Poursuite des discussions sur une liste unitaire de la gauche radicale en Languedoc-Roussillon.

Lundi 26 octobre a eu lieu à Montpellier la quatrième réunion unitaire des formations héraultaises de la gauche radicale à propos des régionales en Languedoc-Roussillon.

Lundi, 28 octobre, étaient représentés le PG, la Fédération, le MPEP et le NPA. Le PCF s’était excusé.
Dans un premier temps, la discussion a porté sur l’état des discussions à l’échelle nationale, notamment après la prise de position du PCF de ce week-end (voir pour plus de détail notre analyse ici ou ci-dessous).
Pour le PG, la prise de position du PCF était une réelle avancée vers des listes autonomes de la gauche radicale.
Le NPA en a donné une lecture différente. Il a souligné les contradictions du texte (autonomie mais possibilité d’accords avec le PS dans certaines régions) et la fermeture de la déclaration vis-à-vis du NPA et des autres formations de la gauche radicale : référence à un front de gauche « élargi » sans citer les autres partenaires, volonté affirmée d’imposer la ligne du PCF sur les majorités de gestion avec le PS, déclarations de dirigeants du PCF comme quoi la réunion du 28 novembre devait être la dernière avec le NPA…
La Fédération a plutôt exprimé son accord avec l’analyse du NPA et a insisté sur le fait que les discussions dans les régions pouvaient permettre de dépasser les obstacles rencontrés à l’échelle nationale.
Au final, NPA, PG, Fédé et MPEP se sont exprimés pour qu’à l’échelle nationale, les discussions se poursuivent au-delà du 28 novembre à partir des contributions des différentes forces, rejetant ainsi de fait, la sorte d’ultimatum posé par le PC.

En ce qui concerne notre région, l’interrogation porte là encore sur le choix que fera le PCF, absent à cette réunion. Certains de ses élus veulent reconduire dès le premier tour l’alliance avec G Frèche alors même que le PCF a nationalement décidé « ni au premier tour ni au second tour avec Frèche », ce qui est un pas vers les positions exprimées depuis longtemps par les autres formations. Cependant, tandis qu’une partie des militants communistes serait favorable à une alliance de la gauche radicale, JL Bousquet, principal dirigeant du PCF 34, travaille à une liste de premier tour avec Europe Ecologie et des socialistes non-fréchistes.
Malgré ces incertitudes, les organisations présentes se sont accordées sur la poursuite des discussions vers une liste unitaire sur un contenu anti-libéral, anticapitaliste et écologique.
En ce sens, après un échange sur le forum du 17 octobre, il a été convenu un prochain forum à Frontignan le jeudi 18 novembre centré sur la question « Quelle démocratie pour la région ? » où devraient notamment intervenir à partir de leur expérience d’élus, F Liberti (PCF), R Revol (PG) et F Viguié (NPA, élu sur la liste NPA-Cual).

Article à paraître dans Motivées, mensuel du NPA 34, par David Hermet, écrit le 23 octobre, avant la déclaration du PCF.

Régionales : Pour des listes unitaires de la gauche anti-libérale et anti-capitaliste.

