Déchets nucléaires : à l’heure de l’irresponsabilité !


Voici une action qui vient rappeler opportunément à ceux qui l’auraient oublié que le nucléaire ce ne sont pas seulement des centrales sur site fixe, en soi problématiques, mais aussi des déplacements de minerais et de matériaux radioactifs. Avec un voyage qui commence au Niger, arrive à Narbonne et puis se poursuit …tranquillement en train de Narbonne à Pierrelatte. Les déchets prennent ensuite, à leur tour, le train, direction Cherbourg, avec, pour destination finale, par bateau cette fois, la Russie ! Pour un stockage à l’air libre ! Et seulement 1% de recyclage ! Ridicule recyclage qui donne la mesure du…cycle des mensonges (96 % de déchets recyclés, disent-ils !) et des irresponsabilités des nucléocrates.

Exigeons avec Greenpeace que soit organisé un vrai un débat et mis en place un moratoire sur les déplacements et le stockage des déchets.

Narbonne.

Nucléaire « Greenpeace » rend ses déchets à la Comurhex

(Midi Libre 21 février 2010)

RAPPEL : La question du stockage des déchets nucléaires fait débat

Une vingtaine de militants de « Greenpeace » a mené une action symbolique hier à Moussan et Narbonne dans le cadre d’une « journée d’action nationale nucléaire ».

Comme dans 25 départements, l’organisation non gouvernementale de protection de l’environnement a rapporté symboliquement leurs déchets aux « prétendus rois du recyclage : Areva et EDF ». A Narbonne était visée l’usine Comurhex, filiale d’Areva, qui est la portée d’entrée en France du minerai d’uranium venant du Niger. Qui est transformé en tétrafluorure d’uranium, puis expédié par train à Pierrelatte pour être enrichi et utilisé dans les réacteurs nucléaires.

source : http://boutique.sortirdunucleaire.org
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Vers 11 h, les militants de « Greenpeace » ont symboliquement bloqué l’entrée de l’usine de Malvési par un barrage de sacs de poubelles noirs portant des lettres blanches formant le slogan « Areva halte aux déchets ». Derrière un monceau de sacs verts frappés du sigle nucléaire, ils ont déployé une banderole (« Déchets nucléaires, quelle galère ») et brandi des pancartes où étaient inscrits : « Stop plutonium », « N’empoisonnez pas la Terre » et « La Russie n’est pas une poubelle ».

Éléonore Durin, jeune Lézignanaise qui est la porte-parole du groupe perpignanais de Greenpeace (1), explique que « les industriels français du nucléaire prétendent que les déchets sont recyclés à 96 %. C’est un mensonge ! Une grande partie est envoyée et simplement stockée à l’air libre en Russie, polluant le sol et l’air pour des milliers d’années. Depuis 2006, 33 000 tonnes d’uranium ont été exportées vers la Russie, alors que seules 3 090 tonnes d’uranium ont fait le chemin inverse… Soit 1 % seulement et non 96 % comme ils l’affirment »

Greenpeace » exige « un vrai débat » en France qui a commencé avec la diffusion en octobre 2009 sur Arte du documentaire « Déchets, le cauchemar du nucléaire « . Depuis, le Haut comité sur la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire a été officiellement saisi par le ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo et par l’Office parlementaire des choix technologiques, afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

En attendant, Greenpeace réclame un moratoire sur « ces expéditions illégales qui se font sous la forme d’un immense convoi ferroviaire qui part du Tricastin, traverse toute la France pour arriver à Cherbourg où les déchets sont chargés sur un bateau russe ».

Après leur action à la Comurhex, les militants de Greenpeace ont distribué des tracts à Narbonne, devant le siège d’EDF, rue Mazzini, et en centre-ville.

Sid MOKHTARI
(1) L’ONG n’est pas implantée dans l’Aude.

Narbonne. Joël : « On sous-estime ce site industriel »

(Midi Libre 21 février 2010)

Joël Montagnac a participé hier à l’action de Greenpeace en tant que « simple citoyen » moussanais. Non militant au sein de l’ONG, il fait part de son inquiétude vis-à-vis de la présence de la Comurhex.

Pourquoi êtes-vous là ?

Je vis à 3 km d’une usine classée « Seveso 2 » puisqu’il y a des produits chimiques très dangereux, plus une classification partielle et insuffisante sur le nucléaire. Car ils se sont aperçus qu’il y avait dans les bassins de la matière nucléaire.

Vous êtes inquiet ?

Oui je suis inquiet car je pense qu’on sous-estime ce que représente ce site industriel qui est relativement « chaud » d’un point de vue nucléaire. Comurhex est quand même l’une des quatre usines dans le monde qui s’occupe de traiter le minerai d’uranium. Soit un quart du marché mondial.

Vous estimez donc que la population n’est pas suffisamment informée sur les risques éventuels ?

Tout à fait. Même si sur Narbonne il y a des actions de prévention, elles ne concernent que le risque chimique. Puisqu’à la gare SNCF se faisaient des transferts de wagons transportant des matières dangereuses, ammoniac et autres… Mais, à Moussan, il n’y a absolument aucun plan de prévention. Un document a bien été distribué à la population mais il ne reflète absolument les risques réels que représente cette usine.

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