Climat et action de la municipalité de Montpellier.

La commission écologie du NPA 34 a écrit la contribution suivante à propos du réchauffement climatique et de la politique que pourrait mener la municipalité de Montpellier.

« Nous sommes à la croisée des chemins. Issu de l’activité humaine, dans le cadre d’un modèle de production agricole et industriel que les sociétés industrialisées ont mis en place et qui se répand sur l’ensemble de la planète, le réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de milliard d’êtres humains, et menace d’extinction des millions d’espèces. »

Face à cette crise écologique et sociale, mouvements sociaux, organisations écologistes, politiques et scientifiques du monde entier appellent à une action urgente et radicale.

Du 7 au 12 décembre prochains, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra à Copenhague. Elle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en œuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012.

Selon les climatologues, il faudrait que les pays industrialisés, premiers responsables de l’émission des gaz à effet de serre (GES), réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020 et de 80 à 95 % d’ici à 2050 (par rapport à 1990). Faire diminuer les émissions dans ces proportions est impératif pour limiter à 2°C la hausse des températures par rapport au niveau de l’ère préindustrielle. Au-delà, l’emballement climatique se produirait. Il ne serait plus possible de maintenir une température vivable sur terre.

Les politiques actuelles sont dans l’impasse

Jusqu’ici, les mesures mises en œuvre et prévues par les différents États sont tout à fait insuffisantes. Les mesures que préconise notamment l’Union Européenne, qui n’envisage de réduire ses émissions que de 20 % en 2020, sont très en deçà des enjeux.
Les solutions proposées actuellement ne sont pas crédibles. Car elles reposent essentiellement sur les mécanismes de marché alors que la crise économique et financière a, une fois encore, montré leur incapacité à se substituer à l’action publique et collective.

Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires

Les objectifs de réduction des émissions de GES à atteindre ne peuvent l’être que par l’adoption, par les collectivités, les pays et les ensembles régionaux, de mesures radicales et alternatives »

En effet, la lutte contre le réchauffement climatique impose d’agir sur plusieurs leviers. L’incitation à changer de comportement individuel n’est efficace que si les alternatives sont réelles et accessibles à tous.

Au niveau d’une municipalité, et d’une agglomération, qu’est-ce qui est possible ?

• Valoriser la sobriété énergétique, par exemple par la réhabilitation thermique massive des bâtiments publics et des logements sociaux en vue de leur isolation

• Développer et améliorer les pistes cyclables.

• Développer massivement les transports publics, gratuits, de proximité et de qualité.

En effet, l’élaboration du plan de déplacement urbain de l’agglomération de Montpellier pour la période 2010/2020 est l’occasion de développer une politique publique volontariste dans ce domaine : celle du développement et de la gratuité des transports collectifs. Une amélioration et une densification du réseau sont nécessaires, en particulier au niveau de la fréquence de passage et des voies réservées aux bus.

En effet, sur l’agglomération de Montpellier, 62,5% des déplacements sont effectués par des voitures particulières, 28,6% à pied ou à vélo et 8,1% par les transports publics (Nantes 14%, Grenoble 13%). Chaque jour 660000 personnes entrent dans la commune de Montpellier en voiture dont 80% comme conducteur, et 13500 en bus ou en tram.

L’enjeu du report de certains déplacements vers les transports publics est primordial dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Avec l’émergence d’une responsabilité environnementale, les habitants de l’agglo seraient prêts à modifier leurs habitudes à ce niveau si l’organisation des transports publics l’encourage.

La gratuité des transports publics n’a rien d’une utopie mais relève d’une question de priorités des collectivités. Certaines villes et communauté d’agglo ont déjà fait le choix de la gratuité : Gap, Aubagne, Compiègne, Châteauroux…Dans cette dernière commune, la gratuité a entrainé une hausse de la fréquentation de 100%.
Le transport public est le seul mode de déplacement payant, la collectivité finançant par l’impôt l’entretien des rues, routes et trottoirs. De plus, l’usage de la voiture entraine des coûts externes pour la collectivité (pollution, bruit…).
L’usager de transport en commun ne paie en moyenne que 10% du coût du trajet, le reste étant financé par les contribuables. Le surplus financier de la gratuité peut être abondé par une réduction des budgets affectés à l’automobile.
Les postes de contrôleurs pourraient être transformés en agents médiateurs pour favoriser la prévention dans les transports en commun.

Faisons le pari que la gratuité et l’amélioration du réseau favoriserait le report de mode de transport individuel vers le collectif, et amènerait une croissance globale de la mobilité dont le principal intérêt est social, par exemple chez les jeunes.

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Ensemble 34
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