Le point sur l’avancée des discussions

À l’échelle nationale, se déroulent une série de réunion entamées, au départ à l’invitation du NPA, le 28 septembre. Se retrouvent régulièrement le NPA, le PCF, le PG, la FASE (Cuals + Alternatifs) et d’autres groupes (PCOF, MPEP, FSQP, SR…). Au menu de ces discussions : programme et stratégie pour les prochaines élections régionales.
Dans le prolongement de ce qu’il avait voté à son congrès fondateur, le NPA propose une unité durable de la gauche radicale, sur un programme de rupture avec le capitalisme, programme qui serait décliné dans les régions. Nous proposons donc un accord national pour des listes autonomes unitaires au premier tour de ces élections. Une union à l’échelle nationale est indispensable tant pour faire apparaître une gauche de gauche, indépendante du PS, que pour donner une cohérence à un programme de rupture.
À l’heure actuelle, les réunions nationales ont permis de nombreuses avancées. Seul le PCF traîne les pieds en tortillant. Celui-ci plaide en effet pour un Front de Gauche élargi, ce qui sous-entend aussi bien vers la gauche radicale que vers le PS. Il affirme être d’accord pour des listes autonomes tout en voulant dans une série de régions des accords de premier tour avec le PS. Une telle posture ferait perdre toute sa cohérence au projet, vu que nulle part on ne peut distinguer un quelconque refus du libéralisme dans la gestion des régions par le PS.
Surtout, le PCF entend mettre comme préalable à toute union de la gauche radicale, un accord sur la nécessité de construire des majorités de gestion avec le PS, donc prolonger ce qui se fait aujourd’hui. Depuis 2004, le PS n’a utilisé ses positions institutionnelles (20 régions sur 22) ni pour s’opposer à la politique de la droite ni pour prendre quelques mesures alternatives au libéralisme. Il a par exemple poursuivi les subventions aux grands groupes privés ou les délégations de service public, qui ne sont que d’autres formes de privatisation. Le PC lui-même tire ce bilan critique, mais propose bizarrement de recommencer avec la même stratégie.
Comme nous ne croyons pas que le PS puisse miraculeusement changer, le NPA défend l’indépendance vis-à-vis du PS. Dans une institution, être dans la majorité de gestion ou dans les exécutifs entraîne la perte de son indépendance, de sa liberté de vote. Si le PS domine cette majorité, les élus anti-libéraux seront contraints de voter pour des mesures auxquelles ils s’opposent. On peut le voir concrètement au conseil municipal de Montpellier. Francis Viguié, élu NPA-CUAL y a conservé son indépendance, vote pour les (trop rares) mesures allant dans le bons sens mais contre les autres, tandis que les élus PCF, inscrits dans la majorité, sont contraints de voter pour des décisions auquel leur parti est pourtant opposé. Les élus PC s’étaient ainsi opposés à un vœu de soutien, proposé par notre élu, aux salariés de DELL menacés de licenciements. Un élu indépendant, libre de ses votes, est à notre avis plus utile y compris pour peser sur les décisions qu’un élu prisonnier des accords de gestion.
Les autres courants ont une position intermédiaire entre celle du NPA (indépendance) et celle du PC (majorité de gestion). Le PG, par exemple, n’exclut pas la participation aux exécutifs avec le PS, mais y met de nombreuses conditions : un rapport de force, un accord sur le contenu avec des mesures de rupture avec le libéralisme et l’absence d’alliance avec le Modem. Du coup, vu ce qu’est la réalité de la politique du PS, il est certainement possible de trouver une formulation de compromis entre les positions exprimées par le NPA et par le PG. sur cette question

En Languedoc-Roussillon, la situation est compliquée par le cas Frèche. Pour le NPA, vu ses provocations qui visent à séduire l’extrême droite, Frèche, ne peut être considéré comme « de gauche ». À l’échelle nationale, le NPA se prononce pour battre la droite au second tour et envisage pour cela des fusions techniques (en toute indépendance) entre les listes de gauche. Cela ne peut évidemment s’appliquer ici si Frèche devait conduire une de ces listes. Le PG exclut lui de participer à une majorité avec Frèche. Le PCF est beaucoup plus divisé. Si une partie des militants du PCF sont pour des listes de la gauche radicale, plusieurs de ses élus régionaux veulent partir dès le premier tour derrière G Frèche en expliquant que le PCF a approuvé la politique menée depuis 2004. JL Bousquet, autre élu PCF s’est prononcé pour une alliance de toute la gauche non Frèchiste, ce qui ferait l’impasse sur le contenu programmatique. En effet, comment pourrions-nous nous mettre d’accord au premier tour avec les Verts sponsorisés ici par le très libéral Cohn Bendit ou avec des socialistes exFrèchistes qui ne mènent en rien une politique de gauche là où ils sont élus ?
Le septimaniaque pose un problème de second tour mais pas de premier tour. Nous souhaitons au premier tour un large rassemblement et ce quelqu’aient été les positions passées des uns et des autres mais sur un contenu programmatique clair et pas avec des forces politiques qui adhèrent au système capitaliste.
Dans les semaines qui suivent, les réunions entre les composantes de la gauche radicale devraient se poursuivre ici comme nationalement. Un premier forum a eu lieu à Montpellier le samedi 17 octobre avant un deuxième à Frontignan. On a pu y entendre de nombreux points de vue convergents même si il y a aussi des désaccords y compris sur certaines des mesures concrètes qu’il faudrait prendre dans notre région (voir compte rendu).
Au final, par bien des aspects, un accord unitaire apparaît possible, mais dépend beaucoup de la position du PCF. Osera-t-il s’affranchir du PS en se présentant de manière autonome et en ne proposant pas comme objectif aux listes celui d’une majorité de gestion avec le PS ?

