sont les nôtres. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’emploi, la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignant-e-s, mais aussi la remise en cause des disciplines et des statuts nationaux

La coordination appelle à la multiplication des actions communes partout sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse ». Elle reprend la proposition que soit organisée une grande journée de mobilisation sur ce mot d’ordre le 10 mars.

L’Assemblée générale exige l’abrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et l’arrêt immédiat de leur mise en œuvre. Elle exige l’adoption d’une nouvelle loi. Cette loi doit instituer un véritable équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans le respect du Statut Général de la Fonction publique. La nouvelle loi doit être conforme aux aspirations exprimées par les universitaires, les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les Etudiants. Il est impératif que cette nouvelle loi soit élaborée après consultation et de véritables négociations.

L’assemblée générale condamne le caractère systématique, idéologique et économique de toutes les réformes engagées par le gouvernement : c’est toute sa politique de la recherche et de l’enseignement supérieur qui est mise en cause. Nous dénonçons et exigeons le retrait de la série de « réformes » que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le ministère de l’Education Nationale ont mis en place ou souhaitent voir en application dans les mois qui viennent:
la loi LRU et le pacte de la Recherche
la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens
la réforme de l’allocation des moyens aux établissements qui renforce la concurrence entre eux (modèle dit « Sympa »)
le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université
la précarisation des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche et la remise en cause des statuts nationaux (EC, BIATOSS, ITA, PRAG, PRCE…)
le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants du premier et du second degrés, et le projet de « masterisation » de la formation des enseignants
le projet de contrat doctoral
l’abandon de la définition nationale des DUT ainsi que du fléchage des moyens des IUT et des IUFM.
la réforme du système de bourse sur critères sociaux

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Ensemble 34
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