MONTPELLIER : ACTION REUSSIE CONTRE LE CHÔMAGE !

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Avec près de 4 millions de chômeurs dont 1 million en fin de droits c’est bien l’urgence sociale qui est à l’ordre du jour comme le proclame la liste A Gauche Maintenant ! (AGM !). Et notre région est particulièrement touchée avec un taux de sans-emploi de 13% en augmentation incessante (+ 14,9% en 1 an !). Et encore s’agit-il des chiffres officiels sous-estimés.

Dans ce contexte, et alors que des rencontres entre gouvernement et partenaires sociaux (mais sans les principaux concernés !) ont eu lieu pour étudier les mesures à prendre pour ces « faim de droit » comme les surnomment les militants anti-précarité, les 4 organisations de Chômeurs (AC !, MNCP, Apeis, CGT-Chômeurs) appelaient à une journée d’action nationale le 26 février.

A Montpellier…

A Montpellier
une quinzaine de personnes membres du MNCP-Maison des chômeurs et citoyens solidaires, mais aussi du NPA et d’AGM ! ont occupé durant plusieurs heures l’agence Pôle emploi de la Croix d’argent pour exiger l’arrêt des attaques contre les chômeurs et le droit de vivre dignement en particulier grâce à un revenu décent.

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Pôle emploi occupé

Le choix d’occuper l’agence de la Croix d’argent n’est pas anodin. En effet celle-ci est une des plus importantes de l’Agglomération montpelliéraine par le nombre demandeurs d’emploi inscrits mais aussi le nombre de… radiations !

Les militants ont pris la parole (d’abord dans le hall devant les usagers puis lors de négociation avec la Direction) afin de dénoncer la situation en rappelant certaines vérités :
Le chômage explose dans un contexte de crise où les banques sont « sauvées » et les plus riches « protégés » par un bouclier fiscal alors que les chômeurs sont « coulés » ;
Le chômage n’est pas une fatalité ni le résultat d’une peudo-« inadaptation » des personnes au marché de l’emploi, mais le produit d’une société incapable, dans son fonctionnement, de fournir un emploi et un revenu décent pour tous-tes.
C’est la conséquence directe des politiques libérales menées au cours des dernières années par les gouvernements (de droite comme de « gauche ») au service des capitalistes.

Quant au problème des « fin de droits » il est le résultat de l’abaissement de la durée et du montant de l’indemnisation décidée par le MEDEF et certaines organisations syndicales (sic !) au sein de l’UNEDIC ainsi que de la systématisation des radiations. A-t-on le droit de supprimer le revenu de subsistance des personnes ont interrogé les manifestants en colère ?

Ceux-ci ont, en présence des médias, obtenu que soit dépêché le Directeur territorial de Pôle Emploi. Face au caractère déshumanisant de la « gestion des flux » des agences, face aux discours politiques qui les stigmatisent et les contrôles dont ils font l’objet, dans le droit fil d’une logique de culpabilisation (qui vise à déresponsabiliser dirigeants politiques et capitalistes et à diviser les classes populaires), les militants ont exprimé la détresse de la précarité mais aussi leur détermination à se battre. Solidaires des salariés, ils ont en outre souligné les difficultés et la souffrance des agents de Pôle emploi, dans l’impossibilité de mener des accompagnements de qualité en raison de l’augmentation du nombre de situations dont ils ont la charge, mais aussi des injonctions à pratiquer contrôles et radiations. Sans doute des liens sont-ils à créer entre les uns et les autres dans la perspective d’une riposte commune.

Un revenu décent… en attendant un partage conséquent du travail et des richesses

Finalement au bout de plusieurs heures les manifestants obtiennent que le Directeur mais aussi la médiatrice de Pôle emploi transmettent à Christian Charpy Directeur général et Laurent Wauquiez secrétaire d’Etat à l’emploi, une lettre dénonçant le traitement actuel du chômage et réaffirmant leurs revendications. Parmi celles-ci :

L’arrêt des radiations qu’elle qu’en soient les « raisons » ;

Les chômeurs déjà arrivés en fin de droits doivent voir leurs droits réexaminés et prolongés dans le cadre de l’assurance-chômage, jusqu’à retour à l’emploi ;

– Les chômeurs qui arriveront en fin de droits en 2010 doivent rester indemnisés jusqu’à retrouver un emploi convenable ;

– Les durées minimales de travail antérieur requises pour accéder à l’allocation spécifique de solidarité (actuellement cinq ans sur les dix derniers) doivent être rabaissées considérablement pour tenir compte de la précarité salariale notamment des jeunes : leur financement doit être assuré dans les plus brefs délais, soit par une surcotisation sur les emplois précaires, soit par un impôt spécifique sur les entreprises ;

La discrimination à l’encontre des jeunes de moins de 25 ans doit cesser en leur permettant l’accès au RSA ou une allocation d’autonomie !

Précisons que ces mesures doivent être mises en œuvre immédiatement et que les moyens financiers existent. Comme les signataires (dont le NPA) de l’appel national « Pas de fin de droits en 2010 » le disent, il suffit pour cela de réaffecter à l’indemnisation du chômage des ressources qui ont été attribué ailleurs. Il s’agit par exemple de 5 milliards d’exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires et des quelque 4 milliards de ces exonérations dues au régime des heures supplémentaires. Ces mesures officiellement destinées à favoriser l’emploi n’en ont créé aucun, mais pour les dernières, ont fortement contribué au chômage. Sans parler du bouclier fiscal, des diverses niches fiscales à remettre en cause et de la taxation des capitaux qui pourraient être facilement mis à contribution pour financer ces mesures.

Au-delà, les mesures à prendre doivent articuler le droit à l’emploi (partager le travail) et à un revenu décent (avec ou sans travail). L’enjeu se situe bien au niveau d’un changement radical de société fondé sur une autre répartition des richesses permettant de vivre dignement et de pouvoir participer à la vie sociale.

Et maintenant poursuivre l’action

Au final cette action, bien qu’ayant rassemblé peu de personnes, aura donné un nouveau souffle au mouvement des chômeurs. D’ailleurs de nouvelles actions pourraient bien suivre… que le NPA continuera à soutenir.

Romain

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