Point de vue sur l’offre nationale du PCF. (Fredéras Borras, membre de l’executif du NPA)

Dans la continuité de déclarations des ses dirigeants depuis des mois, « l’offre » que vient d’adresser le Conseil national du PCF pour les régionales au-delà des apparences, est bien socialo-compatible. Si la résolution votée indique que les listes «front de gauche élargies» ouvrent «un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie», elle contredit cela de plusieurs manières. D’abord en précisant que les listes seront autonomes «partout oùles conditions peuvent en être créées», des conditions que les communistes examineront «région par région». Ainsi, l’offre nationale, faite d’abord aux militants communistes, risque de déboucher sur une politique à géométrie variable. Pour savoir dans combien de régions le PCF contractera des accords unitaires de premier tour avec le PS, il faudra attendre la fin du vote des militants intervenant après la mi-novembre. Dans les coulisses du PCF, on annonce un minimum de quatre à cinq régions, certains allant jusqu’à pronostiquer 10 à 12, soit plus de la moitié.

Mais si l’ambiguïté de «l’élargissement» du front de gauche demeure, cela renvoie à une orientation de fond, condensée dans l’appréciation du bilan des 18 «majorités de gauche sortantes» auxquelles le bilan du PCF participe, certes qualifié de «contrasté», mais qui aurait «permis dans un grand nombre de régions de réelles avancées pour le quotidien de milliers de femmes et d’hommes». Rengaine somme toute assez classique qui consiste à peindre en rouge les politiques d’union de la gauche dans les régions ou au gouvernement et à n’entrevoir d’issue politique que dans la cogestion aux côtés des dirigeants socialistes. Une politique maintes fois expérimentée, avec le succès que l’on sait pour le «quotidien» de millions de travailleurs et de jeunes. Si la tentation de l’alliance PS/Modem est pointée du doigt, il n’est dit nulle part dans le texte que les dirigeants socialistes évoluent tellement vers la droite que leur programme est tout à fait compatible avec celui de Bayrou.

Logiquement, les objectifs fixés sont ainsi de «réunir les conditions de majorités régionales de gauche». Entendez, comme le dit Marie George Buffet en boucle sur les ondes à ceux qui n’auraient pas bien compris, avec le PS. En revendiquant que les listes unitaires adoptent «de façon claire» cette exigence, le PCF en fait un préalable à tout accord unitaire.

Le but de la manœuvre est de rompre les discussions avec le NPA en cherchant à lui faire porter le chapeau. Le PCF a participé en trainant des pieds à la première réunion unitaire proposée par le NPA et n’a donné aucune publicité à la déclaration commune qui en est sorti. Il n’a pas voulu signer le compte rendu de la dernière réunion pourtant acté par tous les autres participants. A l’entame de son CPN, un des ses principaux dirigeant, Pierre Laurent, a indiqué que la prochaine réunion unitaire serait la dernière…

Le NPA n’acceptera pas de rentrer dans le rang. Mais il ne veut acter la prise de position du PCF comme la fin du processus unitaire. Le NPA fait une autre proposition adressée à l’ensemble des composantes. Il reste à voir quelle sera la réaction des sept autres mouvements engagés. Pour le moment Jean-Luc Mélenchon «approuve la formule du texte communiste». Cela contredit ses déclarations précédentes et celles de son parti, les diverses déclarations unitaires, où l’on disait ne pas vouloir faire de la question de la participation aux exécutifs de région avec les socialistes un préalable et de l’indépendance vis à vis du PS une base de départ. Il serait tout de même paradoxal que ce parti, dont beaucoup de dirigeants et de militants sont issus du PS, se voie finalement ramené dans son giron un an après…

Unité de la gauche radicale ou unité avec le PS, il faut choisir.

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Ensemble 34
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